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La définition de Deutsch


Hélène Deutsch, psychiatre et psychanalyste (1884-1984).Hélène Deutsch est une psychiatre et une psychanalyste américaine. Elle est née à Przemysl, en Pologne, en 1884, dans une famille juive intellectuelle. En effet, son père était juriste et représentant de la Galicie à la cour fédérale de Vienne. Elle est morte en 1984.


Une des pionnières de la psychanalyse

Hélène Deutsch appartient à la première génération des pionniers de la psychanalyse. Analysée par Sigmund Freud puis par Karl Abraham, elle est surtout connue aujourd'hui pour ses nombreux travaux concernant la féminité.
L'histoire de sa vie et sa propre élaboration théorique sont étroitement mêlées à l'histoire de la psychanalyse et aux positions freudiennes ainsi qu'elle s'en explique dans un livre écrit en 1973: Confrontations with myself. Par ailleurs, selon Hélène Deutsch, ses conflits avec sa mère et sa haine pour celle-ci l'ont poussé à un engagement précoce dans la cause socialiste et à une liaison avec le dirigeant socialiste Herman Liberman, collègue de son père.
D'abord étudiante à Zurich, elle entreprend, à Vienne, en 1907, des études de médecine et se spécialise en psychiatrie en 1914, dans le service d'Emil Kraepelin, à Munich, puis dans celui de Julius Wagner-Jauregg, à Vienne. C'est en lisant la Gradiva de Jensen et l'interprétation faite par Freud qu'elle rencontre la psychanalyse. Mais c'est surtout sa théorie de la sexualité infantile et de l'inconscient, et peut-être encore davantage sa révolte contre la société qui la passionnent.
En 1912, elle épouse Félix Deutsch qui allait devenir le médecin personnel de Freud jusqu'en 1923. En analyse avec Freud pendant l'année 1918, elle fut très vite reconnue et devient membre de la Société psychologique du Mercredi, en 1918.


Ses travaux à vienne

En 1919, Freud lui adresse son premier patient, Viktor Tausk, et supervise la cure. Dès le début, sa pratique d'analyste concerne principalement des femmes. En 1923, Hélène Deutsch reprend une analyse avec Abraham à Berlin puis elle dirige de 1924 à 1935 une polyclinique organisée à Vienne selon le modèle berlinois.
De 1925 à 1935, elle est la première présidente de l'Institut de formation psychanalytique de Vienne. Elle organise son enseignement autour de la présentation de cas cliniques à partir desquels elle élabore ses premières recherches sur la féminité et sur les névroses. D'ailleurs, en 1930, elle publie La psychanalyse des névroses qui livre une expérience clinique riche et touffue à partir de laquelle elle montre que les névroses peuvent avoir des origines aussi bien maternelles que paternelles.
Par ailleurs, son travail sur les phobies est particulièrement intéressant car il met en évidence l'importance de la relation prégénitale à la mère à l'oeuvre dans leur détermination.
Son enseignement de Vienne a donné lieu à de nombreuses communications sur la ménopause, la relation prégénitale à la mère et la problématique identificatoire, les fantasmes spécifiquement féminins, l'adolescence, la frigidité, la maternité, l'anorexie qui furent regroupées et complétées dans La psychologie des femmes qui reste son ouvrage le plus connu. Elle s'intéresse particulièrement à la question de l'identification et sa description des personnalités comme si lui permet d'aborder le diagnostic des psychoses latentes, avant la survenue de phénomènes productifs délirants.


Ses travaux aux États-Unis

En 1935, devant la menace du nazisme, Hélène Deutsch émigre aux États-Unis, et s'installe à Boston où elle mène une carrière brillante. En 1960, honorée comme la spécialiste de la féminité, elle préside à New York un symposium sur la frigidité.
Bien qu'elle poursuive ses travaux sur la psychologie féminine, elle s'intéresse alors plus particulièrement au narcissisme masculin et à la dépression.


Son rapport à la théorie freudienne

Freud a cité le travail d'Hélène Deutsch à trois reprises, en 1925 et dans les deux articles sur la féminité de 1931 et 1932.
À la fois fidèle à la conception freudienne de la féminité puisqu'elle reconnaît l'existence de la phase phallique chez la fille et qu'elle admet l'ignorance du vagin. Toutefois, elle s'en sépare dans son article La signification du masochisme dans la vie mentale féminine (1930) qui situe le masochisme féminin comme l'issue spécifiquement féminine de la phase phallique. En postulant ce deuxième temps qu'elle nomme post-phallique, elle tente de rendre compte de la castration féminine, du changement d'objet d'amour, c'est-à-dire du passage de la mère au père et de la survenue de nouveaux fantasmes. Pour Hélène Deutsch, la féminité ne relève ni de l'anatomie ni du changement d'organe mais du fantasme masochiste œdipien qui se met secondairement en place et qui engage la fille vers le père. Une telle construction lui permet de rendre compte d'un masochisme qui s'enracine dans la structure œdipienne. Aussi, elle insiste sur la dimension de sublimation particulière à la sexualité féminine et établit des liens intimes entre oralité et sexualité féminine. Ainsi, l'oralité est, pour elle, le prototype de la sexualité féminine.
En ce qui concerne l'homosexualité féminine, Hélène Deutsch en situe l'origine dans la relation prégénitale à la mère et se démarque des hypothèses faites par Freud, en 1920, à propos du cas de la jeune homosexuelle. Ainsi, pour elle, l'homosexualité féminine ne relève pas de l'identification au père mais d'un retour à la fixation première maternelle après échec de l'appel au père. C'est une relation régressive sur le mode mère-enfant où les deux rôles s'échangent.


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