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La définition de Nouveauté


La nouveauté désigne la propriété de ce qui dévie par rapport aux structures mnésiques et intellectuelles formées par l'habitude. Aussi, la notion de nouveau joue un grand rôle dans la psychologie cognitive actuelle.


Les caractéristiques et les effets de la nouveauté

On peut présenter cette notion de nouveauté sans technicité à partir des points suivants:

  • L'environnement d'un individu est constamment changeant, mais ces changements sont eux-mêmes variables en degré.
  • L'un des rôles du système cognitif est de stocker en mémoire des traces des informations passées pour faciliter l'adaptation de l'organisme.
  • Indépendamment des traces identifiables des événements passés (les souvenirs), la mémoire élabore des structures mnésiques et intellectuelles fondées sur une intégration quasi statistique des informations passées. Ainsi sont formés les percepts, les prototypes, les schèmes, les concepts, etc..., qui sont des produits de cette activité d'apprentissage.

Dès lors, toute information qui entre, à un moment donné, dans le système cognitif est immédiatement traitée par comparaison et par appariement avec des structures mnésiques et intellectuelles préexistantes. Cette information entrante est nouvelle en ce sens qu'elle est un événement qui ne s'est jamais produit antérieurement en tant qu'occurrence. Mais elle n'est pas nécessairement dotée de nouveauté au sens fort.
Si cette information correspond de très près aux structures cognitives déjà existantes, elle ne sera justement pas traitée comme nouvelle en ce sens. Mais si, au contraire, cette information dévie plus ou moins fortement par rapport aux structures existantes, si elle ne s'apparie pas parfaitement à elles, alors:

  • Elle produira des effets de nouveauté au sens fort.
  • Elle mobilisera des ressources spéciales pour être traitée et conduire à une solution au problème posé à l'organisme.
  • Elle provoquera une modification des structures mnésiques et intellectuelles elles-mêmes. Cette modification visera à les rendre capables de s'apparier désormais avec une information de même sorte.

Le sentiment de nouveauté

Très souvent, les effets de la nouveauté sont trop faibles pour être conscients, même chez l'adulte. Mais quelques-uns sont observables intérieurement sous la forme d'un sentiment de nouveauté qui peut accompagner la perception, la compréhension, la lecture, etc... On peut utiliser expérimentalement des jugements de nouveauté, demander d'exprimer des degrés de nouveauté et établir des échelles sur cette base.
Dans le même ordre d'idées, les épreuves classiques de reconnaissance dans l'étude de la mémoire reposent sur la distinction faite par les individus entre des stimulus anciens ceux qui ont été présentés lors de la phase de mémorisation et des stimulus nouveaux, présents seulement au moment de l'épreuve de reconnaissance.


Le degré de nouveauté

Un degré modéré de nouveauté est ce qui correspond à un degré modéré de déviation par rapport aux structures mnésiques et intellectuelles préexistantes. La grandeur effective de la déviation qui peut être qualifiée ainsi de modérée dépend des individus et de leurs structures cognitives, et celles-ci dépendent elles-mêmes des expériences individuelles antérieures de l'individu et de leur variabilité.
Mais on considère qu'il existe de toute façon pour chacun un optimum de nouveauté, même si celui-ci doit être conçu comme soumis à de très importantes variations interindividuelles. Au-dessous et au-dessus de cet optimum apparaissent des effets différents. Des degrés de nouveauté inférieurs à l'optimum peuvent produire des comportements de désintérêt et des sentiments subjectifs de monotonie. Mais un degré élevé de nouveauté, une déviation forte par rapport à ce qui est habituel, produit de son côté une activation et une mobilisation importantes de l'organisme. Cela s'exprime dans des réactions affectives diverses, dans des comportements émotionnels, de l'anxiété et, le cas échéant, de l'agressivité.
Par ailleurs, la nouveauté est souvent ressentie comme une source de déplaisir et elle suscite des réactions d'évitement au même titre que des stimulus biologiquement désagréables. À l'opposé, on a pu défendre l'idée que, en particulier aux époques moderne et contemporaine, un degré de nouveauté légèrement supérieur à l'optimum était une composante du plaisir esthétique.


La réaction à la nouveauté

Il s'agit de la modification du niveau d'attention d'un nourrisson lorsqu'un stimulus nouveau est substitué au stimulus qui vient de faire l'objet d'une familiarisation plus ou moins longue. Cette modification prend en général la forme d'un accroissement de l'intensité de la réponse enregistrée. La méthode d'habituation suivie d'un test de réaction à la nouveauté est une des plus utilisées pour étudier les capacités cognitives du nourrisson. L'indice le plus fréquemment retenu est la durée de fixation oculaire.
Après atteinte du critère d'habituation, un objet, différent de celui ou de ceux qui ont été familiarisés, donc physiquement nouveau, est présenté une à trois fois. La durée moyenne de ceux-ci est comparée à la durée moyenne des derniers essais de familiarisation. On dit qu'il y a eu réaction à la nouveauté lorsqu'il y a une différence statistiquement significative entre les deux durées moyennes.
Ainsi, la présence d'une réaction à la nouveauté permet, d'une part, d'éliminer la possibilité que le déclin antérieur du degré d'attention porté au stimulus initial ait été dû à la fatigue, d'autre part, de conclure que stimulus familiarisé et stimulus nouveau ont été différenciés par le nourrisson.


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