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Avril 2011 (Mise à jour: Août 2016)

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Nos pensées sont-elles si rationnelles ?


Malgré notre volonté d'expliquer certains faits en toute objectivité, nous ne sommes pas toujours rationnels.Il nous arrive à tous de prêter davantage attention aux faits qui étayent ce que l'on désire croire et d'occulter les données qui confortent d'autres points de vue.
En d’autres termes, nous avons tendance à confirmer nos croyances, plutôt que de les remettre en question. Le pire est que cette tendance, qui nous pousse à émettre un jugement erroné, échappe totalement à notre conscience. Nous nous croyons alors tout à fait rationnels et impartiaux.

Ces erreurs cognitives, le plus souvent anodines, peuvent néanmoins avoir de graves conséquences. C'est le cas, par exemple, lorsqu'elles se manifestent chez les membres d'un jury...


Notre capacité de prédire un événement est-elle également impactée?

En plus de confirmer nos croyances, nous avons aussi tendance à surestimer notre capacité de prédire un événement. Cette tendance a d'ailleurs un nom: la sagesse rétrospective. Plus précisément, il s'agit de la tendance à surestimer sa capacité de prédire un événement après qu’il ait eu lieu.
Par exemple, lorsque de nombreux carambolages sont occasionnés par de fortes chutes de neige, nous avons tendance à penser que les responsables de la sécurité routière auraient dû prévoir le danger et prendre les dispositions en conséquence. Mais nous oublions de penser que la situation n'était pas aussi simple avant, qu’elle ne l'est en réalité après coup.

Plus précisément, lorsque nous essayons de prédire l’avenir, nous envisageons plusieurs scénarios possibles. En revanche, lorsque nous essayons de comprendre ce qui s’est produit, nous avons tendance à focaliser notre attention sur l’explication d'un seul événement : celui qui s'est effectivement produit. Et cette simplification après coup, de l’évaluation d’une situation complexe à l’origine, altère considérablement l’objectivité de notre réflexion.


Ces erreurs de jugement peuvent-elles aller jusqu'à biaiser notre perception visuelle?

Notre tendance à confirmer nos croyances et nos attentes a effectivement le pouvoir d'influencer notre façon de percevoir le monde physique. Par exemple, détecter la présence d'un objet rond flottant dans le ciel peut aboutir à deux interprétations possibles, selon que l’on croit ou non aux extraterrestres. Ainsi, dans le premier cas, il est probable que l’on interprète la présence de cet objet comme un vaisseau spatial. Dans le second cas, on aurait plutôt tendance à penser que cet objet n'est autre qu'un ballon météorologique.

Soyons donc vigilants vis-à-vis de notre disposition à l’impartialité !


Inspiré des travaux de Ziva Kunda.



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