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La définition de Amphétamine (ou psychamine)


L'amphétamine est un produit stimulant la vigilance. Autrefois, elle était administré en thérapeutique. Aujourd'hui elle est souvent utilisée dans un cadre toxicomaniaque ou comme agent de dopage. Les amphétamines sont venues s'inscrire, après la Seconde Guerre mondiale, dans le paysage d'une société faisant allégeance à la productivité. Ainsi, elles constituent l'un des (mauvais) outils de la performance.


Les deux sortes d'amphétamine

L'amphétamine est le chef de file d'une famille de substances chimiquement et pharmacologiquement proches les unes des autres, désignées d'une façon générique comme amphétamines ou, populairement, comme speed.
Les effets de ces drogues sont voisins de ceux induits par l'usage de cocaïne ou de son dérivé, le crack: il sont à la fois stimulants et anorexigènes. L'amphétamine est facilement synthétisable en laboratoires clandestins et peut se présenter sous deux formes différenets:

  • La forme basique: elle facilement vaporisable et est proposée aux amateurs sous la dénomination de ice ou de glass, par référence à l'aspect transparent blanc de ses cristaux. Sous cette forme, elle est absorbée par inhalation, exactement comme le crack, dans une pipe ou dans une cigarette. L'association de cocaïne et d'amphétamines est d'ailleurs répandue.

  • La forme salifiée: elle est proposée sous le nom de crank ou de crystal. Sous cette forme, la drogue est prisée ou injectée, mais son utilisation est douloureuse pour la muqueuse nasale ou les veines.

La pharmacologie cellulaire

Les amphétamines agissent directement sur les neurones contenant la dopamine ou la noradrénaline. Certaines d'entre elles développent une action préférentielle et presque spécifique sur les neurones contenant la sérotonine (c'est le cas de l'ecstasy). Dans tous les cas, les amphétamines agissent sur la libération des neuromédiateurs. Plus précisément, elles les déplacent de leurs sites se stockage (les vésicules) et augmentent massivement leur libération dans la synapse. Les amphétamines vidangent les cellules de leur contenu en neuromédiateurs. Ces stimulants de l'éveil épuisent donc les neurones.
Leurs effets dynamisants et anorexigènes ne durent qu'un temps pendant lequel l'activité nerveuse de certains réseaux de neurones dans le cerveau se trouve amplifiée, sous l'effet de la drogue, par le recrutement de toute la quantité de neuromédiateurs disponible dans la cellule.


La pharmacologie clinique

Les effets des amphétamines persistent en général de 3 à 6 heures. Ils sont donc sensiblement plus durables que ceux de la cocaïne (qui est d'environ 1 heure). Aussi, la méthamphétamine sous forme fumée donne des effets encore plus prolongés.
Par ailleurs, la consommation d'amphétamines expose à des risques à la fois somatiques et psychiques:

  • Sur le plan somatique: les amphétamines accélèrent le rythme cardiaque, d'où une hypertension artérielle avec risque d'hémorragies (au niveau du cerveau et des poumons) et des troubles du rythme. De plus, elles ont une action vasoconstrictrice qui aggrave encore l'hypertension. Elles accélèrent aussi le rythme respiratoire mais dilatent les bronches.

  • Sur le plan neuropsychique: les amphétamines réduisent le sommeil, voire l'empêchent totalement. Elles induisent à faible dose une euphorie transitoire, augmentent de façon temporaire la vigilance et abolissent la sensation de fatigue. Elles déterminent aussi une anorexie. Leurs effets euphorisants et stimulants sont rapidement suivis d'une phase d'abattement, avec irritabilité, dépression, lassitude et, parfois, avec des réactions d'agressivité.

La dépendance physique n'est que rarement observée avec les psychostimulants. Au contraire, la dépendance psychique est très forte. La tolérance n'est quant à elle pas clairement démontrée. On observe toutefois pour les amphétamines une augmentation de la fréquence de prise de drogue plutôt qu'une augmentation des doses.
L'intoxication se traduit par une hyperactivité désordonnée, avec état confusionnel, angoisse et, parfois, illusions sensorielles (hallucinations). Les signes somatiques sont nombreux: hypertension artérielle, accélération du rythme cardiaque (tachycardie) et du rythme respiratoire (tachypnée), hyperthermie, sueurs, mydriase bilatérale, hypertonie généralisée, trismus, douleurs abdominales, nausées et vomissements. On observe également des troubles psychiques: état délirant aigu, maniaque, paranoïde, avec agressivité (violence, suicide).
Enfin, le décès peut survenir par trouble du rythme cardiaque, par tachycardie ou par spasme des coronaires (infarctus). Les accidents artériels (hémorragie cérébrale ou pulmonaire) sont relativement fréquents.


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