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L'effet Dunning-Kruger ou l'illusion de compétence


Nous avons tous connu des incompétents notoires, convaincus d'êtres meilleurs que leurs collègues. Ces individus, particulièrement agaçants, sont en fait victimes d'un biais cognitif appelé Dunning-Kruger, du nom des chercheurs qui l'ont mis en évidence (David Dunning et Jutin Kruger).

Plus précisément, ces scientifiques ont mis en lumière et expliqué une tendance humaine qui consiste à se croire meilleur que les autres. Pourtant, il est évident que nous ne pouvons pas tous être au-dessus de la moyenne. Aussi, cette tendance semble plus marquée chez les personnes qui se situent plutôt en dessous de la moyenne.


Pourquoi les moins compétents sont ceux qui se surestiment le plus ?

Dunning et Kruger expliquent ce défaut de jugement par le fait que pour pouvoir évaluer précisément ses propres performances dans un domaine particulier, il faut être doté de certaines capacités cognitives. Or, il se trouve que ce sont les mêmes que celles nécessaires pour être compétent dans ce domaine...
Par exemple, un manager qui présente de grosses lacunes dans la gestion d'équipe risque de ne pas se rendre compte de ses difficultés car son niveau de connaissance dans ce domaine est faible. Il aura donc tendance à se croire compétent et à rejeter ses erreurs sur les membres de son équipe.

Plus précisément, les personnes victimes de ce biais cognitif présentent les caractéristiques suivantes :

  • Une surestimation de leurs compétences : Elles surestiment nettement leurs compétences et leurs performances par rapport aux autres, sans pour autant se croire plus aptes que les grands experts. Par exemple, lorsqu'il s'agit de domaines techniques ou spécifiques, elles reconnaissent ne rien n'y connaître à ce sujet et ne se surestiment pas du tout.

  • Une difficulté à évaluer la performance d'autrui : Elles sont moins capables que les autres de reconnaître une aptitude lorsqu'elles la rencontrent. En d'autres termes, elles sont incapables d'évaluer correctement la performance des autres.

  • Une difficulté à s'auto-évaluer : Elles sont moins capables d'évaluer leur propre niveau d'aptitude, même après avoir observé des individus qualifiés. Autrement dit, elles sont incapables de profiter de l'observation de personnes compétentes pour améliorer leur autoévaluation.

  • La nécessité d'être formé pour corriger son jugement : Elles ne sont en mesure d'améliorer l'estimation de leur niveau que si elles sont correctement informées et préparées, c'est-à-dire si elles deviennent un peu plus compétentes. Par exemple, ce n'est qu'après avoir suivi une formation dans un domaine particulier qu'elles améliorent leurs aptitudes dans ce domaine, et par conséquent leur autoévaluation
  • .

Les incompétents ont donc des difficultés à évaluer les limites de leurs compétences ?

L'apprentissage est essentiel pour améliorer nos connaissances, nos compétences, et donc notre métacognition, c'est-à-dire notre capacité à évaluer nos propres performances. Et comprendre les conséquences de nos erreurs fait partie intégrante de cet apprentissage.
C'est pourquoi il est préférable de placer les erreurs au cœur de la pédagogie et d'y consacrer un certain temps, plutôt que de viser l'excellence et de bannir l'échec. En effet, une telle démarche éducative favorise une meilleure connaissance de soi, et par conséquent contribue à réduire l'effet Dunning-Kruger.


Inspiré des travaux de Matteo Cerri, de David Dunning et de Jutin Kruger.



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