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La définition de Jones


Ernest Jones, médecin et psychanalyste (1879-1958).Ernest Jones est un médecin et un psychanalyste britannique. Il est né à Gowerton, en 1879. Il est mort à Londres, en 1958.
Ernest Jones occupe une place particulière dans l'histoire du mouvement psychanalytique. Il fut un ambassadeur zélé des thèses freudiennes, il fut aussi un des disciples de Freud les plus soucieux de maintenir autour de celui-ci un groupe d'analystes fidèles. Enfin, il consacra plusieurs années de sa vie à écrire le premier ouvrage important sur La vie et l'œuvre de Freud. Cependant, il n'hésita pas à contredire le fondateur de la psychanalyse sur certains points, en particulier sur la sexualité féminine.


Le parcours de Jones

Jones est né au Pays de Galles. Il est le fils d'un ingénieur des mines. Il fit des études de médecine, découvrit la psychanalyse et se mit à la pratiquer lui-même, dès 1906. Toutefois, ce n'est qu'en 1913 qu'il entreprit une analyse didactique avec Sándor Ferenczi. Entre-temps il avait vécu quelques années au Canada, où il avait diffusé la pratique et les idées freudiennes. Il avait également fondé l'American Psychoanalytic Association.
On peut passer rapidement sur divers incidents de sa jeunesse (par exemple, des conflits professionnels, des accusations sexuelles dont la justice devait d'ailleurs le dédouaner). Il peut être plus intéressant de noter qu'il fut épris d'Anna Freud mais que Freud ne facilita pas cet amour, bien au contraire.
En 1912, suite aux défections d'Adler et de Jung, Jones eut l'idée de constituer un comité secret, une vieille garde autour de Freud. Les membres de ce comité s'engageraient à défendre la psychanalyse et à ne pas en critiquer les principes fondamentaux sans en avoir préalablement discuté entre eux... L'histoire ultérieure de la psychanalyse montre que ses espoirs devaient être déçus.
Sur le plan international, son attitude au moment du nazisme a pu susciter des questions. En effet, il sembla chercher des compromis avec ce régime. Mais, en fait, il s'occupa surtout à faciliter la fuite des nombreux psychanalystes juifs, et il put en particulier organiser l'accueil de Freud en Grande-Bretagne.


Les travaux de Jones

Sur le plan théorique, on peut d'abord s'intéresser, dans l'œuvre de Jones, à tout ce qui concerne la psychanalyse appliquée, c'est-à-dire aux études consacrées à l'anthropologie, au folklore, à l'art, à la religion, où il fait la preuve d'une culture très vaste et où il met en oeuvre un questionnement très précis du problème du symbolisme. Il s'y pose en adversaire résolu du jungisme, c'est-à-dire d'une théorie à résonances mystiques dans laquelle l'âme peut lire dans les archétypes du monde sa propre nature, dans laquelle aussi elle exprime dans ses symboles majeurs la connaissance qu'elle peut avoir d'elle-même.
Jones sait aussi présenter de façon très synthétique ce que concerne le symbolisme humain, c'est-à-dire tout ce qui a trait à la parenté, au sexe et à la mort, et il reconnaît au phallus la place centrale qu'il occupe comme symbole. Mais sans doute une théorie du signifiant, et de la façon dont celui-ci peut intervenir pour causer des effets au niveau du signifié lui aurait-elle évité d'en rester à une représentation trop systématique selon laquelle le symbolisme va toujours d'une signification particulière à une plus générale, d'une concrète à une abstraite, d'une matérielle à une figurée.
Un autre grand secteur de l'œuvre de Jones concerne la sexualité féminine. Dès 1927, Jones entreprit de discuter la conception freudienne du stade phallique. Freud affirmait qu'il y a dans l'enfance une organisation de la libido pour laquelle un seul organe génital, l'organe mâle, joue un rôle. Ainsi, pour les deux sexes, la réalité de l'absence de pénis ou le risque de le perdre constituent des éléments déterminants. Jones, quant à lui, insiste plutôt, en ce qui concerne les filles, sur une évolution prégénitale, allant de la bouche à l'anus, et de celui-ci au vagin, qui n'en est pas primitivement différencié. Par ailleurs, il considère que le stade phallique, c'est-à-dire chez la fille le désir de posséder un pénis bien à elle, est seulement une défense secondaire, liée à la déception de n'avoir pu partager celui que la mère s'approprie dans le coït. Mais surtout il introduit dans la théorie analytique le concept d'aphanisis. Il s'agit de la crainte d'une abolition totale de la sexualité, qui se traduirait par la peur de la castration chez l'homme, mais plutôt par la crainte de la séparation chez la femme.
Toutefois, ces thèses sur la sexualité, qui sont à l'origine d'un courant de pensée non négligeable, ont été discutées. En revanche, il serait difficile de ne pas reconnaître l'importance de l'ouvrage de Jones sur Freud. Même si, depuis, la découverte de divers documents a pu faire rectifier différents points, cette contribution reste irremplaçable pour avoir un premier aperçu de l'histoire d'une vie et d'une oeuvre exceptionnelles.


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