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La définition de Traitement


Un traitement désigne une transformation ou une suite de transformations de l'information.


La théorie du traitement de l'information

La théorie du traitement de l'information constitue la base originelle de la psychologie cognitive. Elle suppose que les organismes vivants reçoivent de l'information à partir de leur environnement et la saisissent de façon sélective par leurs organes récepteurs. Cette information est alors transformée et conduit à certains comportements. Chez les organismes supérieurs, et particulièrement chez l'être humain, ces transformations deviennent très complexes. Elles donnent lieu à des formes diverses de stockage de l'information. La plus élaborée est celle qui, par structuration, constitue des représentations à long terme de l'environnement et de ses parties. Le traitement de l'information se présente alors sous la forme d'une suite de transformations de représentations transitoires en des représentations plus complexes grâce à l'incorporation aux premières d'informations venues de la mémoire.
Par ailleurs, parmi les différents traitements de l'information, in peut citer:

  • Le traitement du langage: il s'agit d'un ensemble de transformations des énoncés. On les classe généralement en traitements phonologiques, traitements morphologiques, ou morpho-lexicaux, traitements syntaxiques et grammaticaux, traitements sémantiques.

  • Le traitement sériel: il s'agit d'un traitement qui consiste en une suite de transformations successives, chaque sortie d'une opération servant d'entrée à la suivante. Les ordinateurs classiques, qui ne comportent qu'un seul processeur, procèdent de cette façon. Ce n'est sans doute pas le cas des activités cognitives des êtres vivants.

  • Le traitement parallèle: il s'agit d'un traitement qui comporte des transformations simultanées. Les ordinateurs comportent une multiplicité de processeurs qui fonctionnent de façon simultanée et se partagent les traitements. S'il existe un grand nombre d'opérations simultanées, on parle de traitement massivement parallèle. On considère souvent, sans en avoir de preuve directe, que le fonctionnement cognitif humain repose sur des traitements parallèles.

  • Le traitement parallèle réparti: c'est ainsi qu'est appelée la théorie proposée par James McClelland, David Rumelhart et Geoffrey Hinton, en 1986. Elle repose sur l'idée d'une interaction entre des unités nerveuses fonctionnant simultanément et dépourvues de localisation cérébrale bien déterminée. Cette théorie est la plus représentative du connexionnisme de la fin des années 1980.

  • Le traitement des données: il s'agit d'une transformation de la structure ou de la présentation de données numériques qui vise à les rendre plus compactes, plus facilement comparables et mieux interprétables. Par exemple, le calcul d'une moyenne ou une analyse de la variance sont des traitements de données.

Le traitement moral

Il s'agit d'une forme de psychothérapie rationnelle de la folie. Elle se base sur la bienveillance, la douceur et la persuasion. Elle a été préconisée à la fin du XVIIIe siècle par William Tuke en Grande-Bretagne et par Philippe Pinel en France.
Ce que proposait Pinel s'opposait radicalement aux attitudes antérieures que les médecins adoptaient avec les fous, considérés comme insensés, c'est-à-dire complètement dépourvus de raison. Pour Pinel, le malade mental n'était qu'un aliéné provisoirement privé d'une partie de sa raison, avec qui la communication restait donc possible. Il suffisait seulement de lui parler avec douceur, de compatir à ses maux et de lui donner l'espoir consolant d'un sort plus heureux pour le voir généralement quitter son emportement et sa dangerosité. Le parler avec douceur représentait la condition nécessaire à tout entretien thérapeutique et à toute relation confiante et sécurisante, qui exigeait d'ailleurs l'abandon au moins partiel de la contrainte et des moyens de contention. Compatir aux maux de l'aliéné, c'était créer un climat de sympathie et une sorte d'empathie, que préconisera près de deux siècles plus tard Carl Rogers avec son écoute empathique. Si l'espoir consolant d'un sort plus heureux était sans doute le moteur de cette relation thérapeutique, il en était aussi le piège. En effet, il va donner au patient la foi en sa guérison devenue possible, mais aussi le convertir au système de croyances du thérapeute. La persuasion de ce dernier doit finalement s'imposer au malade. Aussi, elle se pratique dans un jeu de séductions narcissiques où se fait jour une agressivité du thérapeute. Car l'autorité morale et la raison du médecin doivent toujours l'emporter sur la raison fragile et défaillante de l'aliéné. D'où la nécessité, déjà préconisée pour Pinel, d'une attitude autoritaire et de toute-puissance médicale du praticien imposant sa logique et tout son système de valeurs à son patient.
Finalement, le traitement moral tomba en désuétude dès le milieu du XIXe siècle. Il devint, avec l'augmentation considérable du nombre des pensionnaires dans les asiles, un simple traitement administratif réglant le travail et les conditions de vie collective des malades dans l'institution psychiatrique. Il faudra attendre la découverte de l'inconscient pour qu'un nouveau traitement psychique apparaisse, ne se situant plus comme le précédent au niveau rationnel conscient. Avec la psychanalyse, une véritable psychothérapie devient possible car c'est maintenant la folie qui est reconnue par le thérapeute au sein même de son inconscient. C'est une nouvelle alliance thérapeutique qui rétablit enfin l'égalité entre les deux partenaires du traitement moral.


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