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La définition de Générale



La psychologie générale

Il s'agit de la partie de la psychologie qui vise à élaborer des connaissances générales, c'est-à-dire susceptibles de s'appliquer à tout individu. L'objectif de la psychologie d'orientation scientifique est d'élaborer des connaissances qui aient un degré suffisant de généralité pour pouvoir être ensuite appliquées.
La pensée contemporaine fournit pour cela des schémas généraux clairs. Un exemple d'un tel schéma général, présenté sous sa forme forte, est, pour la psychologie: « Étant donné que tous les individus qui sont des A ont, lorsqu'ils se trouvent dans une condition de type C, l'activité P, alors cet individu-ci, qui est un A, et qui se trouve dans une condition de type C, aura l'activité P » (schéma 1). Ce schéma implique que l'on prenne en considération des individus (les A), des situations et des stimulus, présents ou passés (les conditions C), et des activités (les P).
Aussi, on peut interpréter « a l'activité P » de différentes façons, selon les choix théoriques qu'on fait par ailleurs. En effet, cette expression peut avoir l'un des sens suivants, respectivement béhavioriste, cognitiviste et psychanalytique: « présente le comportement B », « a la représentation R », « pense que q » « ressent l'émotion E », « refoule la motivation M », etc... On peut de même donner des interprétations diverses de C et de A: le schéma qui précède (que l'on pourrait facilement considérer comme le squelette d'un système expert) est par lui-même indépendant des choix théoriques en matière de psychologie. Pour cette raison, on peut considérer que tout clinicien l'applique implicitement. Ainsi, le schéma décrit en quelque sorte la logique pratique du psychologue lorsqu'il applique ses connaissances. On peut alors considérer que les divers sous-domaines de la psychologie se distinguent, pour l'essentiel, par l'utilisation qu'ils font des diverses catégories correspondant à A, ou le cas échéant à C.


Le cadre de la psychologie générale

La psychologie générale est celle qui vise des connaissances concernant au moins tous les humains, ou même, si on y inclut une large part de la psychologie animale, tous les animaux supérieurs. Par exemple, dans l'étude du conditionnement, les A sont ainsi, pratiquement, tous les mammifères. Tandis que dans la psycholinguistique, ce seront, en principe, tous les êtres humains adultes.
Si on veut maintenant faire porter cette étude sur les activités intellectuelles des enfants, on préférera le plus souvent sortir de la psychologie générale et se placer dans le cadre de la psychologie du développement, en distinguant des catégories d'individus A1, A2, etc..., généralement classés par âge. De même, si l'on s'intéresse à la psychopathologie, on définira, le mieux que l'on pourra, les catégories d'individus à propos desquels on a ou on recherche des connaissances. La détermination de ces catégories nosographiques est aussi, bien entendu, un aspect de cette recherche.
La psychologie différentielle a justement parmi ses objectifs essentiels de définir de façon systématique et scientifique la nature de ces catégories d'individus, avec leurs dispersions, et la façon dont elles s'emboîtent ou se croisent.


La complémentarité de la psychologie générale et de la psychologie différentielle

La psychologie générale et la psychologie différentielle adoptent ainsi deux points de vue complémentaires sur les mêmes faits psychologiques: la première en négligeant un certain nombre de différences interindividuelles, la seconde en les mettant au centre de son étude. D'une autre façon, si l'on veut étudier les phénomènes relevant de la psychologie sociale, de la psychologie du travail ou de la psychologie de l'éducation, ce sont les catégories de situations étudiées, qui correspondent à C dans le schéma, que l'on modifiera.
Dans cette optique, on voit que la complémentarité entre les différents sous-domaines de la psychologie peut être conceptualisée dans un schéma clair. Il reste ensuite à la recherche empirique à déterminer lesquelles, parmi les connaissances recueillies, sont suffisamment générales pour pouvoir être dites universelles, c'est-à-dire valides pour tout individu et pour toute situation (de type C). Ce sont celles-là qui définissent, a posteriori plutôt qu'a priori, le champ de la psychologie générale.


Le schéma général sous la forme faible

Il n'est pas absolument indispensable d'utiliser le schéma général sous la forme forte telle qu'elle a été définie précédemment. On peut même trouver cela impossible ou déraisonnable. Une forme faible du même schéma consiste à remplacer, dans le schéma 1, tous ou n'importe quel par la plupart. On obtient alors un schéma faible de généralisation: « Étant donné que la plupart des individus qui sont des A ont, lorsqu'ils se trouvent dans la plupart des conditions de type C, l'activité P, alors cet individu-ci, qui est un A, et qui se trouve dans une condition de type C, aura probablement l'activité P » (schéma 2).
Les difficultés logiques qui naissent de l'application d'un tel schéma faible concernent les cas qui constituent des exceptions à la règle générale en matière d'individus ou de conditions, ou des deux. Cela limite la portée de ce schéma. D'un autre côté, les difficultés à établir des régularités de type du schéma 1 ne sont pas moindres. Prises ensemble, ces deux sortes de difficultés permettent de comprendre pourquoi la psychologie n'est pas une science exacte.


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