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La définition de Morphine


La morphine est un alcaloïde extrait de l'opium. Elle est utilisée en thérapeutique comme analgésique. Un usage abusif de morphine aboutit à un comportement addictif.


La pharmacologie de la morphine

La morphine mime les effets d'une famille de neuromédiateurs appelés endorphines, en se fixant sur des récepteurs membranaires spécifiques, applelés opiorécepteurs. Aussi, l'action de la morphine sur les opiorécepteurs dépend de la dose, avec un seuil maximal correspondant à la saturation de tous les récepteurs.
Les effets pharmacologiques de la morphine sont notables sur trois grands systèmes physiologiques:

  • Le système nerveux central (le cerveau): la morphine provoque une diminution, voire une suppression de la douleur par une augmentation du seuil de perception de celle-ci. La morphine provoque donc un état d'indifférence aux stimuli douloureux. En outre, selon les doses, elle peut provoquer l'apparition d'un état d'euphorie, voire d'une dysphorie.
    La morphine peut aussi provoquer des effets indésirables, tels qu'un myosis (un rétrécissement pupillaire), une dépression respiratoire. Cette dépression est la cause essentielle des décès par overdose. Une inhibition de la toux et l'apparition de nausées ou de vomissements sont également observés lors de l'administration de morphine, même à faible dose. À forte dose, elle induit des convulsions, notamment chez les individus ayant des antécédents neurologiques.

  • Le système gastro-intestinal: la morphine provoque une diminution du tonus et du péristaltisme des fibres longitudinales au niveau du système gastro-intestinal, tandis qu'elle augmente le tonus des fibres circulaires. Ce mécanisme est à l'origine d'une constipation. D'où l'usage de dérivés opiacés comme traitement symptomatique des diarrhées. Elle explique également une augmentation de la pression dans les canaux biliaires, qui peut être à l'origine de coliques biliaires.

  • Le système cardiovasculaire: la morphine entraîne une dilatation des veines et des artères, provoquant une hypotension orthostatique. D'où son usage autrefois dans le traitement de l’œdème aigu du poumon. Cet effet est dû à une augmentation de la pression sanguine et une libération accrue d'histamine. L'histamine est un neuromédiateur qui, libéré dans le sang de façon massive, entraîne une vasodilatation cutanée. D'où l'effet de rush sanguin empourprant parfois le visage d'un usager d'opiacé par voie injectable.

Quant aux propriétés pharmacologiques de la morphine, elles constituent le type des propriétés pharmacologiques de tous les opiacés, c'est-à-dire l'héroïne, la codéine, la méthadone, le L.A.A.M., la dextromoramide, etc...


La tolérance et la dépendance à la morphine

L'administration répétée de morphine peut entraîner une toxicomanie caractérisée par une dépendance psychique et physique ainsi que par une tolérance. C'est pourquoi elle est inscrite sur la liste des stupéfiants. Ce phénomène concerne les diverses actions pharmacologiques du produit:

  • Le traitement de la douleur: il impose d'augmenter régulièrement les posologies afin de conserver son efficacité à ce traitement.

  • La réponse respiratoire à l'administration régulière de morphine: elle est sujette à une accoutumance comme les effets émétiques. Une dose de 30 à 40 mg de morphine peut donner des effets respiratoires graves à un individu naïf, alors qu'un individu tolérant supporte des doses excédant 2 grammes.

  • Un syndrome de sevrage: il peut être provoqué par l'arrêt du traitement. Celui-ci doit donc se faire progressivement.

Toutefois, il est important de souligner que la dépendance n'a pas pour unique cause l'administration de morphine, ni d'ailleurs celle d'un autre opiacé. En effet, la dépendance a une origine plurifactorielle. Ainsi, un patient algique auquel on prescrit de la morphine verra se développer une accoutumance sans pour autant devenir psychiquement dépendant du médicament.


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