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Psychopathie : un défaut d'empathie ?


La psychopathie se caractérise par une empathie émotionnelle qui s'active uniquement si le psychopathe l'a décidé.Les psychopathes ont mauvaise réputation car ils sont surtout connus pour leur tendance à manipuler les gens avec sans froid et parfois aussi pour leur violence, voire leur cruauté. Aussi l'absence de remord envers leurs victimes les rend particulièrement redoutables.

C'est pourquoi on a longtemps cru que les psychopathes étaient insensibles à la souffrance d'autrui ; autrement dit, qu'ils n'avaient pas d'empathie.
Pourtant, pour réussir à manipuler des personnes, à les séduire, il est indispensable de comprendre leurs intentions, leurs désirs, c'est-à-dire d'entrer en empathie avec elles.


Les psychopathes seraient donc bien pourvus d'empathie ?

En fait, il existe deux types d'empathie :

  • L'empathie émotionnelle : il s'agit de la capacité d'éprouver ce que les autres ressentent, de se réjouir de leur bonheur ou de s'attrister de leur malheur. Bref, de partager leurs émotions.
  • L'empathie cognitive : elle permet de comprendre les états mentaux d'autrui, ses pensées, ses envies, ses intentions, ses croyances, etc...

Ainsi, les psychopathes manipulateurs ont généralement une empathie cognitive très développée, qui leur permet de tromper leurs victimes (par exemple, en les escroquant), parfois pendant des années.


Et qu'en est-il de l'empathie émotionnelle ?

Pour savoir si les psychopathes sont réellement dénués d'empathie émotionnelle, des chercheurs ont décidé d'étudier l'activité cérébrale de grands criminels psychopathes. Pour cela, ils ont fait passer des IRM à ces prisonniers pendant qu'ils regardaient des vidéos montrant, par exemple, une main se faisant frapper par un bâton, se faisant piquer par une aiguille, etc...
Chez les personnes normales, ce genre de vidéos active des zones de la douleur dans le cerveau. Or, les résultats de cette expérience montrent que chez ces détenus, ces mêmes zones de la douleur s'activent uniquement s'ils sont encouragés à se mettre à la place de la personne qui reçoit les coups.

Ainsi, les psychopathes ne seraient pas dénués d'empathie émotionnelle. Simplement, celle-ci ne serait pas activée par défaut comme pour la plupart d'entre nous, mais seulement lorsqu'ils le décident.


Inspiré des travaux de Christian Keyser, de Sébastien Bohler et de Craig Neumann.



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