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La définition de Motivation


La motivation corresponds aux processus physiologiques et psychologiques responsables du déclenchement, de l'entretien et de la cessation d'un comportement ainsi que de la valeur appétitive ou aversive conférée aux éléments sur lesquels s'exerce ce comportement.


Le concept de motivation

Le concept de motivation a été introduit en psychologie pour rendre compte du fait que, face à un environnement stable, un organisme ne réagit pas toujours de la même façon. Par exemple, un rat privé de nourriture accepte de traverser une grille électrifiée pour en obtenir, mais lorsqu'il est rassasié, il refuse.
Le concept de motivation doit donc rendre compte des facteurs qui déclenchent, maintiennent ou font cesser un comportement, et des facteurs qui l'orientent.


Les motivations cognitives et sociales chez l'enfant et l'adulte

Le besoin de recueillir des informations (visuelles et auditives) à propos de l'environnement se manifeste déjà chez le nouveau-né. Chez l'adulte, le besoin de recueillir, de traiter et de trouver un sens ou une explication aux informations provenant de son environnement physique et social joue un rôle très actif.
On qualifie de cognitives les motivations qui sont à l'origine des activités dans lesquelles le mécanisme de traitement de l'information a une place prépondérante. On peut classer ces activités en quatre grandes catégories:

  • Se tenir au courant des modifications de l'environnement.
  • Les activités d'acquisition de connaissances.
  • Les activités qui mettent en pratique des connaissances et des croyances personnelles (par exemple, les activités politiques ou religieuses).
  • Les activités artistiques.

Ces activités qui dépendent du milieu culturel et social qui entoure l'individu sont très éloignées du principe de réduction des besoins physiologiques. En effet, elles ont comme caractéristiques, d'une part, d'être relativement gratuites du point de vue biologique, et, d'autre part, d'être peu sujettes au rassasiement.
Les motivations sociales, celles qui sont à l'origine des échanges entre les êtres humains (les échanges affectifs, sexuels, etc...), sont également peu sujettes au rassasiement. On peut citer, comme exemples de ce type de motivation, le sourire social du bébé vers l'âge de deux mois, la recherche de compagnons de jeu chez l'enfant plus âgé ou chez l'adolescent, ou encore la vie affective et sexuelle de l'adulte. Ainsi, le fonctionnement motivationnel humain repose autant sur l'équilibre et la satisfaction de la tension que sur la recherche de tensions nouvelles, donc sur une certaine forme de déséquilibre. Par exemple, dès qu'un projet (cognitif ou social) est réalisé, l'être humain élabore souvent un autre projet, qu'il essaye de mener à bien et ainsi de suite.
On peut affirmer que le renforcement de ces activités (cognitives et sociales) réside dans leur propre réalisation et non dans un objet extérieur. Ce fait a conduit à distinguer deux types de motivations:

  • Les motivations intrinsèques: elles suscitent des activités renforcées par leur propre réalisation.
  • Les motivations extrinsèques: suscitent des comportements renforcés par des objets extérieurs (par exemple, la faim).

Aussi, l'ensemble des données montre que le processus motivationnel comporte deux phases:

  • Une phase ascendante: elle se caractérise par la recherche de tension.
  • Une phase descendante: elle se caractérise par une réduction de la tension.

Aussi, alors que les besoins physiologiques (d'origine innée) sont plus en relation avec la phase de réduction, les motivations cognitives et sociales sont davantage liées à la phase ascendante.


Le rôle de la motivation dans les activités psychologiques

Il est généralement admis que l'influence de la motivation s'exerce au cours des activités perceptives, au moyen d'un mécanisme de sélection attentionnelle à l'égard d'objets privilégiés de l'environnement. Ainsi certains schèmes perceptifs sont rendus plus disponibles.
Par ailleurs, l'augmentation de la motivation a une influence positive sur la performance au cours de l'acquisition d'un comportement nouveau, mais seulement jusqu'à une certaine valeur (c'est la loi de l'optimum de Yerkes et Dodson). En outre, la valeur de cet optimum est inversement proportionnelle à la difficulté de la tâche. Plus précisément, les données expérimentales montrent que les récompenses externes, relevant des motivations extrinsèques, ont généralement un effet positif sur la réalisation de tâches simples. Par exemple, la possibilité de recevoir une récompense augmente la rapidité des temps de réaction. En revanche, les incitateurs externes ont souvent un effet négatif lorsque les individus doivent réaliser des tâches cognitivement complexes. Ainsi, l'obtention d'une récompense monétaire augmente la rigidité de la pensée, lors de la résolution de problèmes, quand il s'agit de trouver une méthode de résolution différente de celle qui a été utilisée et récompensée antérieurement.
La motivation permet également aux êtres humains d'ajuster leurs comportements, lors de la réalisation de projets, au moyen d'évaluations, d'anticipations et de corrections, de façon à s'approcher le plus près possible du but fixé. Ainsi, les informations apportées par la réalisation d'un comportement permettent de tester l'écart entre ce comportement et les projets poursuivis.


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