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Faites ce que je dis mais pas ce que je fais...


Nous donnons facilement des conseils avisés à nos proches et à nos amis, mais lorsque les décisions nous concernent personnellement, nous avons souvent du mal à appliquer ces mêmes recommandations à nous-même. C'est le cas, par exemple, de certains médecins fumeurs et stressés qui conseillent à leurs patients d'éviter ce type de comportement pour préserver leur santé.

Cette tendance est appelée le paradoxe de Salomon, en référence au roi de l'Ancien Testament, reconnu pour sa sagesse mais uniquement lorsqu'il s'agissait de la dispenser aux autres, certainement pas en ce qui le concernait personnellement.


Comment expliquer cette attitude paradoxale ?

Notre tendance à se montrer avisé uniquement lorsqu'il s'agit de donner des conseils à autrui semble résulter d'un biais cognitif en particulier : le biais d'autocomplaisance (ou biais optimiste). Celui-ci nous incite à nous considérer comme différents des autres et donc à ne pas être soumis aux mêmes aléas.
En d'autres termes, nous avons tendance à penser que pour nous, c'est différent. Cela a pour conséquence de sous-estimer les dangers. Par exemple, nous avons tendance à minimiser les risques d'être victime d'un accident de la route, de souffrir d'un cancer, de subir une séparation, etc.

De fait, notre comportement n'est pas toujours en accord avec ce que nous préconisons pour les autres. Il est même parfois en contradiction totale.


Le paradoxe de Salomon peut-il être résolu ?

Il est effectivement possible de résoudre le paradoxe de Salomon, notamment en adoptant une stratégie cognitive dite de distanciation. Elle consiste à penser à soi-même comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre.
En effet, en adoptant un point de vue externe lorsque nous pensons à nos problèmes, nous reconnaissons davantage les limites de nos connaissances et prenons davantage en compte les opinions des autres. Cela consiste, par exemple, à utiliser la troisième personne ou un "vous" générique lorsque l'on réfléchit à soi afin d'amorcer cette distanciation.

Par ailleurs, le fait d'adopter une vision extérieure à soi plutôt qu'une vision intérieure a des bénéfices non seulement psychologiques, mais également physiques. En effet, une telle démarche permet de diminuer de manière significative les effets biologiques du stress (tension artérielle, fréquence cardiaque, etc.).


Inspiré des travaux de Yves-Alexandre Thalmann, de Tali Sharot, d'Ethan Kross, d'Igor Grossmann, de Daniel Kahneman et de Lindsey Streamer.



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