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Mars 2011 (Mise à jour: Août 2016)

Personnalité limite ou trouble borderline


Le trouble de la personnalité limite (ou état limite, ou encore trouble borderline) toucherait entre 1 et 3% de la population. Il se caractérise principalement par une instabilité de l’humeur et des relations interpersonnelles. C'est-à-dire que ces individus éprouvent de grandes difficultés à contrôler leurs émotions et sont généralement impulsifs.


Quels sont les symptômes du trouble de la personnalité limite?

Les personnalités borderlines subissent des fluctuations émotionnelles aussi intenses que rapides, en passant de l'euphorie à la tristesse en quelques heures, voire quelques minutes. Cette rapidité distingue donc l'état limite du trouble bipolaire.
Plus précisément, voici les principaux symptômes du trouble borderline:

  • Des crises ponctuelles (de quelques heures à une journée) qui se définissent par des accès de colère, d’anxiété, de dépression ; et au cours desquels l’individu est susceptible de se blesser ou de consommer des drogues ou de l’alcool.
  • Une extrême sensibilité au rejet ou à la séparation avec les êtres aimés.
  • Des sautes d’humeurs.
  • Une perception très négative de soi-même.
  • Une instabilité professionnelle, des relations sociales et de l'identité.
  • Des comportements impulsifs, tels que des crises d’achats, de boulimie ou de relations sexuelles risquées.

L'insula est une aire cérébrale inactive ou peu active chez les personnalités borderline.Sans compter que les personnalités limites ont de grandes difficultés à faire confiance, dans la mesure où elles ne parviennent pas à détecter les comportements suspects. En effet, la zone du cerveau associée à cette capacité (l'insula) reste inactive chez ces patients.


Mais quelle est l’origine de ce trouble?

Le trouble de la personnalité borderline résulterait d’une combinaison de plusieurs facteurs, notamment une vulnérabilité génétique et un grave traumatisme psychologique survenu dans la petite enfance.
Aussi, la capacité de ces personnes à réguler leurs émotions s'en fortement trouve impactée. Plus précisément, ces patients détectent les émotions de leurs interlocuteurs à un stade très précoce, dès les toutes premières contractions des muscles de leur visage. De fait, un minuscule indice de joie ou de mécontentement, qui passe inaperçu pour la plupart des gens, sont interprétés par les personnalités limites comme de véritables réactions de complaisance ou d'hostilité.

Cette hypersensibilité aux émotions d'autrui s'explique par une hyperactivité des régions cérébrales impliquées dans le traitement des informations visuelles, dans la régulation des émotions, et dans l'évaluation de situations sociales complexes. En revanche, les zones du cerveau qui permettent de prendre de la distance vis-à-vis d'une situation sont moins actives chez ces patients. D'où leur impulsivité et leurs réactions disproportionnées...


Inspiré des travaux d’Andreas Meyer Lindenberg, de Harold Koenigsberg et de Brooks King-Casas.



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