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Le gaz hilarant et ses effets dévastateurs


Ces derniers temps, le protoxyde d'azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant ou encore proto, est devenu chez les jeunes le gaz à la mode, qu'on inhale pour ressentir une certaine euphorie avec parfois une irrépressible envie de rire.
Le protoxyde d'azote (ou gaz hilarant) se présente sous forme de petites cartouches en métal et s'inhale généralement à l'aide de ballons de baudruche.D'ailleurs, ce gaz, très accessible (en vente libre dans le commerce sous forme de cartouches à usage domestique, notamment pour émulsifier la crème chantilly) et à un prix abordable, présente des atouts imparables pour séduire la jeunesse.

Mais à vrai dire, l'utilisation de ce gaz pour ses propriétés euphorisantes n'est pas nouvelle. En effet, les Britanniques l'inhalaient déjà dans les soirées mondaines à la fin du XVIIIe siècle. Et il est resté, encore aujourd'hui en Angleterre, la substance la plus consommée dans un but récréatif, derrière le cannabis.


Quels sont les effets du protoxyde d'azote ?

Lorsqu'il est inhalé, le protoxyde d'azote agit sur l'activité neuronale en l'inhibant, de façon à provoquer une diminution globale de l'activité cérébrale, et donc une altération de la conscience. Et c'est cette modification de la conscience qui provoque une sensation d'ébriété et d'euphorie pendant quelques dizaines de secondes.
Plus précisément, ce ralentissement de l'activité du cerveau, conjugué à un relâchement du contrôle des mécanismes spontanés du rire, donne lieu à un moindre contrôle des émotions. Celles-ci remontent donc plus facilement à la surface pour s'exprimer sous forme de rire.

Par ailleurs, l'absorption de gaz hilarant peut aussi provoquer un phénomène de dissociation, c'est-à-dire une modification de la perception du réel, et parfois même une altération plus profonde de la conscience, proche du coma.


Le gaz hilarant aurait donc des effets délétères ?

Qu'il soit consommé en usage récréatif ou régulier, même à faible dose, le protoxyde d'azote présente effectivement des risques graves sur la santé. Plus précisément, ce gaz peut devenir dangereux notamment dans les cas suivants :

  • Lorsqu'il est consommé en association avec d'autres produits : Le protoxyde d'azote combiné à des produits qui ont la particularité de modifier l'état de conscience (comme l'alcool ou le cannabis) peut entraîner une hypotonie musculaire de la gorge, une diminution de la déglutition et une altération des réflexes de toux, ce qui risque de provoquer un étouffement, surtout si la personne vomit.

  • Lorsqu'il est inhalé directement depuis la capsule pressurisée : La forte pression et la très basse température du gaz risquent de provoquer des lésions pulmonaires mortelles.

  • Lorsqu'il est absorbé régulièrement : Même à faible dose, une inhalation régulière de protoxyde d'azote peut entraîner une paralysie sévère et potentiellement irréversible. En effet, ce gaz tend à freiner le métabolisme de la vitamine B12. Or, un manque de cette vitamine provoque une maladie de la moelle épinière (la sclérose combinée de la moelle) qui se caractérise par des troubles sensitifs, une paralysie des membres, ainsi que des troubles urinaires et génitaux.

  • Lorsqu'il est inhalé pur dans un système clos (par exemple, dans un ballon de baudruche) : Ce type d'inhalation risque de provoquer une hypoxie. En effet la privation d'oxygène met en danger le cœur et le cerveau, avec un risque d'épilepsie, d'arythmie cardiaque, voire d'arrêt cardiorespiratoire.

Vu sous cet angle, le gaz hilarant fait déjà beaucoup moins rire...


Inspiré des travaux de Benjamin Rohaut, de Anna Francis, de Robert Crossley et de Stefen Brady.



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