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La définition de Psychothérapie


La psychothérapie désigne toute utilisation de moyens psychologiques pour traiter une maladie mentale, une inadaptation ou un trouble psychosomatique.


Les éléments essentiels de la psychothérapie

Cette définition très large quant aux techniques susceptibles d'être utilisées et quant aux indications correspond à la très grande diversité des pratiques psychothérapiques et de leurs théorisations. Cependant, toutes les formes de psychothérapie peuvent être ramenées, selon Félix Guattari, à une « gestion savante et, si possible, améliorée de la relation interhumaine ». Elles vont donc impliquer trois éléments essentiels:

  • Le patient porteur de symptômes ou inadapté.
  • L'opérateur thérapeutique à la fois dépositaire de connaissances et d'un savoir-faire spécialisé.
  • Un moyen privilégié de communication.

À partir de ces trois éléments, on va trouver de nombreuses variations, qui tournent cependant pour la plupart autour d'un modèle privilégié dans notre culture occidentale de la fin du XXe siècle, celui de la psychanalyse. Non pas que celle-ci soit seulement une psychothérapie. Elle ne l'est au contraire qu'accessoirement, étant d'abord une théorie psychopathologique et même une véritable doctrine à portée anthropologique et philosophique. Mais elle reste la grande référence théorique de beaucoup de psychothérapies actuellement pratiquées.


L'histoire de la psychothérapie

C'est avec le magnétisme animal introduit à Paris, en 1778, par Franz Mesmer que commence la préhistoire de la psychanalyse. Un disciple de Mesmer décrit le premier, en 1785, l'état de somnambulisme provoqué par les passes magnétiques. C'est le marquis Amand de Chastenet de Puységur qui montre la relation particulière qui s'instaure entre le thérapeute et son somnambule, relation hypnotique, telle que l'appellera James Braid lorsqu'il remplacera le terme de somnambulisme par celui d'hypnotisme. Et c'est l'école de Nancy, avec Hippolyte Bernheim, qui montre l'importance de la suggestion dans le déclenchement du sommeil hypnotique en s'opposant à Jean-Martin Charcot, qui, à la Salpêtrière, le considère plutôt comme une manifestation de l'hystérie.
Le jeune neurologue viennois Sigmund Freud vient alors, en 1885, à la fois à Paris et à Nancy et détecte le premier, dans les phénomènes de l'hypnotisme, l'action d'un inconscient qu'il va découvrir peu à peu. Revenu à Vienne, et travaillant avec son maître Josef Breuer sur des cas d'hystérie traités par hypnose, il se rend compte que la plupart des manifestations de cette névrose sont d'origine inconsciente, exprimant dans des conversions corporelles un conflit refoulé par la conscience. Et c'est en abandonnant la méthode hypnotique, et en laissant parler ses patients livrés à l'association libre de leurs idées, qu'il précise progressivement les grands principes de la psychanalyse, dont le but est à la fois la mise en évidence du transfert et l'interprétation des défenses et fantasmes, conduisant à une explication étiologique sexuelle des névroses.


La diversité des méthodes

Avec le développement de la psychanalyse vers les années 1930, on arrive à une situation où celle-ci va occuper une place centrale, à partir de laquelle la plupart des autres psychothérapies vont se situer, plus ou moins loin de ce centre. Cela donne une sorte de classification concentrique de ces dernières:

  • Au centre: la psychanalyse dans sa forme la plus rigoureuse de cure-type avec le dispositif technique du divan, le principe de l'association libre et la neutralité de l'analyste.
  • Au pourtour: toutes les variantes de cette cure-type, caractérisées par des modifications techniques qui ont pour but d'éviter le développement d'une situation thérapeutique inaccessible aux moyens proprement analytiques. C'est d'abord le remplacement du divan par le face-à-face, en particulier avec les enfants, les psychotiques, les délinquants. Développée par Anna Freud et Melanie Klein, la psychanalyse des enfants représente le domaine des tentatives les plus élaborées et les plus fructueuses.
  • À la périphérie: les psychothérapies d'inspiration psychanalytique.

