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La définition de Comparaison



La comparaison par paires

Il s'agit d'une méthode qui consiste à demander à un individu de comparer deux à deux les stimulus d'une certaine série (stimulations sensorielles, opinions, etc...). De l'ensemble des réponses, on déduit une ordination ou une mesure des stimulus tels que cet individu les perçoit (sur une dimension ou, si certaines réponses sont intransitives, sur plusieurs).


La comparaison sociale

Il s'agit d'un processus cognitif appliqué à une ou à des informations qui concernent une ou plusieurs personnes en relation avec soi, et qui permet d'apprécier les similitudes et/ou les différences entre soi et autrui. Aussi, selon Leon Festinger, tout individu aurait tendance à évaluer ses opinions et ses aptitudes personnelles. En l'absence de moyens objectifs non sociaux, cette évaluation se ferait par comparaison avec les aptitudes et les opinions des autres.
Toutefois, la tendance à se comparer serait moins probable si la différence entre l'individu et ceux auxquels il se compare est trop grande. De plus, cette absence de comparaison avec d'autres s'accompagnerait de la volonté de les abaisser. Mais cette stratégie vaut surtout en matière d'opinions. En revanche, en matière d'aptitudes, l'individu attribue à ceux qu'il met hors de comparaison une place soit inférieure soit supérieure à la sienne.
Ainsi, cette tendance à la comparaison évaluative se situerait à l'origine de comportements individuels visant à se placer dans une situation où ceux avec lesquels on se compare sont relativement proches. Par symétrie, les situations où les autres ont des opinions et des aptitudes trop différentes seraient évitées.


La comparaison latérale

Si la similitude soi/autrui reste un facteur majeur du processus de comparaison sociale, la nature des attributs (distinctifs ou non distinctifs), permettant de définir le degré de proximité avec autrui, est tout aussi déterminante. L'individu ne se satisfait pas de savoir, par exemple, que son niveau de performance est semblable à celui d'autrui (similitude), il veut aussi savoir comment se comparer avec celui avec qui il peut envisager des liens plus étroits.


Les comparaisons ascendante et descendante

C'est le paradigme de sélection d'une cible qui s'impose comme dominant pour repérer la direction de la comparaison. Les sujets expérimentaux doivent y sélectionner, parmi plusieurs cibles ordonnées de façon hiérarchique, celle avec laquelle ils préfèrent se comparer. Cette méthode permet de repérer et d'identifier la direction de la comparaison, ascendante ou descendante. L'orientation reflète la stratégie de comparaison sociale choisie par les individus pour atteindre soit un but d'autoévaluation (comparaison ascendante) soit un but d'autovalorisation (comparaison descendante).
Si l'existence de ces stratégies semble aujourd'hui confirmée, les conditions de leur activation demeurent mal connues. Néanmoins, la situation dans laquelle est inscrite la comparaison, la position sociale ou le statut des acteurs sont considérés comme des facteurs déterminant le choix de la direction de comparaison.


Les situations sociales et la comparaison

Les activités de comparaison sociale s'inscrivent généralement dans des situations sociales, elles-mêmes sous-tendues par des normes et valeurs. Ainsi, on a montré que la stratégie de comparaison ascendante était principalement utilisée dans les situations où domine une norme valorisant la compétition. De même, dans le domaine collectif, si le besoin d'évaluation du groupe d'appartenance n'entraîne pas de différence entre la comparaison ascendante et la comparaison descendante, celui de valorisation conduit à préférer la comparaison descendante. Le besoin d'équité provoque, lui, la comparaison ascendante. Ainsi, on constate l'importance des situations, positions et dimensions de comparaison pour le choix des stratégies.


Les affects et la comparaison sociale

Pour faire face à une menace (maladie, situation d'échec, etc...), les individus adopteraient spontanément la comparaison descendante. Aussi celle-ci aurait une valeur fonctionnelle, un rôle instrumental destiné à aider momentanément les gens à affronter l'urgence d'une situation inquiétante. C'est pourquoi elle ne se maintiendrait pas au-delà de l'actualité de la menace.


Les dimensions comparatives dans le processus de comparaison sociale

La manipulation de certaines dimensions de la comparaison, comme les aptitudes, les traits de personnalité, les caractéristiques physiques, les activités, permet d'autres approches des stratégies de comparaison. Ainsi, la comparaison porte autant sur les individus eux-mêmes que sur les caractéristiques qui les définissent. Par exemple, pour compenser une infériorité objective, il est possible d'attribuer la supériorité d'autrui à certaines dimensions particulières, ou de créer une différence sur des dimensions non pertinentes dans la situation de comparaison.
La façon dont les gens se sentent est au moins partiellement déterminée par le contexte dans lequel ils se trouvent. Une part importante de ce contexte tient à la qualité de la performance affichée par autrui. Ainsi, on se compare de façon à maintenir ou à augmenter une autoévaluation positive. Pour cela, deux processus sont disponibles

  • Le processus de réflexion: les individus ont tendance, pour se valoriser en profitant du prestige d'autrui, à s'assimiler aux gagnants.
  • Le processus de comparaison sociale.

Si la performance positive d'autrui concerne une dimension importante pour le soi et son autodéfinition, le processus de comparaison sera activé, mais le soi souffrira d'autant plus de la comparaison qu'autrui sera proche. Ou, encore, si la performance d'autrui est élevée, mais sur une dimension peu importante pour le soi, l'activation du processus de comparaison contribuera, si la proximité est importante, à une auto-évaluation positive nourrie indirectement de l'excellence d'autrui à travers le processus de réflexion.
Mais ce processus de comparaison sociale ne dépend pas nécessairement de l'existence d'une cible réelle. L'être humain dispose de la capacité à imaginer une cible de comparaison hypothétique en la construisant mentalement. En l'absence de possibilités comparatives immédiatement disponibles. L'individu construit mentalement une cible ou récupère en mémoire une cible préexistante. Cette forme de comparaison est fréquemment utilisée. L'effet de faux consensus en est une excellente illustration. En effet, la tendance des individus à concevoir leurs propres habitudes, valeurs et comportements comme relativement communs et partagés, conduit, par exemple, les buveurs, plus que les non-buveurs, à penser que dans leur très grande majorité les gens sont des consommateurs impénitents de boissons alcoolisées.


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