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(Mise à jour: Février 2015)

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Bilan de la santé mentale en Europe


Les maladies mentales (ou maladies neuropsychiatriques) ont un impact social non négligeable étant donné qu'un tiers de la population est atteint soit d'une maladie psychique (dépression, troubles anxieux, toxicomanie, attaques de panique, schizophrénie, etc...), soit d'une maladie neurologique (céphalées, démences telles que la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer, épilepsie, etc...).
De fait, une vaste étude a été menée en 2010 pour tenter de dresser un tableau précis de ces maladies complexes dont les classifications, les diagnostics et les approches diffèrent d'un praticien ou d'un scientifique à l'autre.


Quelle est la prévalence des maladies mentales dans la population européenne?

L'évaluation réalisée en 2010 a concerné les habitants des 27 pays de l'Union Européenne ainsi que ceux de la Norvège, l'Islande et la Suisse.La proportion de chaque maladie mentale en Europe est très variable. Les céphalées sont les plus répandues, loin devant les troubles anxieux, du sommeil, de l'humeur, l'alcoolisme, les AVC et les démences.
Les résultats montrent que les céphalées sont de loin les plus répandues dans la population (elles touchent 154 millions de personnes).
Viennent ensuite les troubles anxieux (69 millions d'individus), les troubles du sommeil (44,7 millions de personnes), puis les troubles de l'humeur tels que la dépression (33,3 million d'individus).
Arrivent ensuite les maladies psychosomatiques (elles concernent 20,3 millions de personnes), les addictions à l'alcool ou à la drogue (15,5 millions d'individus), les accidents vasculaires cérébraux (8,2 millions d'individus), les démences (6,2 million de personnes) et les troubles de l'enfant et de l'adolescent (6,1 millions d'enfants).
Reste enfin les troubles psychotiques, les troubles de la personnalité, le retard mental, les traumatismes crâniens, l'épilepsie, les troubles du comportement alimentaire et la maladie de Parkinson qui touchent au total 22,6 millions d'européens.

Par ailleurs, cette étude a mis en évidence une meilleure prise en charge des troubles neurologiques, comparés aux troubles psychiques. Elle révèle également une tendance à privilégier les traitements purement médicamenteux au détriment des approches psychothérapeutiques.


Connaît-on les impacts de ces maladies neuropsychiatriques sur la qualité de vie?

Les maladies mentales provoquent généralement une dégradation des conditions de vie et conduisent souvent à une mortalité précoce. Aussi, l'enquête menée en 2010 a permis d’évaluer le nombre de journées de vie perdue à cause de la maladie. Il s'avère que la dépression (notamment chez les femmes de l'Europe de l'ouest) et l'alcoolisme (surtout chez les hommes de l'Europe de l'est) sont les deux maladies ayant le plus d'impacts sur l’espérance de vie.

Toutefois, même si ce bilan de la santé mentale européenne peut paraître inquiétant, la situation tend à s'améliorer, notamment depuis ces vingt dernières années. En effet, les progrès de la psychologie, des psychothérapies, de la psychiatrie et de la neurologie permettent aujourd'hui aux personnes atteintes d'une maladie neuropsychiatrique de voir la progression de leurs symptômes ralentir, voire reculer. Leur adaptation sociale est aussi plus facile qu'il y a encore quelques années où le placement en hôpital spécialisé était de mise.


Inspiré des travaux de Michel Hamon.



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