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Décembre 2011 (Mise à jour: Septembre 2015)

La dépendance au travail (ergomanie)


Etre drogué du travail, au point de sacrifier sa vie de famille et et sa vie sociale est très néfaste pour la santé mentale et physique.En France et dans de nombreux pays, travailler fait partie des valeurs fondamentales de la société. De ce fait, le risque de passer d'un travail intense à un travail pathologique de type addictif est accru.

D'ailleurs, les études menées sur l'ergomanie (ou la dépendance au travail) ont montré qu'au delà de 50 heures de travail par semaine, un rapport pathologique et compulsif à son travail a tendance à s’installer. Ainsi, selon les pays, entre 10 à 20% de la population active présenterait une dépendance au travail.


Comment identifier précisément une addiction au travail?

Une personne ergomane entretient une relation fusionnelle avec son travail et présente des difficultés à déléguer des tâches.
Plus précisément, deux principales composantes caractérisent la dépendance au travail : d'une part, la personne addicte consacre énormément de temps à son travail ; et d'autre part, elle relie très fortement ses réalisations professionnelles à son estime de soi. En effet, un individu souffrant d'ergomanie a tendance à travailler pour apaiser une anxiété de fond ou combattre un sentiment de culpabilité en cas d'oisiveté.


Mais pourquoi et comment se développe cette dépendance?

Tout d'abord, certaines situations sont favorables au développement d'un rapport pathologique à son travail. Il s'agit notamment :

  • de la peur de perdre son emploi ;
  • des pressions sociales, familiales ou financières ;
  • de la compétition sur le marché du travail ;
  • du besoin de réussir ;
  • d'un manque d'affection personnelle que l'on cherche à compenser par une activité intense et une reconnaissance professionnelle.

Aussi, cette dépendance se développe en plusieurs étapes : tout d'abord, l'individu rencontre de plus en plus de difficultés dans sa vie familiale et sociale. Puis à cela, viennent s'ajouter des complications liées au stress. La personne désormais ergomane risque alors de sombrer progressivement dans la dépression et l'épuisement professionnel.

Enfin, vient la nécessité un sevrage, c'est-à-dire la nécessité de réorganiser la vie de la personne dépendante et de l'aider à retrouver une meilleure qualité de vie, tant sur le plan physique que psychique. Ainsi, plus de reconnaissance extraprofessionnelle (par exemple, via les loisirs ou son entourage) et moins de stress lié à la charge de travail, permettraient déjà de retrouver une certaine sérénité.


Inspiré des travaux de Mario Del Libano.



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