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(Mise à jour: Février 2015)

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Somnambulisme: aux frontières de la conscience


Un somnambule est capable de parler, manger, marcher, voire conduire et même commettre un crime. Mais quel est la part de conscience et d'inconscience dans de tels cas?Parmi les troubles du sommeil, le somnambulisme est certainement l'un des phénomènes les plus étranges.
En effet, les actions que les somnambules exécutent pendant leur sommeil peuvent être très complexes: manger, conduire, parler, faire l'amour... et dans les cas les plus graves, certains vont jusqu'à tuer, violer ou se suicider.

D'ailleurs, la littérature médicale et judiciaire relate de nombreux cas d'agression nocturne. Aussi, l'étude de ces actes violents, jugés non intentionnels, permettent d'explorer les limites de la conscience et du libre arbitre.


Quelle est la part de conscience dans les actes des somnambules?

Pour sonder le niveau de conscience des somnambules, des chercheurs ont étudié l'activité cérébrale d'individus souffrant de troubles du sommeil et notamment de crise de somnambulisme. Les analyses révèlent que certaines régions du cerveau du dormeur sont très actives (autant qu'à l'état de veille) tandis que d'autres restent "endormies".
Plus précisément, les aires cérébrales très actives se situent dans le centre et à la base du cerveau. Il s'agit en grande partie du cortex moteur. En revanche, les parties du cerveau quasi inactives correspondent aux régions responsables des fonctions cognitives supérieures telles que le jugement, l'attention et la planification. Elles se situent surtout au niveau du lobe frontal.

Ainsi, même si le sommeil et l'éveil coexistent dans le cerveau des somnambules, les aires responsables du libre arbitre restent endormies et, de fait, rendent les actes du dormeur non intentionnels.


La frontière entre l'éveil et le sommeil est-elle réellement floue?

Les troubles du sommeil tels que le somnambulisme, mais aussi la narcolepsie et le rêve lucide, se caractérisent effectivement par une sorte d'état mixte, entre le sommeil et l'éveil. Les personnes souffrant de tels troubles se retrouvent ainsi piégées entre ces deux états. La conscience prend alors une forme particulière: elle n'est pas tout à fait évanouie, mais elle n'est pas tout à fait opérationnelle non plus.
D'ailleurs, il en est de même à l'état de veille. En effet, des études ont montré qu'après une nuit agitée, certaines régions de notre cerveau restent hors circuit le lendemain, rendant alors notre conscience dégradée.

L'éveil et le sommeil ne donc sont pas des phénomènes de tout ou rien. Aussi, l'étude des troubles du sommeil permettent de dévoiler petit à petit les mystères de la conscience.


Inspiré des travaux de Claudio Basseti, d'Isabelle Arnulf et de Giulio Tononi.



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