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La définition de Béhaviorisme


Le béhaviorisme désigne un courant de la psychologie scientifique. Il est fondé sur l'approche comportementale des activités psychologiques et sur le principe d'économie explicative maximale, qui limite le recours à des entités ou variables intermédiaires entre l'entrée, ou stimulus, et la sortie, ou réponse.


La naissance du béhaviorisme

Le béhaviorisme est né aux États-Unis vers le début du XX siècle. Les premières esquisses de ce courant sont apparues avec les travaux d'Edward Thorndike. Mais c'est John Watson qui a ensuite posé le cadre théorique. Aussi, on considère généralement que l'acte de naissance du béhaviorisme se trouve dans l'article-manifeste qu'il a publié 1913 dans la Psychological Review. Cet article avait pour titre la Psychologie telle qu'un béhavioriste la voit. Ces conceptions furent reprises et développées par Watson.
Aussi, des idées voisines étaient apparues vers la même période en Allemagne, en Russie et en France. Par exemple, Henri Piéron avait déjà caractérisé le concept de comportement en 1907.


La position de Watson

Ce qui caractérise Watson, c'est sa prise de position très nette contre une psychologie qui voudrait être à la fois scientifique et introspective et qui prétend se situer dans la ligne de pensée de Wilhelm Wundt. En effet, Watson juge que l'apport de ce courant a été nul et qu'il faut s'en tenir à la seule considération des comportements et des stimulus qui les font apparaître. Et bien qu'il défende ces idées avec constance, il n'apporte pas lui-même de contribution expérimentale majeure, à l’exception des expériences risquées qu'il réalise avec Rayner sur les conditionnements émotionnels chez les jeunes enfants.
Par ailleurs, Watson comprend très tôt l'importance des découvertes faites par Ivan Pavlov sous la dénomination de physiologie de l'activité nerveuse supérieure. Il incorpore explicitement ces travaux à la psychologie objective naissante, et tente de leur apporter sa contribution personnelle dans le domaine des émotions humaines, considérées elles-mêmes comme des comportements.


Les deux formes du béhaviorisme

Le béhaviorisme a connu un très grand développement aux États-Unis et il a influencé toute la psychologie jusqu'aux années 1950. Aussi, pour en juger correctement, il est nécessaire de bien distinguer les deux faces de ce courant:

  • Le béhaviorisme méthodologique: il se caractérise par le souci de construire la psychologie sur la seule base de faits observables par tous, à l'exclusion des expériences subjectives privées de l'individu psychologue. Sur ce point, tous les psychologues à visée scientifique s'accordent.

  • Le béhaviorisme théorique: il s'exprime dans la règle positiviste suivante: ne parler que des phénomènes observables ou de leurs relations directes. Cette position est représentée de façon typique par ce qu'on appelle parfois la théorie béhavioriste S-R, qui repose sur un refus de théoriser. Burrhus Skinner, avec son analyse du comportement, qui est un béhaviorisme radical, en est le principal représentant.

En fait, tous les béhavioristes ont, à un degré plus ou moins élevé, utilisé des notions qui ne sont pas immédiatement réductibles à des observations ou à des collections d'observations. En effet, tous ont utilisé des variables intermédiaires ou des concepts hypothétiques. Mais ils les ont restreintes au minimum dans leur travail scientifique.


Le déclin du béhaviorisme

Dans les années 1950, cette voie s'est révélée inadéquate pour rendre compte des faits de comportement eux-mêmes. Et même si les méthodes d'observation du comportement sont restées à la base de la psychologie d'orientation scientifique, le béhaviorisme théorique a été abandonné au profit de théories d'inspiration cognitive.


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