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La définition de Préférences



La méthode des préférences

Il s'agit d'une méthode d'étude des activités perceptives et cognitives du nourrisson. Elle dérive à la fois du temps de fixation relatif et de l'habituation suivie de réaction à la nouveauté.
Après familiarisation avec un stimulus plus ou moins complexe, deux stimulus différents l'un et l'autre du premier, mais sous des formes et à des degrés différents, sont présentés simultanément ou alternativement. Le degré d'attention porté à chacun d'eux est alors mesuré. Ainsi, le nouveau stimulus qui recueille le plus d'attention est dit préféré à l'autre. Toutefois, on ne peut parler de préférence que si intensité de la réponse (le plus souvent la durée de fixation oculaire) est statistiquement différente sur les stimulus en jeu.


La préférence et le degré de nouveauté

La préférence peut être déterminée par le degré relatif de nouveauté des stimulus à choix. Diverses recherches ont montré qu'un degré moyen, optimal, de nouveauté entraîne la plus forte attention, des stimulus trop ou trop peu nouveaux étant peu regardés. Cet optimum de nouveauté se déplace vers des valeurs de plus en plus élevées avec l'âge. Dans le cadre de la théorie de l'information, plus un stimulus est nouveau, plus il contient d'information.
Les capacités de traitement d'information augmentent avec l'âge. Rien d'étonnant alors à ce que les plus jeunes nourrissons (1 à 3 mois) préfèrent souvent un objet familier à un nouveau, un faiblement nouveau à un fortement nouveau, alors que les plus grands s'intéressent au plus incongru.


La préférence et le degré de cohérence et la conservation

La préférence peut aussi être déterminée par le maintien d'une cohérence entre différents aspects d'un même stimulus (par exemple, ses propriétés visibles et audibles).
La méthode des préférences a été utilisée avec succès pour étudier la conservation de l'unité d'un objet partiellement caché (par exemple, un bâton placé derrière un écran dont il dépasse le bord supérieur et le bord inférieur). Le problème qui se pose est le suivant: ce bâton, dont seulement deux morceaux sont visibles, est-il perçu ou non par le nourrisson comme une unité individualisée bien qu'en partie invisible? Après familiarisation avec l'ensemble du dispositif, deux stimulus nouveaux, dont l'écran a disparu, sont présentés: le bâton entier et deux petits bâtons séparés, correspondant exactement en taille et en disposition aux seules parties visibles du bâton pendant la familiarisation. Les bébés de 4 mois regardent plus longtemps ce dernier stimulus, ce qui est considéré comme une préférence pour la nouveauté et témoigne du fait que des bébés aussi jeunes perçoivent un objet partiellement caché comme un objet entier.


La préférence et l'étude du transfert intermodal

Les recherches relatives au transfert intermodal font très souvent appel à la méthode des préférences. Voici un exemple: deux films sont projetés simultanément d'un côté et de l'autre d'un haut-parleur. Ces films représentent, l'un, un animal sautant à un rythme lent, produisant un son sourd à chaque impact, l'autre un animal bondissant à un rythme rapide accompagné d'un son bruyant. Le déroulement des films est accompagné par l'émission de la bande sonore correspondant tantôt à l'un, tantôt à l'autre des films. Ainsi, les bébés de 4 mois regardent de préférence le film correspondant à la bande sonore émise.
Il y a donc mise en relation des propriétés visibles et audibles d'une séquence d'événements et cette relation repose sur la synchronisation entre événements visuels et auditifs relatifs à un même objet.


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