L'hypnose connaît un regain d'intérêt, surtout dans les pays anglo-saxons, avec l'hypnoanalyse. Le rêve éveillé dirigé de Robert Desoille s'en rapproche. La cure courte cherche à réaliser une psychothérapie plus rapide que la psychanalyse en utilisant les concepts psychanalytiques. On lui rattache diverses thérapies:

  • La thérapie analytique de Franz Alexander, dont la stratégie s'inspire de la connaissance psychanalytique théorique et technique, le raccourcissement de la cure étant non un but mais un résultat heureux.
  • Les psychanalyses et psychothérapies de groupe.
  • Les théâtrothérapies et, en particulier, leur forme la plus connue, le psychodrame de Jacob Moreno.
  • La psychothérapie sous narcose, dite narcoanalyse.

Les psychothérapies directives et non-directives

On peut aussi distinguer des psychothérapies selon qu'elles sont directives ou non-directives

  • La psychothérapie directives: le psychothérapeute prend plutôt le rôle d'un parent autoritaire, et le patient celui de l'enfant qui obéit. L'hypnose et la suggestion en sont les formes les plus typiques, mais ce ne sont pas les seules. Le thérapeute peut intervenir dans les décisions pratiques et l'organisation de la vie. Dans d'autres formes, la personnalité est abordée du côté de la motivation (besoin, émotion) et le psychothérapeute prend un rôle plus maternel de réconfort, soutien, encouragement. Plus rarement, la personnalité est abordée sous son aspect intellectuel: le thérapeute expose des principes d'hygiène mentale, dégage des mécanismes psychologiques, refait avec le patient une étude de sa vie et de sa personnalité. Toutes ces approches peuvent se combiner, comme c'est souvent le cas dans les psychothérapies de soutien, qui sont en général du type d'une psychothérapie directive ou autoritaire, faisant appel à la suggestion, à la persuasion, au raisonnement.

  • La psychothérapie non-directive: elle est centrée sur le client. Cette forme de thérapie a été élaborée par Carl Rogers. Elle se veut encore plus libérale et neutre que la psychanalyse. Avec Rogers, il n'est pas question d'interpréter, pas même de clarifier, de reformuler ce que le patient a dit. Le psychothérapeute se borne à écouter, à jouer le rôle de catalyseur dans les progrès du patient dans sa connaissance de soi et son développement personnel. Il n'y a pas lieu ici de discuter de l'efficacité de la psychothérapie non-directive ni de l'insuffisance éventuelle des interventions du psychothérapeute non-directif. Il est possible que la psychothérapie non-directive comporte une part d'illusion, dans la mesure où la non-intervention extérieure se prend pour un libéralisme profond et, se privant d'une certaine liberté d'allure, devient un rigorisme.

Les psychothérapies comportementales et cognitives

Dans une perspective bien différente, et en s'écartant résolument de toute référence freudienne, se situent les psychothérapies comportementales et cognitives, d'apprentissage. Elles ont pris une importance grandissante et paraissent plus faciles à maîtriser que les psychothérapies analytiques:

  • Les psychothérapies comportementales: elles traitent directement le symptôme, considéré en lui-même comme pathogène et s'auto-entretenant. Il n'est donc pas question de chercher à intervenir sur la personnalité globale du patient. S'adressant surtout aux obsessionnels et aux phobiques, les thérapies comportementalistes font appel à des techniques de déconditionnement, de désensibilisation s'inscrivant dans un programme thérapeutique, qui reste cependant spécifique à la problématique personnelle de chaque malade.

  • Les thérapies cognitives: elles ont été introduites en particulier par Albert Ellis et par Aaron Beck dans le traitement de la dépression. Elles visent à orienter le patient vers une prise de conscience rationnelle de ses comportements pathologiques, en lui permettant de réformer certains de ses jugements et son appréhension perceptive du monde extérieur.

Les thérapies corporelles

Il faut également citer les thérapies corporelles, à la fois centrées sur la relaxation, la recherche d'une détente musculaire et une restructuration de l'image du corps. Ces thérapies ont parfois utilisé des techniques asiatiques anciennes du type yoga. Elles font aussi souvent appel à des philosophies religieuses comme le zen pour la gestalt-thérapie de Fritz Perls ou la thérapie de shoma Morita. Elles peuvent parfois s'entourer d'une instrumentation sophistiquée comme dans le biofeedback, où l'intervention de l'électronique permet un contrôle continu de la détente musculaire recherchée.


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