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Avril 2012 (Mise à jour: Mai 2014)

Faut-il suivre notre intuition ?


Le cortex préfrontal est la partie cérébrale la plus récente dans l'évolution de l'espèce humaine. C'est dans cette région du cerveau que s'opèrent les traitements cognitifs complexes qui nous permettent de lire, de parler, de planifier, de mémoriser, de raisonner, etc... Ainsi, cette zone du cerveau présente de formidables capacités d'adaptation, ainsi qu'une force d'analyse et de raisonnement logique. La zone préfrontale du cerveau a augmenté en volume au cours de l'évolution de l'espèce humaine, en partant de l'australopithèque à l'homo sapiens sapiens.
Ce rôle majeur explique sûrement pourquoi le cortex préfrontal n'a cessé de se développer au cours de l'évolution de l'espèce humaine.


Comment le cortex préfrontal traite les informations qu'il reçoit?

Cette zone cérébrale située en avant du cerveau est capable d'assimiler d'innombrables informations, de les intégrer et de nous en livrer une analyse sous forme de résultat brut, c'est-à-dire sous forme d'intuition ou de pressentiment. En effet, le cortex préfrontal traite une grande partie des informations qu'il reçoit de façon inconsciente, mais néanmoins intelligente.

Par conséquent, on peut se demander si un choix rationnel ou une décision logique résulte forcément d'une réflexion consciente et approfondie?
Disons que dans une situation complexe, le nombre d'informations à traiter est si important qu'il serait impossible de les analyser toutes simultanément et consciemment. D'ailleurs, les études menées sur ce point le confirment: d'une part, plus une situation est complexe, plus la prise de décision semble nécessiter des traitements inconscients; et d'autre part, en situation complexe, une prise de décision basée sur une réflexion contrôlée et volontaire ne s'avère pas forcément la plus intelligente et la mieux adaptée.

Ainsi, le cortex préfrontal assimilerait automatiquement les multiples paramètres en présence et livrerait une solution sous forme d'intuition ou d'instinct.


Le raisonnement inconscient serait-il plus fiable que le raisonnement conscient?

Si le cerveau est capable d'établir des statistiques hors du champs de la conscience, sa capacité à traiter les informations de façon consciente reste limitée. En effet, il ne peut que sélectionner et stocker de façon simplificatrice et réductrice, les éléments qui semblent être pertinents pour une exploitation ultérieure.
Aussi, la manifestation de ce phénomène se produit, par exemple, dans le cas d'une personne qui hésite à signer le bail d'un logement alors qu'aucun problème n'apparaît de façon objective. En fait, cette personne ne fait que suivre un pressentiment que son cortex préfrontal lui adresse. Cette zone cérébrale aurait donc intégré, de façon inconsciente, d'autres éléments qui pourraient se révéler négatifs et le signalerait à la conscience sous forme d'intuition.

Ce type de pressentiment n'a donc rien d'irréfléchi, même si elle ne résulte pas d'un raisonnement conscient. On peut considérer l'intuition comme la partie émergée d'un immense iceberg, constituée de raisonnements complexes et inconscients et qui s'avèrent plutôt fiables!


Inspiré des travaux d'Eva Jonville ainsi que d'Ap Dijksterhuis et Loran Nordgren.



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