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La définition de Tolérance



La tolérance et la toxicomanie

La tolérance désigne la diminution des effets produits par une même dose de drogue. Ainsi, pour éprouver les effets procurés par la drogue, le toxicomane s'administre la substance à des doses de plus en plus élevées ou à une fréquence de plus en plus accrue.
Aussi, pour chaque individu, l'augmentation des doses s'opère jusqu'à un niveau optimal, une sorte de plateau propre à chacun, qui peut correspondre à des quantités qui tueraient un homme n'ayant jamais eu de contact avec le produit.


La tolérance et la dépendance

Bien que considérée comme l'une des caractéristiques de la toxicomanie, la tolérance n'est ni nécessaire, ni suffisante pour que se déclenche la dépendance. Elle paraît tout au plus la faciliter, dans la mesure où elle diminue les effets aversifs de la drogue, et permet d'atteindre des doses plus élevées avec un risque réduit. D'ailleurs, il existe des substances non toxicomanogènes qui induisent une tolérance (par exemple, les anti-hypertenseurs).
La tolérance disparaît rapidement après une phase d'abstinence. C'est d'ailleurs l'une des causes des overdoses mortelles. En outre, un individu est tolérant à un seul et unique effet de la drogue, tandis que la dépendance, mais également le syndrome de sevrage, sont des réponses globales de l'organisme. Ainsi, on ne voit apparaître une tolérance aux effets analgésiques des opiacés que lorsque les doses thérapeutiques employées sont trop importantes. Ainsi, si, lors du traitement d'une pathologie douloureuse chronique par la morphine, les posologies utilisées sont ajustées avec précaution, on n'observe pas de phénomène de tolérance. C'est l'une des raisons pour lesquelles très peu de patients souffrant de douleurs intenses, aussi diverses soient-elles, présentent un comportement addictif lorsqu'ils sont traités par des opiacés. En effet, contrairement aux idées reçues, rares sont les individu atteints de douleurs chroniques qui deviennent toxicomanes lorsqu'ils sont traités par des opiacés. En outre, l'emploi de la morphine dans un cadre thérapeutique exclut d'emblée son utilisation ultérieure à des fins addictives, car l'environnement joue un rôle primordial dans la plupart des processus (dépendance et sensibilisation) inhérents à une consommation toxicomaniaque.


Les causes de la tolérance

La tolérance peut tout d'abord être attribuée à différents processus:

  • Des processus métaboliques: la prise de drogue entraîne la synthèse d'enzymes par le foie. Ces enzymes accélèrent la dégradation et la transformation du produit en métabolites généralement moins actifs que le produit dont ils dérivent. Autrement dit, les effets de la drogue durent moins longtemps parce qu'elle est plus rapidement dégradée. Cette forme de tolérance est cependant minoritaire.

  • Des mécanismes adaptatifs: ils sont mis progressivement en place par l'organisme pour tenter de contrecarrer les multiples dérèglements produits par la drogue. Au niveau cellulaire, ces mécanismes peuvent consister en une désensibilisation d'un certain nombre de récepteurs et/ou en des changements moléculaires qui surviennent et régressent lentement, au-delà d'une période allant de plusieurs jours à plusieurs mois (par exemple, l'altération de l'expression de certains gènes).

¨Par ailleurs, étant donné que le développement et la disparition de la tolérance et de la dépendance physique suivent généralement le même décours temporel, certains auteurs ont émis l'hypothèse que les deux phénomènes étaient étroitement liés. Dans les deux cas, les mêmes processus adaptatifs seraient initiés pour contrecarrer les effets de la drogue. Ces processus persisteraient après que la drogue ait été éliminée du cerveau, entraînant une physiologie anormale.
Ainsi, la dépendance physique apparaît à l'occasion de l'interruption de la prise chronique de drogue, sous la forme de symptômes de sevrage (le syndrome d'abstinence). Ceux-ci sont généralement qualitativement opposés aux effets de la drogue. Dans le cas des opiacés, ces symptômes résultent essentiellement de la désensibilisation des récepteurs localisés au niveau de la moelle épinière, et c'est ce même mécanisme adaptatif qui est également responsable du phénomène de tolérance aux effets analgésiques.


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