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La définition de Interférence


Une interférence désigne un effet de détérioration produit par un apprentissage sur un autre apprentissage.


L'interférence proactive et rétroactive

Lorsque deux apprentissages différents se succèdent, on observe souvent un effet de l'un sur l'autre. Cet effet est appelé proactif s'il s'exerce du premier en direction du second. On a pris l'habitude d'appeler rétroactif l'autre type d'effet: il ne peut naturellement exister, à proprement parler, d'effet qui se produise rétroactivement dans le temps, ici du second apprentissage sur le premier. En réalité, cet effet s'exerce sur les résultats du premier, sur ses traces en mémoire.
Lorsque, dans ces conditions, on observe une détérioration de la performance par rapport à ce qu'elle serait en l'absence de l'autre apprentissage , on parle d'interférence proactive ou rétroactive. Les expressions synonymes d'inhibition proactive ou rétroactive sont aussi parfois employées, inhibition ayant alors un sens purement descriptif. Lorsqu'on observe une amélioration de la performance, on parle de transfert. On a renoncé à désigner les effets négatifs d'un apprentissage sur un autre comme des transferts négatifs. Le mot interférence s'est imposé.


Le modèle méthodologique

Le modèle méthodologique de ces effets est le suivant: on appelle A et B les deux apprentissages.
Si la performance observée en BE (situation expérimentale) est inférieure à celle observée en BC (situation de contrôle), B et BE et Bc étant strictement semblables par ailleurs, on dit qu'il y a interférence proactive. Si elle est supérieure, qu'il y a transfert proactif.
Si la performance observée en AE est inférieure à celle observée en AC, on dit qu'il y a interférence rétroactive. Si elle est supérieure, il y a transfert rétroactif.
Rien ne signifie absence complète d'activité que si la période correspondante est occupée par du sommeil. (Celui-ci pose des problèmes spécifiques.) Rien signifie activité neutre par rapport à l'apprentissage considéré.


Les effets positifs et négatifs de la similitude entre deux apprentissages

On observe que les effets négatifs de l'interférence dépendent de la similitude entre les matériels ou les situations des deux apprentissages. Mais cette dernière peut aussi avoir, dans d'autres cas, des effets positifs.
La question de savoir quand la similitude a un effet positif et quand elle a un effet négatif est un problème difficile et non résolu de la psychologie de l'apprentissage. Toutefois, on sait que, mieux un premier apprentissage a été consolidé par de fréquentes répétitions, mieux il résiste aux interférences. Une longue distance temporelle entre le premier et le second apprentissage est également un facteur de résistance aux interférences.
Un exemple commun d'interférence ou de transfert est celui de l'apprentissage simultané, ou immédiatement successif, de deux langues étrangères. Ce peut être, chez de jeunes enfants, celui de l'apprentissage de la langue maternelle et d'une langue étrangère. Les interactions entre les deux apprentissages peuvent être bénéfiques (transfert) ou délétères (interférences). Un facteur favorable est l'existence de deux contextes discriminatifs bien différents, par exemple, qu'une langue soit parlée en présence d'un des parents, et l'autre langue de l'autre parent.
On considère généralement que, si un individu connaît trois langues étrangères, les effets de transfert seront massifs et qu'il en apprendra d'autant plus facilement une quatrième, une cinquième, etc...


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