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La crise d'épilepsie ou la conscience altérée


Les crises d'épilepsie se caractérisent par des décharges électriques intenses dans une région plus ou moins vaste du cerveau. Aussi, ces crises sont toujours accompagnées d'une altération plus ou moins importante de la conscience. En fait, le degré de détérioration de la conscience dépend de la localisation des décharges épileptiques et de leur propagation dans le cortex cérébral.


Quels sont ces différents degrés d'altération de la conscience?

La dégradation temporaire de la conscience peut être générale ou partielle.
Dans les crises généralisées, les décharges électriques envahissent les aires corticales des deux hémisphères, ce qui provoque des troubles de la conscience globaux. Plus précisément, on peut distinguer deux types de crise généralisée:

  • La crise toni-clonique: elle se caractérise par une perte totale de la conscience. Elle est marquée par une phase de convulsions et de contractions musculaires toniques, suivie d'une phase de récupération au cours de laquelle le patient reprend progressivement conscience.
  • La crise d'absence: elle concerne surtout les jeunes enfants. Elle se caractérise par une déconnexion plus ou moins marquée avec l'environnement. Ainsi, l'enfant paraît absent, le regard dans le vague, il ne répond pas aux stimulations extérieurs de faible intensité et ses capacités cognitives sont complètement abolies. Ces absences peuvent survenir plusieurs centaines de fois par jour.

Dans les crises partielles, les décharges électriques affectent surtout l'état de vigilance et la perception consciente des événements externes. Plus précisément, ces crises partielles, qui affectent le plus souvent le lobe temporal, tendent à provoquer des états extatiques. Ces derniers ce caractérisent par des troubles émotionnels parfois accompagnés d'hallucinations. Ces expériences peuvent aussi s'exprimer par une sensation de déjà vu, voire une sensation de dépersonnalisation et de déréalisation.
Mais un phénomène encore plus étonnant peut se manifester. Il s'agit du statut psychomoteur: l'état mental de l'épileptique est dissocié de son comportement, c'est-à-dire qu'il se comporte comme un zombie. Ainsi, tout en restant inconscient de son environnement, le patient est capable de poursuivre son activité (par exemple, suivre un trajet à pieds ou à vélo, jouer du piano, etc...). Un médecin en pleine crise sous statut psychomoteur a même été capable de réaliser un diagnostic précis d'une infection de la base du poumon!


Quels sont les mécanismes qui sous-tendent cette altération de la conscience?

Les zones du cerveau impliquées dans l'épilepsie sont principalement les aires corticales associatives frontales et pariétales, ainsi que le tronc cérébral et le thalamus.Des études ont montré que certaines aires cérébrales sont toujours impliquées dans les perte de conscience, et ce, quel que soit le type de crise (partielle ou généralisée). Il s'agit des aires corticales associatives frontales et pariétales.
Plus précisément, la perte de conscience serait associée, d'une part, à une hyperactivité métabolique du tronc cérébral et du thalamus, et d'autre part, à une hypoactivité des aires associatives frontales et pariétales. Ainsi, le décalage de ces activités empêcherait le traitement des informations dans ces régions du cerveau et perturberait les processus conscients.


Inspiré des travaux de Stéphane Charpier, de Christof Koch et de Andrea Cavanna.



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