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La définition de Esquirol


Jean-Étienne Dominique Esquirol, psychiatre (1772-1840).Jean-Étienne Dominique Esquirol est un psychiatre français. Il est né à Toulouse, en 1772. Il est mort à Paris, en 1840. Esquirol est l'inspirateur de la loi de 1838 sur l'internement. Il fut l'élève et le continuateur de Philippe Pinel dans les premiers développements de la psychiatrie française.


Le parcours d'Esquirol

Esquirol fit des études religieuses assez poussées avant d'entreprendre des études médicales dans sa ville natale. Il arrive à Paris en 1799 et fréquente le service de son futur maître à la Salpêtrière dès 1801. Il soutient sa thèse sur Les passions considérées comme causes, symptômes et moyens curatifs de l'aliénation mentale, en 1805. Il devient d'abord surveillant du service de Pinel, en 1811, puis, dès qu'il a l'ancienneté nécessaire, médecin ordinaire de la Salpêtrière, en 1812.
Par ailleurs, il fonde une maison de santé privée située d'abord à Paris, rue Buffon, puis, à partir de 1827, à Ivry-sur-Seine. Puis, en 1825, il occupe la place de médecin-chef de la Maison royale de Charenton, où il restera jusqu'à la fin de sa vie. Entre-temps, il est devenu inspecteur général des facultés de médecine, en 1823, et président du Conseil d'hygiène publique du département de la Seine, en 1833. Son enseignement sur la pathologie mentale, commencé à la Salpêtrière, se poursuit à Charenton, où il va former la plupart des grands médecins aliénistes français du milieu du XIXe siècle.
Il joue également un rôle important sur le plan administratif et législatif, en particulier dans la préparation de la loi du 30 juin 1838 qui va réglementer le traitement et l'hospitalisation des malades mentaux en France.


L'œuvre d'Esquirol

C'est dans son traité Des maladies mentales (1938) que l'on retrouve l'essentiel de l'oeuvre d'Esquirol. Il s'agit de deux gros volumes de 678 et 864 pages accompagnés d'une série de 27 planches finement gravées par Ambroise Tardieu représentant différents types de malades mentaux, une sorte de patchwork réunissant tous les articles antérieurs d'Esquirol et, en particulier, ceux qu'il avait écrits pour le grand Dictionnaire des sciences médicales entre 1821 et 1826. On y retrouve la classification nosographique des maladies mentales de son maître Pinel, légèrement modifiée. La séparation entre ce qui est de l'ordre de l'insuffisance de développement mental (idiotie, crétinisme, imbécillité) et ce qui est de l'ordre de l'affaiblissement psychique (démence) y est mieux tranchée. La manie, délire général, y est bien décrite dans toutes ses formes. Mais la mélancolie, délire partiel, est remplacée par deux classes d'affections différentes: d'un côté, la lypémanie (ou délire triste), avec ses formes qui conduisent au suicide, et de l'autre les monomanies, qui sont délires limités à une seule ou un petit nombre d'idées.
Cette dernière classe représente la partie la plus originale de son oeuvre clinique. Il y distingue:

  • Les monomanies intellectuelles: le trouble intellectuel, le délire avec souvent illusions des sens, les interprétations morbides, les hallucinations dominent la symptomatologie.
  • Les monomanies affectives: le trouble reste surtout affectif, touchant la sensibilité, sans véritable délire. C'est l'ancienne manie sans délire de Pinel, ou la manie raisonnante.
  • Les monomanies instinctives: seule la volonté est lésée. Ceux qui en sont atteints accomplissant des actes délictueux et immoraux comme des actions instinctives irrésistibles. Celles-ci peuvent aller jusqu'à l'homicide.

C'est aussi sur le traitement moral, les maisons pour traiter les aliénés, l'administration et la police de ces établissements que cet ouvrage comporte des chapitres fort intéressants.
Ainsi, l'œuvre d'Esquirol, à la fois clinique et médico-administrative, a profondément marqué le destin de la psychiatrie et de l'assistance aux malades mentaux.


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