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(Mise à jour: Février 2015)

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TOC : sur la piste d'un dérèglement cérébral...


Les TOC ont longtemps été associés à l'anxiété. Aujourd'hui, les scientifiques le rattachent davantage à une dérégulation d'un circuit cérébral.Le trouble obsessionnel compulsif, communément appelé TOC, se caractérise par un besoin irrépressible de réexaminer des pensées et de répéter sans cesse certaines tâches.
Plus précisément, les personnes souffrant de ce trouble sont envahies par des pensées récurrentes et persistantes. Aussi, pour tenter de contrôler, voire d’éliminer ces obsessions, ces personnes instaurent des rituels qui prennent la forme de compulsions.

Par exemple, un individu atteint de TOC peut être obsédé par un nombre et mettre en place toute une série de rituels basés sur ce nombre. Cela peut consister à se laver les main 12 fois, ouvrir et refermer une porte 12 fois avant d'entrer dans une pièce, allumer et éteindre la lumière 12 fois de suite, etc... Au point que ce nombre 12 se mette à rythmer nombre de gestes quotidiens.
Ces rituels sont vitaux pour les individus qui souffrent de TOC, car ils craignent qu'un événement terrible ne survienne si ces gestes sont mal ou ne sont pas appliqués.


Quelles sont les causes du trouble obsessionnel-compulsif?

Jusqu'alors, le TOC était plus ou moins apparenté au trouble de l'anxiété. Or, ces dernières années (notamment depuis 2007), des neuroscientifiques remettent en cause la conception selon laquelle l'anxiété serait la cause de cette maladie.

En effet, de nouvelles découvertes suggèrent qu'une molécule cérébrale, le glutamate, jouerait un rôle déterminant dans l'apparition de TOC. En raison de certaines mutations génétiques, cette molécule pourrait se trouver en excès dans certaines zones du cerveau, notamment dans le circuit neuronal impliqué dans la prise de décisions et la détection d'erreurs. Plus précisément, cet excès de glutamate empêcherait une bonne régulation du circuit neuronal.
Par conséquent, la capacité de détecter certaines erreurs ou de prendre des décisions cohérentes est considérablement altérée. Concrètement, un individu présentant un tel dérèglement cérébral n'est plus vraiment capable de penser qu'il est inutile de se laver à nouveau les mains, alors que celles-ci sont propres car elles viennent juste d'être lavées.

Par ailleurs, il est probable que d'autres pathologies mentales telles que la dysmorphophobie, le syndrome de Gilles de la Tourette, voire l'hypocondrie, résultent également d'une défaillance de ce circuit cérébral.


Peut-on tout de même traiter les TOC?

Oui, globalement, il existe trois types de traitement du trouble obsessionnel compulsif:

  • Les médicaments: ce sont des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (molécule impliquée dans la régulation de l'humeur, de l'appétit et du sommeil). Par ailleurs, des essais cliniques sont en cours pour tester des molécules bloquant des récepteurs spécifiques du glutamate.

  • La thérapie comportementale: cette thérapie est appelée "exposition avec inhibition de la réponse". La méthode consiste à exposer de façon répétée les malades à l'environnement ou aux objets qui déclenchent les pensées obsessionnelles et le comportement compulsif, tout en en leur interdisant d'exécuter leurs compulsions. Peu à peu, les patients réalisent que rien de dramatique ne se produit si leurs rituels ne sont pas exécutés.

  • La stimulation profonde du cerveau: cette technique est préconisée pour les cas les plus graves. Il s'agit d'introduire une électrode de stimulation au cœur du cerveau afin de modifier son activité électrique, notamment dans les régions associées à la détection d'erreur et la prise de décisions.


Inspiré des travaux de Melinda Wenner Moyer.



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