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La définition de Performance


En psychologie, la performance correspond au résultat, le plus souvent donné sous forme quantifiée, obtenu par un individu dans une tâche. Tandis qu'en linguistique, la performance désigne la manifestation de la compétence d'un individu dans chaque acte de parole.


Le test (ou échelle) de performance

Il s'agit d'une épreuve dans laquelle, pour résoudre le problème posé, l'individu doit manipuler un matériel en minimisant l'usage du langage.


La visée de performance

La société occidentale a érigé l'efficacité en valeur dominante, ce qui a entraîné le développement de pratiques de dopage au sein même des entreprises (par exemple, pour demeurer compétitif ou avant un entretien d'embauche) ou des universités, exactement comme dans le monde du sport. Les substances utilisées sont des médicaments détournés de leurs indications thérapeutiques, des stupéfiants, voire des suppléments nutritionnels ou autres.
Cet usage relève-t-il d'une forme de toxicomanie et sinon, comment l'en différencier? Par exemple, comment définir le comportement des agents de change de Wall Street qui usent de cocaïne pour lutter contre le stress et la fatigue et qui finissent en cure de désintoxication? De même, l'étudiant, le commerçant ou le cadre d'entreprise qui recourent aux psychostimulants, antidépresseurs et autres gélules anti-stress pour demeurer productifs ou compétitifs sont-ils aussi des drogués? ou bien ne sont-ils, justement, que des drogués?


La frontière entre la dépendance et la conduite dopante

D'une façon générale, la recherche de performance chimique présente une étrange analogie avec le comportement toxicomaniaque. En effet, il s'agit d'obtenir tout, tout de suite et sans réelle élaboration mentale. La finalité de ces deux types de consommation est parfois identique. Ainsi, la jouissance procurée par la cocaïne, par exemple, est-elle si différente de celle engendrée par une victoire en compétition ou par le fait de décrocher un important contrat commercial? Se charger aux stéroïdes anabolisants à des fins de musculation ne serait-il pas, parfois, un moyen d'arrêter de penser?
En pratique, on observe des similitudes de produits, dont certains peuvent d'ailleurs engendrer dépendance et accoutumance. Ainsi, à un certain moment, la consommation n'a donc plus pour objet la recherche de la performance, mais bien le produit lui-même. Il en va ainsi, par exemple, pour ce qui concerne les stéroïdes anabolisants, les amphétamines, la cocaïne, les benzodiazépines et peut-être les corticoïdes. De plus, plusieurs travaux ont permis de repérer des associations fréquentes entre les produits. L'une de ces études a établi, notamment, une parfaite corrélation entre l'usage de stéroïdes anabolisants et celui de cocaïne, de cannabis et d'alcool: plus ou recourt aux premiers, plus on utilise les seconds. En outre, cette étude a souligné l'existence d'un lien étroit entre l'utilisation d'anabolisants et certains comportements à risque face au sida, notamment le partage d'aiguilles pour les injections de dopants. Une autre étude, portant sur des lycéens de la banlieue de Chicago, a mis en évidence une relation étroite entre l'utilisation d'androgènes et celle d'hormone de croissance. Une dernière étude, s'intéressant à des étudiants sportifs canadiens, décrit un usage conjoint de stéroïdes anabolisants et de psychostimulants, de b-bloquants, d'alcool ou d'analgésiques. Elle rapporte également un échange d'aiguilles et de seringues chez environ 30% des usagers. Hors du contexte strictement sportif, on observe d'autres associations. Mais la nature des produits consommés est alors sensiblement différente, et les cocktails ainsi constitués passent pour être moins dangereux pour la santé que ceux des athlètes.
Ces différents éléments expliquent sans doute la propension des usagers eux-mêmes à confondre dépendance et conduite dopante aux fins de performance. En effet, selon des enquêtes, il s'agirait de problèmes de même nature aux yeux de plus de la moitié des sportifs, des professionnels de la santé ou du grand public. Enfin, parmi d'autres similitudes, rappelons que nombreux sont les dopés, y compris parmi les sportifs de haut niveau, qui suivent des cures de désintoxication pendant leur carrière ou lors de son arrêt.


