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Accueil > Blog & Vidéos > Troubles psychologiques > L'éco-anxiété ou l'appréhension d'un avenir menaçant

Mars 2020 (Mise à jour: Juin 2020)

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L'éco-anxiété ou l'appréhension d'un avenir menaçant


L'éco-anxiété se caractérise par la peur d'un avenir sombre et incertain en raison des bouleversements climatiques et des conflits qui risquent d'un découler.Le dérèglement climatique et ses conséquences sur la santé, les ressources naturelles, les risques de conflits... sont une réelle préoccupation pour la plupart des gens. Mais pour certains, cette menace est devenue une source d'angoisse tellement intense qu'elle les place dans une détresse psychologique. On parle alors d'éco-anxiété.
Cette anxiété se caractérise par la peur d'un avenir sombre et incertain lié à une prise de conscience écologique.

Ce trouble anxieux, assez récent, est de plus en plus médiatisé en France depuis que l'environnement est devenu la préoccupation principale de la population.


L'éco-anxiété est donc uniquement associée à une préoccupation environnementale ?

A vrai dire, les inquiétudes exprimées par les éco-anxieux dépassent les seuls enjeux environnementaux. En effet, leur anxiété est plutôt de type systémique, c'est-à-dire qu'elle s'ancre autant dans la sphère de l'intime que dans des problématiques géopolitiques et globales. Ainsi, les facteurs anxiogènes sont le plus souvent multiples. Plus précisément, on retrouve six grandes thématiques :

  • La situation individuelle : Il s'agit des risques liés à la nature humaine, à l'avenir, aux conditions de vie, aux enfants, ou encore aux questions existentielles. Par exemple, la personne peut penser qu'il est plus raisonnable de ne pas faire d'enfant en ce moment.

  • Les menaces systémiques : Il s'agit de l'ensemble des phénomènes qui mettraient en danger les besoins primaires comme la santé, l'alimentation, la sécurité. Par exemple, le patient peut redouter des conflits causés par le manque d'eau, par des déplacements de population, etc.

  • La sphère environnementale : Il s'agit des risques de catastrophes naturelles ou industrielles, de la pollution des eaux et des sols, de la question des déchets, etc. Par exemple, l'éco-anxieux peut redouter le manque de résilience de nos sociétés face à la pollution des pesticides, à l'impact des OGM, etc.

  • La situation politique : Il s'agit de la peur d'une perte des libertés individuelles, de la montée des extrêmes, ou encore de la gestion des migrations climatiques. Par exemple, l'individu peut redouter une inaction des pouvoirs politiques ou encore une instabilité géopolitique.

  • La conjoncture économique : Il s'agit de la crainte d'un effondrement du système bancaire.

  • Le contexte social : Il s'agit de la crainte d'injustices sociales, de voir se former une population à deux vitesses et des risques de tensions qui en découlent. Par exemple, le patient peut s'inquiéter du manque de temps pour pouvoir s'adapter et des comportements de survie que cela peut engendrer.

Comment se manifeste l'éco-anxiété ?

Cette nouvelle forme de souffrance peut se manifester de différentes manières, mais globalement on peut définir deux grands profils d'éco-anxieux :

  • Les burn-out écologiques : Ces patients ont l'impression de s'attaquer à une montagne infranchissable, ce qui les mène vers un épuisement de leurs capacités cognitives. Plus précisément, ils ont l'impression que les actions quotidiennes qu'ils mènent dans leur vie professionnelle ou associative ne produisent pas ou trop peu de résultats. Ils se retrouvent prostrés, avec parfois une incapacité à faire le moindre choix (par exemple, choisir une destination de vacance).

  • Les collapsologues : Ces patients redoutent un effondrement planétaire et systémique, c'est-à-dire un effondrement à la fois industriel, économique et social, causé par l'épuisement des ressources naturelles, par des bouleversements climatiques et par la dégradation de la biodiversité. Ces personnes occupent une grande partie de leur temps à glaner des informations relatives à la collapsologie, si bien qu'elles finissent par être submergées par toutes ces informations et ne parviennent plus à réagir concrètement à ces problèmes. Elles se retrouvent alors dans l'urgence avec un sentiment d'inquiétude.

Par ailleurs, bien que cette anxiété liée à une projection douloureuse dans un futur incertain et menaçant soit très prononcée chez ces individus, il est difficile de la considérer comme une pathologie dans la mesure où elle ne provoque pas les symptômes habituels d'un trouble anxieux (palpitations cardiaques, impression d'étouffer...).
En fait, les éco-anxieux ne présenteraient pas forcément de dysfonctionnement psychique. Ils auraient plutôt une lucidité et une sensibilité à l'environnement plus importantes que la moyenne, un peu à l'image des asthmatiques, plus sensibles que les autres à la pollution de l'air, et qui pour autant, ne présentent pas de dysfonctionnement pathologique. En effet, leur seuil de sensibilité aux impuretés dans l'air est juste plus bas que la moyenne. Ainsi, les éco-anxieux seraient en quelque sorte des sentinelles de l'environnement.


Inspiré des travaux de Charline Schmerber, de Théodore Roszak et de Glenn Albrecht.



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