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(Mise à jour: Août 2019)

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Quand notre estimation du temps est biaisée...


Les illusions temporelles sont liées à une mauvaise estimation du temps. Ces biais sont causés par notre système perceptif, nos émotions, ou des molécules en quantité insuffisante dans notre cerveau.Notre estimation du temps semble parfois déréglée. Nous avons alors l'impression que le temps nous échappe, c'est-à-dire qu'il a considérablement ralenti, ou au contraire qu'il s'est sensiblement accéléré.
Ces impressions sont le résultat d'illusions ou de biais temporels. Pour la plupart, ces biais sont associés à notre système visuel ou auditif. Mais il arrive parfois qu'ils soient de nature biologique ou émotionnelle.


Quels sont les bais temporels liés à notre système perceptif ?

Il existe une multitude d'illusions ou de biais temporels associés à notre système visuel ou auditif. En voici les principaux :

  • La chronostase : Il s'agit de l'impression que le temps est englué. Lorsque nous déplaçons notre regard très rapidement, le temps nous apparaît ralenti juste après la saccade oculaire. En effet, au cours de cette saccade, le cerveau ne reçoit pas d'information visuelle. Il tente alors de combler ce vide avec les perceptions qui suivent immédiatement la saccade. Par exemple, si nous détournons notre regard pour le poser sur une horloge, nous pouvons avoir l'impression que la trotteuse est restée immobile un moment.

  • L'effet flash-lag : Etant donné que notre système visuel traite les informations en mouvement plus rapidement que les informations statiques, nous avons l'impression qu'une distance sépare un objet mobile d'un autre immobile même si ce n'est pas le cas, car l'objet immobile parvient à notre conscience plus lentement que l'objet mobile. Par exemple, si un éclair lumineux apparaît au même moment que le passage d'une voiture, nous aurons l'impression qu'une distance physique les sépare.

  • L'effet Kappa : Face à deux éclairs lumineux consécutifs, nous avons tendance à surestimer l'écart temporel qui les sépare si la distance physique entre ces deux éclairs est grande. En revanche, si les éclairs sont rapprochés, nous avons tendance à sous-estimer l'écart temporel.

  • L'effet d'originalité : Notre cerveau comprime la durée des stimulations monotones car il apprend à les traiter plus rapidement. De fait, après avoir perçu une série de stimuli identiques et répétés, nous avons tendance à surestimer la durée d'un stimulus nouveau ou inattendu.

Existe-t-il également des bais temporels de nature biologique ?

Certaines illusions temporelles résultent effectivement de nos émotions ou d'une mauvaise régulation de certaines molécules présentes dans notre cerveau. En voici deux exemples :

  • La loupe émotionnelle : En situation de stress, notre cerveau tente d'assimiler le plus d'informations possibles. De fait, l'épisode stressant tend à s'étirer dans le temps de façon rétrospective. Par exemple, lors d'un accident de voiture, tout semble se dérouler au ralenti. Or cette impression n'est pas due à une perception plus lente des faits, mais plutôt à un étirement dans le temps de l'épisode stressant en raison d'une plus grande quantité d'informations traitées par notre cerveau.

  • L'horloge à dopamine : L'horloge de notre cerveau est grandement influencée par la dopamine. De fait, certains patients qui présentent un dérèglement des quantités de dopamine dans le système nerveux (les malades de Parkinson, les personnes souffrant d'un trouble de l'attention avec hyperactivité ou encore les schizophrènes) ont du mal à frapper dans les mains à un rythme régulier. Ils peuvent également percevoir des stimuli mutisensoriels (comme la voix et les mouvement de la bouche) de façon décalée.

Inspiré des travaux de Maike Hege.



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