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(Mise à jour: Février 2015)

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L'inquiétude chronique et ses rouages


Se soucier de façon permanente et pour le moindre événement est une forme pathologique de l'inquiétude.Se faire du souci pour un dossier professionnel, pour sa santé et celle de ses proches, pour la scolarité de ses enfants... est une tendance naturelle qui présente même un certain intérêt. En effet, penser à ce qui pourrait se passer si les choses tournaient mal permet d'anticiper les difficultés et de les résoudre.

La question est de savoir quand l'inquiétude devient pathologique? Car si le plus souvent les soucis sont productifs, certains ne le sont pas et peuvent conduire à un état d'hypervigilance, avec des répercussions néfastes sur la santé.


Quand considère-t-on qu'une inquiétude est chronique?

Certaines questions sont de réelles sources d’inquiétude pour la plupart des gens. En revanche, d'autres sujets qui paraissent anodins pour la majorité des individus, ne le sont pas pour une minorité. Les personnes appartenant à cette minorité sont entrées dans des spirales d'inquiétude qui touchent même les questions les plus insignifiantes. Ce sont précisément ces personnes qui souffrent d'inquiétude chronique. Elles représenteraient 3% de la population.

Ce basculement de la préoccupation normale à la préoccupation pathologique s'expliquerait principalement par le fait que les personnes trop inquiètes souffriraient d'un excès d'anticipation. Pour ces individus, l'anticipation d'un événement négatif mobiliserait leurs ressources attentionnelles, à tel point que l'anticipation deviendrait progressivement leur attitude par défaut. Leur inquiétude se généraliserait alors aux événements neutres (en plus des événement négatifs) et deviendrait ainsi chronique.


Quelle est l'origine de l'inquiétude pathologique?

La raison principale d'une préoccupation excessive serait basée sur le fait que les inquiets chroniques ne se sentiraient pas en sécurité et s'inquiéter leur procurerait la sensation de maîtriser ce qui va se passer dans leur environnement. En somme, ces réflexions leur permettraient, d'une certaine façon, de lutter contre leur sentiment d'insécurité, au détriment de leur bien-être physique et psychologique.
Car, si se soucier repose sur le besoin de contrôler sa vie et d'anticiper certaines difficultés, passé un certain seuil, ces soucis deviennent assaillants et se transforment en ruminations mentales, c'est-à-dire en pensées intrusives. C'est alors le contraire des résultats escomptés qui se produit: cet excès d'inquiétude risque de déclencher des troubles cardio-vasculaires, ainsi qu'une anxiété généralisée, rendant l'individu encore plus vulnérable face au danger.

Ainsi, à force de trop vouloir contrôler son environnement et sa vie, on finit par être dépassé par ses propres préoccupations et ses peurs.


Inspiré des travaux de Victoria Stern.



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