Accueil > Dictionnaire > Les termes psychologiques commençant par A > La définition de apprentissage


La définition de Apprentissage


Dans les sciences de l'éducation, l'apprentissage désigne la modalité d'acquisition des connaissances, des compétences ou des aptitudes.


Les caractéristiques psychologiques de l'apprentissage

Globalement, on peut considérer qu'il s'agit de savoirs, de savoir-faire, d'automatismes, d'attitudes... Les activités considérées sont très diverses. En effet, elles vont de l'adaptation biologique au milieu à la manipulation de symboles. Par ailleurs, l'étude de l'apprentissage confronte les modifications de la performance et celles de l'environnement afin d'identifier les facteurs favorables ou défavorables. Ainsi, elle permet d'inférer les mécanismes et la nature des changements du psychisme responsables des modifications constatées. Aussi, différents indicateurs tels que l'évolution du nombre de bonnes réponses, le temps de réponse, l'analyse de la nature des erreurs, l'analyse de la procédure adoptée, etc... sont utilisés.


Les apprentissages élémentaires

On peut relever trois principales situations expérimentales de l'apprentissage élémentaire:

  • L'empreinte: elle résulte de l'exposition à certains stimulus au cours d'une brève période de la vie dite période sensible. Chez des oies ou des canards nouvellement éclos, elle se traduit de façon par l'apparition d'une conduite consistant à suivre un stimulus mobile, qu'il s'agisse d'un congénère, d'un objet ou de l'expérimentateur.

  • Le conditionnement répondant (ou pavlovien): il consiste en présentations répétées d'un couple de deux stimulus, dont l'un est initialement neutre (il ne provoque pas de réaction spécifique), tandis que l'autre est un déclencheur régulier d'une réaction caractéristique dite réaction inconditionnelle (RI). Le premier stimulus est dit stimulus conditionnel (SC), le second est dit stimulus inconditionnel (SI). Après un nombre variable de couplages, le premier stimulus déclenche une réaction similaire au second, dite réaction conditionnelle RC.
    Par exemple, on peut utiliser un son comme SC, présenté une seconde avant le SI constitué par un jet d'air au coin de l’œil (le SI). Celui-ci déclenche de façon automatique une réaction de fermeture de la paupière. Ainsi, après plusieurs dizaines de couplages, le son seul suffit à déclencher la fermeture de la paupière. Il faut souligner que les présentations des SC et SI sont programmées indépendamment du comportement de l'individu.

  • Le conditionnement opérant: ici, la présentation d'un stimulus ayant une valeur agréable ou désagréable est dépendante de la réalisation d'une action particulière par l'individu, et survient donc toujours après celle-ci. L'action qui détermine la présentation du stimulus consécutif est dite réponse instrumentale car elle constitue le moyen d'obtenir celui-ci. La répétition des couplages entre réponse instrumentale et stimulus consécutif entraîne une augmentation de la probabilité d'apparition de la réponse si ce dernier est agréable, et une diminution s'il est désagréable. Dans le premier cas, on dit que le stimulus consécutif est un renforçateur de la réponse, et dans le second cas un punisseur de celle-ci.

Ces trois procédures expérimentales permettent à l'expérimentateur de placer un comportement d'un individu sous le contrôle de certains stimulus environnementaux. Par ailleurs, le même type de résultat final peut être obtenu par un individu qui contrôle délibérément son activité intentionnelle. Il s'agit de la formation des habitudes, comme lors de l'exécution quotidienne d'un même trajet ou d'un même scénario pour la toilette.


Les apprentissages complexes

Dans de nombreux cas, notre activité sensorimotrice et psychique est réglée par des représentations mentales qui s'intercalent entre les entrées sensorielles et les sorties verbales ou motrices de chaque individu. Par ailleurs, les représentations d'un individu doivent être reconstituées à partir de divers indicateurs indirects, en particulier ses paroles, ce qui nécessite de nombreuses précautions méthodologiques afin de s'assurer que toutes les hypothèses sont testables.
Non seulement les apprentissages complexes font intervenir des représentations mais ils aboutissent aussi à des modifications stables de certaines représentations stockées en mémoire et assimilables à des connaissances. Ces modifications apparaissent plus ou moins importantes selon les connaissances concernées. En effet, certaines connaissances sont plus fondamentales que d'autres en ce sens qu'elles constituent des instruments permettant de structurer les représentations et d'acquérir de nouvelles connaissances. Par exemple, les connaissances relatives aux notions de nombre, de causalité ou de sériation sont plus fondamentales que les connaissances relatives aux comètes, à la foudre ou à Napoléon. Les premières sont appelées connaissances structurantes, les secondes, connaissances structurées.
Par ailleurs, on peut relever trois grands types de connaissances plus ou moins structurantes:

