Vivre dans ses rêves

La rêverie compulsive se caractérise par une tendance à rêvasser (jusqu'à 8 heures par jour), en élaborant des scénarios imagés très agréables, ce qui incite le rêveur à se réfugier dans un monde fantasmé.Certaines personnes ont un imaginaire si développé qu'elles passent beaucoup de temps à rêver éveillées. Aussi, leurs images mentales sont si vives et les scénarios de leurs rêveries si fantastiques qu'elles passent beaucoup de temps, souvent trop, dans leur monde intérieur. Si bien que leur vie quotidienne risque d'en être affectée.
On parle alors de rêverie mal adaptée ou de rêverie compulsive lorsque celle-ci devient une souffrance, même si les scènes imaginées sont souvent très agréables, voire idylliques.


Comment ce caractérise le syndrome de rêverie compulsive ?

La rêverie excessive se définit comme un fantasme actif qui remplace les interactions humaines et/ou nuit à l'efficacité fonctionnelle. Ainsi, les individus concernés sont complètement absorbés dans un monde fantasmé. C'est un peu comme s'ils vivaient dans une réalité virtuelle. Et souvent, ces personnes préfèrent leur monde intérieur à celui de l'extérieur, c'est-à-dire à la réalité.

Plus précisément, cette rêverie diurne se caractérise souvent par :

  • Une agitation motrice : Les scènes imaginées sont souvent accompagnées d'une gestuelle, d'un sourire, de déambulation, etc. Ces mouvements sont très difficiles à contenir pour les rêveurs compulsifs, ce qui peut sembler très étrange à leur entourage. Si bien que pour ne pas attirer l'attention, ils ont tendance à s'isoler, et donc à passer encore plus de temps à rêvasser.

  • Un temps important consacré à rêvasser : Les rêveurs excessifs consacrent entre 4 à 8 heures par jour à rêvasser. C'est-à-dire qu'ils passent plus de 60% de leur temps de veille plongés dans leur monde fantasmé, contre 16% en moyenne chez le reste de la population.

  • Un imaginaire plus étendu : Les scénarios imaginés par les rêveurs excessifs sont souvent éloignés de la réalité, et le contenu des rêveries est généralement très agréable, avec des images très vives et des fantasmes détaillés.

Mais est-ce une réelle pathologie ?

Certains spécialistes considèrent la rêverie compulsive comme un symptôme d'autres troubles mentaux comme la dépression, les troubles anxieux, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), ou encore le syndrome de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH). En effet, la rêverie mal adaptée s'accompagne souvent de telles maladies.

Cependant, d'autres psychologues pensent que la rêverie compulsive devrait être reconnue comme une pathologie à part entière. Cela permettrait notamment de développer des outils diagnostics pour mieux l'identifier, et donc mieux la traiter. Car aucun traitement ni aucune thérapie ne sont encore éprouvés à ce jour, même si quelques tests sont en cours.


Inspiré des travaux de Stefanie Uhrig, d'Eli Somer, de Cynthia Schupak, de Jayne Bigelsen et de Thomas Meyer.

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