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Février 2012 (Mise à jour: Février 2015)

L'empathie : une faculté précieuse


Sans la capacité à comprendre et partager ce que ressent autrui, nous pourrions difficilement coexister. L'empathie est en effet nécessaire à la vie sociale car elle favorise les comportement prosociaux tels que chercher à échanger, communiquer avec autrui, proposer son aide...
Bien que l'empathie et la sympathie soit complémentaires, elles se distinguent néanmoins. En effet, l'état affectif et motivationnel de la sympathie est orienté vers le bien-être d'autrui, ce qui n'est pas forcément le cas de l'empathie. Ainsi, on peut ressentir de l'empathie sans pour autant éprouver de sympathie.


Y-a-t-il des conditions pour éprouver de l'empathie?

Pour qu'une personne puisse ressentir de l'empathie pour une autre personne, quatre conditions doivent nécessairement être réunies:

  • La condition d'affectivité: il faut que la personne qui observe l'autre se trouve dans un état émotionnel particulier. Il peut s'agir de la douleur, de la joie, de la peur, de la colère...

  • La condition de similitude interpersonnelle: En plus de la nécessité d'être dans un état affectif particulier, il faut que celui-ci soit proche de l'état émotionnel dans lequel se trouve l'autre personne.

  • La condition de transmission causale: même si les états affectifs des deux personnes sont similaires, il est faut que l'état émotionnel de la personne observée soit bien la cause de l'état émotionnel de la personne qui observe. Par exemple, si ces deux personnes regardent un film ensemble, leur état affectif seront similaires, sans pour autant que l'état affectif de l'un soit la cause de l'état affectif de l'autre.

  • La condition d'attribution: il faut que la personne soit consciente que c'est bien l'état d'âme de l'autre qui est la cause de son propre état affectif. En effet, il arrive que des petits enfants soient gagnés par une contagion émotionnelle en voyant un autre enfant pleurer. Pour autant, il n'a pas forcément conscience que c'est la détresse de son petit camarade qui le rend triste.

L'empathie implique donc une certaine perméabilité aux sentiments d'autrui, mais également la conscience que c'est bien l'état affectif de l'autre qui nous affecte.


L'empathie évolue-t-elle avec l'âge?

Les aires cérébrales déterminant les circuits de l'empathie ne sont pas les mêmes chez les enfants et chez les adultes.Il semblerait effectivement que les mécanismes mentaux qui sous-tendent l'empathie évoluent avec l'âge. Plus précisément, des études ont montré que les aires cérébrales impliquées dans les circuits de l'empathie chez les enfants, sont différentes de celles des adultes.

Chez l'enfant, l'analyse de la signification de l'état émotionnel d'autrui se fait de façon automatique. En effet, les aires cérébrales qui sont activées chez l'enfant (l'amygdale, l'insula postérieure et le cortex orbitofrontal) déclenchent une réaction émotionnelle viscérale.
Chez l'adulte, l'évaluation de l'état affectif d'autrui est plus cognitive. Elle se fait en tenant compte des valeurs, du jugement moral, des intentions... Ainsi, les aires cérébrales activées chez l'adulte correspondent aux cortex préfrontal, dorsolatéral et orbitofrontal latéral.

En somme, avec l'âge, le circuit de l'empathie tend à migrer vers le cortex préfrontal.


Inspiré des travaux de Jean Decety, de Frédérique de Vignemont et de Tania Singer.



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