  • Les connaissances factuelles: elles concernent toutes les assertions relatives aux objets et entités de notre univers, comme « dans un fast-food le client n'a pas d'assiette » ou « treize est un nombre premier ». Leur acquisition intervient constamment, soit par l'expérience, soit par la communication. Il est important de souligner qu'il ne s'agit pas d'une simple mémorisation l'information perçue ou communiquée, mais d'un traitement impliquant des activités de différenciation, d'abstraction, de mise en relation et de généralisation.

  • Les connaissances notionnelles: elles concernent des propriétés abstraites telles que le repérage temporel en années, le lien de parenté, l'inclusion de classe, la transitivité, la mesure d'une longueur. Leur acquisition met essentiellement en jeu l'apprentissage par l'enseignement et l'apprentissage par l'action. Elle fait intervenir des durées beaucoup plus longues que les acquisitions factuelles et une activité de l'apprenant beaucoup plus importante.

  • Les connaissances procédurales: elles concernent les suites d'actions ou d'opérations mentales qui permettent d'atteindre un objectif, comme dessiner un triangle équilatéral, utiliser un appareil photo, etc... Ces connaissances possèdent une organisation hiérarchique, la procédure étant décomposée en plusieurs sous-procédures et celles-ci en unités d'ordre inférieur comme les règles locales, au lieu d'être constituées d'un enchaînement linéaire plus ou moins rigide.

Le rôle de la motivation dans l'apprentissage

Bien que la motivation soit une importante condition facilitatrice, elle n'est ni une condition nécessaire ni une condition suffisante de l'apprentissage. En outre, de nombreuses observations montrent que, quel que soit le degré de la motivation, celle-ci est inopérante si l'individu ne dispose pas des outils conceptuels, lesquels sont des prérequis indispensables pour analyser et donner un sens aux informations présentées.
Néanmoins, la motivation incite l'apprenant à mettre lui-même en jeu les stratégies d'étude et les opérations de traitement nécessaires à l'apprentissage. Aussi, ce phénomène n'apparaît qu'à partir de 6 ou 7 ans.
En effet, à partir de cet âge, les enfants commencent à acquérir des méthodes de mémorisation volontaire sous l'effet, en particulier, de la scolarisation.


Les apprentissages inconscients (ou automatiques)

On parle d'apprentissage inconscient (ou automatique) lorsque des informations non consciemment identifiées lors de leur occurrence affectent ultérieurement la conduite. Ce type d'apprentissage ne doit pas être confondu avec l'apprentissage incident car, dans les études réalisées, les individus sans intention d'apprendre sont néanmoins très conscients des informations utilisées. Aussi, contrairement à une idée très répandue, le conditionnement de personnes ne peut être réalisé à leur insu. Plus généralement, il n'existe pas de données convaincantes d'un apprentissage inconscient lorsque le test de l'acquisition est constitué par un rappel explicite des informations censées être passées inaperçues au moment de leur présentation. En revanche, les résultats sont beaucoup plus controversés lorsque le test consiste à montrer que des informations non détectées consciemment affectent néanmoins certaines conduites, comme l'exploration visuelle ou l'ajustement à certains signaux d'un dispositif.
Enfin, on peut noter que des patients amnésiques ne gardent aucun souvenir conscient d'avoir réalisé certaines activités, alors qu'ils conservent le bénéfice des procédures apprises précédemment.


Les différence individuelles dans l'apprentissage

Des individus différents peuvent réagir différemment à des conditions d'apprentissage identiques. Ils peuvent utiliser des stratégies d'apprentissage différentes. Ils peuvent réaliser des acquisitions différentes dans la même situation d'apprentissage. Par exemple, dans l'apprentissage d'une tâche simple comme le barrage d'une lettre déterminée dans un texte, les individus les plus introvertis apprennent mieux s'ils travaillent isolément, tandis que les individus les plus extravertis apprennent mieux s'ils travaillent en groupe.
Plus généralement, des recherches ont montré que les procédures didactiques optimales ne sont pas nécessairement les mêmes pour tous les individus, et l'on peut parler à ce sujet des interactions aptitudes X traitements.


Autres termes psychologiques :