La différenciation de la dépendance et de la conduite dopante

Il existe pourtant une différence d'ordre ethnologique entre les deux types de consommation. En effet, si la toxicomanie est généralement regardée comme une forme de déviance, la recherche chimique de performance ne l'est pour ainsi dire jamais. La réaction de certains spectateurs au moment du Tour de France cycliste 1998 est, à ce titre, éloquente: alors que plusieurs équipes étaient impliquées dans des affaires de dopage, les prises de position du genre « laissez les courir » ou « ils sont innocents » étaient légion.
D'ailleurs, quand bien même la conduite dopante serait à son tour considérée comme un acte déviant, ne serait-ce qu'en raison de la nature des produits consommés, son seuil d'intolérance par le milieu social est plus élevé que celui de la toxicomanie. Rappelons, schématiquement, que la déviance est le produit d'une norme caractérisée par une loi écrite ou par une règle convenue. Autour de cette norme s'étend une zone de tolérance consensuelle dans laquelle on trouve des individus ayant des comportements qui s'écartent de la norme, mais qui ne sont pas encore considérés comme déviants par le milieu social. Ce concept peut être illustré par un cadre d'entreprise qui, pour rester performant, consomme un psychotrope à raison de quatre comprimés par jour là où la posologie est de deux. Il s'écarte simplement de la norme. S'il en absorbe vingt chaque jour, il sera sans doute considéré comme déviant.
Or cette zone de tolérance consensuelle est susceptible d'une rapide réduction de surface de nature à projeter soudain dans le cercle des individus déviants un individu au comportement jusqu'alors toléré. Tout élément qui dessert la quête de performance contribue à cette réduction (par exemple, toute substance dont l'usage entraîne une baisse de la productivité). Il existe donc un seuil d'intolérance au-delà duquel la consommation d'une substance dopante est jugée comme déviante. Ce seuil est très bas dans le cadre de la toxicomanie, puisque le recours aux drogues n'a pas, a priori, pour objectif d'améliorer les capacités physiques et/ou intellectuelles.
Parmi les différents descripteurs du seuil, la posologie du produit consommé est caractéristique, bien que rudimentaire. Par exemple, de petites doses de cannabis entraînent une euphorie, avec renforcement de la confiance en soi, de l'idéation, de l'agressivité, etc..., qui sont autant de qualités au service de la performance. En revanche, lorsque la quantité consommée augmente, peuvent survenir des troubles sensoriels et de la vigilance, une fatigabilité inhabituelle, une diminution des motivations, etc..., qui entravent plutôt la performance. Il en va de même pour la cocaïne, dont l'absorption de quelques dixièmes de gramme pourrait stimuler la vigilance et la mémoire, diminuer la sensation de fatigue et de faim, augmenter l'activité cérébrale, mais dont une dose excédant un gramme entraîne des réactions d'anxiété intense, des céphalées, une anorexie, de l'agressivité, des troubles neuropsychiques.
Ce descripteur du seuil d'intolérance reste rudimentaire car il n'intègre pas les effets indésirables des produits utilisés à moyen et long terme. Surtout, il méconnaît la sensibilité individuelle des consommateurs, de leur personnalité, du contexte de l'usage, etc... Par exemple, pour une même dose de stéroïdes anabolisants, tel usager deviendra dépendant du produit et tel autre non. D'autres descripteurs doivent être pris en compte, comme l'indication élective du produit et son adéquation au besoin, l'attitude de la collectivité, etc... Cette notion de seuil n'est pas tributaire de celle de dépendance et/ou d'accoutumance. En effet, un usager peut être toxicomane aux produits de la performance sans être pour autant considéré comme déviant, contrairement aux toxicomanes stigmatisés comme tels.


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