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La définition de Interprétation



L'interprétation en logique

En logique, l'interprétation correspond à l'attribution d'une signification à une formule logique au moyen d'une sémantique, par mise en correspondance de la formule avec un univers extérieur au système formel auquel elle appartient.


L'interprétation en intelligence artificielle

En intelligence artificielle, l'interprétation désigne l'ensemble des opérations réalisées par un système de traitement automatique du langage (ou interprète).


L'interprétation en psychologie

En psychologie, l'interprétation désigne l'ensemble des processus correspondant à la compréhension du langage, l'accent étant mis alors sur le fait que chaque individu élabore sa propre version de ce qu'il entend ou lit.


L'interprétation en psychanalyse

En psychanalyse, l'interprétation correspond à l'intervention de l'analyste tendant à faire surgir un sens nouveau au-delà du sens manifeste que peut présenter un rêve, un acte manqué, voire une partie quelconque du discours de l'individu.
L'idée que les rêves, les lapsus et les actes manqués, l'ensemble des formations de l'inconscient ou encore les symptômes peuvent s'interpréter, qu'ils recèlent un sens différent de leur sens manifeste, un sens latent, constitue l'un des principaux apports de Sigmund Freud à la connaissance du sujet humain et l'un des modes d'action décisifs de l'analyste dans la cure.
L'interprétation est présente dès le début dans les œuvres de Freud. Cependant, dans les premiers temps, le travail de la cure consiste surtout à faire revenir des souvenirs pathogènes refoulés. Ce n'est qu'à mesure que la difficulté de cette reconstitution mnésique se fit sentir, et notamment avec l'abandon de l'hypnose, que Freud s'attacha davantage à se servir du matériel que ses patients lui amenaient spontanément et à l'interpréter.
Une valeur particulière doit bien sûr ici être reconnue au rêve. Si celui-ci réalise un désir, mais si, en même temps, le compromis avec la censure fait que ce désir reste dissimulé, il est nécessaire d'interpréter le rêve manifeste pour faire ressortir le rêve latent. D'ailleurs, il faut noter que, si l'individu a tendance, en racontant son rêve, à en effacer les aspects absurdes ou incohérents, à lui donner très vite du sens, c'est à rebours de cette première interprétation que va le plus souvent l'interprétation psychanalytique.
Cependant, l'interprétation du rêve fait appel au rêveur. En effet, pour la psychanalyse, il n'est pas question de constituer une clef des songes, un dictionnaire universel de symboles, qui permettrait de traduire toute production onirique. Même si Freud n'exclut pas l'idée que la culture ou la langue véhiculent des symboles valant pour tous, la pratique de l'interprétation suppose la prise en compte des associations de l'individu. Lui seul est en mesure d'indiquer l'événement ou la pensée que peut lui rappeler un élément de son rêve, et l'interprétation n'est guère possible tant que les associations nécessaires n'ont pas été produites. Elles peuvent être très ténues. Elles sont toujours indispensables.
Forgée principalement en relation avec l'analyse des rêves, l'interprétation se trouve bien sûr appliquée à un matériel beaucoup plus large, incluant lapsus, actes manqués, oublis et, généralement, tout ce qui porte la marque de l'inconscient. En ce sens, même une phrase apparemment anodine peut se révéler porteuse d'un sens latent si le contexte permet de l'entendre autrement.
On a parfois reproché à la psychanalyse un usage systématique de l'interprétation, ramenant tout discours et toute action à une signification sexuelle stéréotypée. Ce qui est vrai, c'est que des personnes extérieures à la psychanalyse et se référant à un savoir superficiel ont galvaudé l'usage d'interprétations simplistes, du style de celle qui fait croire que chaque fois qu'un monsieur oublie son parapluie chez une dame, cela signifie qu'il lui fait une proposition sexuelle. Freud avait déjà critiqué, sous le nom de psychanalyse sauvage, la tendance, chez certains médecins peu avertis de la psychanalyse, à donner à leurs patients des interprétations prématurées qui, pour eux-mêmes, restaient mal fondées et qui, pour leurs patients, intervenaient à un moment où ils ne pouvaient pas encore les accepter.
Pour leur part, les psychanalystes ont eu, au contraire, de plus en plus tendance à être prudents dans leurs interprétations. Dès lors qu'un élément d'un rêve, par exemple, peut être surdéterminé, c'est-à-dire renvoyer à plusieurs chaînes associatives différentes, une interprétation qui privilégierait un sens et un seul est tout à fait problématique. Certes, c'est là le modèle le plus spontané de l'interprétation: associer une signification à tout ce qui peut venir à se présenter comme formation de l'inconscient ou comme symptôme. Mais ce modèle spontané ne mène pas bien loin. Il fait obstacle, plutôt qu'ouverture, à la poursuite du discours.


Le délire d'interprétation

Il s'agit d'une forme clinique de délire chronique systématisé, généralement à thème persécutif, ayant une construction délirante caractérisée par la prépondérance du mécanisme interprétatif et une extension en réseau.
Individualisé par Paul Sérieux et Joseph Capgras sous le nom de folie raisonnante, en 1909, le délire d'interprétation fait partie du démembrement clinique du délire chronique d'Ernest-Charles Lasègue et Valentin Magnan, avec la psychose hallucinatoire de Gilbert Ballet, les délires passionnels de Gaëtan Gatian de Clérambault et les délires imaginatifs d'Ernest Dupré. En fait, il s'agissait de privilégier un mécanisme de la production délirante, ici l'interprétation, pour définir une forme clinique.
Pour Sérieux et Capgras, l'interprétation délirante est donc un « raisonnement faux, ayant pour point de départ une sensation réelle, un fait exact, lequel [...] prend à l'aide d'inductions ou de déductions erronées une signification personnelle pour le malade, invinciblement poussé à tout rapporter à lui ». À partir de celle-ci se développe un délire qui serait théoriquement purement interprétatif. En réalité, l'activité délirante fait appel également aux autres mécanismes, en particulier hallucinatoire, et il est rare qu'un délire s'en tienne strictement à des interprétations. La structure paranoïaque de tels délires les fait entrer maintenant dans le cadre plus général de la paranoïa.


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