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La paresse sociale ?


L'homme est un être social qui a besoin des contacts et de l'influence des autres. De fait, on pourrait supposer que le travail en groupe stimule la performance individuelle.
Or, en réalité, c'est plutôt le phénomène inverse qui se produit. En effet, placé dans un groupe, chaque individu tend à diminuer ses efforts et son engagement dans la collectivité. Ce phénomène a d'ailleurs un nom: la paresse sociale.


Comment expliquer cette paresse sociale?

La paresse sociale peut être facilement observée lors d'un exercice de tir à la corde: plus le nombre de participants augmente, plus les efforts individuels diminuent (jusqu'à 50%).Ce phénomène de paresse sociale est connu depuis la fin du XIXe siècle et portait autrefois le nom d'effet Ringelmann, du nom de Maximilien Ringelmann. Celui-ci avait découvert que la force fournie par une personne (ou un animal) diminuait considérablement lorsqu'elle était insérée dans un groupe. Il avait notamment étudié ce phénomène avec l'exercice du tir à la corde.

Toutefois, ce n'est qu'à partir des années 1970 que l'on a découvert que cette baisse de rendement n'est pas due à des problèmes de coordination, d'organisation, etc..., mais bien à un biais psychologique.
En effet, il apparaît que le simple fait de savoir que l'on va travailler en groupe réduit drastiquement notre motivation. Et ce phénomène est observé dans à peu près tous les domaines, physiques ou intellectuels.


Alors comment lutter contre cette paresse sociale?

Différentes stratégies peuvent être mises en oeuvre pour vaincre la paresse sociale. Celles-ci reposent notamment sur la valorisation de l'individu, la prise en compte des différences de tempérament, etc... Voici plus en détails les différents moyens efficaces:

  • Responsabiliser les membres du groupe: cette stratégie peut consister à avertir que le groupe dans son ensemble sera pénalisé si les efforts individuels sont insuffisants. Ainsi, le risque de pénaliser tout le monde tend à augmenter les efforts de chacun pour justement éviter d'être responsable d'un tel scénario.

  • Impliquer les personnes dans l'effort collectif: faire savoir aux membres du groupe que leur contribution personnelle est prise en compte permet de maintenir leur motivation à un niveau élevé.

  • Eviter la routine: au fil du le temps, la motivation et les performances individuelles tendent à s'émousser au sein d'un groupe. Il est donc judicieux de remanier les équipes dès les premiers signes de paresse sociale.

  • Repérer les narcissiques: les individus persuadés d'avoir des compétences supérieures aux autres se révèlent particulièrement inefficaces en situation de groupe. De fait, il paraît essentiel de placer ces personnalités narcissiques dans des groupes très restreints.

  • Identifier les personnes toujours productives: certains individus semblent imperméables à la paresse sociale. Ainsi, ils continuent de se montrer productifs quel que soit le contexte. Ces personnes sont particulièrement utiles dans les groupes de taille importante.

  • Prendre en compte l'influence de la culture: placés dans un groupe, les individus issus de cultures individualistes (par exemple, la culture occidentale) ont tendance à relâcher davantage leurs efforts que ceux issus de cultures collectivistes (par exemple, la culture chinoise). Aussi, cette prise en considération peut s'avérer très utile.


Inspiré des travaux de Nicolas Guéguen, Jeanine Ohlert, de Jeffrey Miles, de Stephen Worchel, de Pascal Huguet et de Christopher Ealey.



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