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La définition de Laing


Ronald David Laing, psychiatre (1927-1989).Ronald David Laing est un psychiatre britannique. Il est né à Glasgow, en 1927. Il est mort à Saint-Tropez, en 1989.
Il a souvent été associé fréquemment au mouvement antipsychiatrique, tandis que lui-même se disait en faveur d'une bonne psychiatrie, c'est-à-dire, une psychiatrie plus proche du traitement moral de Philippe Pinel et de la théorie interpersonnelle de Stack-Sullivan que de la lobotomie ou de la cure de Sakel.


Les débuts de Laing

Dès ses premiers travaux sur le syndrome de Ganser (1953), le jeune Laing, alors lieutenant, se trouve en porte-à-faux par rapport à la pensée bleulérienne. Puis, à partir de 1956-1957, il rédige Le moi divisé (1960), où il introduit la notion d'insécurité ontologique. Deux ans après la publication de cet ouvrage, Laing se tourne vers une longue étude de l'œuvre d'Eugène Minkowski. Il affirme alors que cet auteur « fut le premier dans l'histoire de la psychiatrie à reconstruire l'expérience vécue de l'autre ». Durant la même période, il rédige Soi et les autres (1961) puis Raison et Violence (1964).
Cette étude de la pensée de Jean-Paul Sartre, rédigée avec David Cooper, souligne le paradoxe historique dans lequel Laing s'enferma. En effet, au moment même où une partie de la pensée française se détourne de Sartre, les rebelles anglais tels que Laing et Aron Esterson se tournent vers Sartre, Minkowski, Sullivan, Wynne et Bateson dans un effort théorique de démystification qui vise à ébranler la psychiatrie structurale traditionnelle.


La percée de la pensée de Laing en France

Toutefois, ce n'est pas par la vois sartrienne, mais bien par le chemin lacanien que la diffusion des idées de Laing arrive en France. Plus précisément, sa rencontre, en 1967, avec Cooper et les grands noms de la maison lacanienne et de la psychothérapie institutionnelle permet d'entrevoir un terrain d'entente. En effet, c'est autour de la notion des trois générations qui mènent à la psychose, élaborée par Cooper, et de l'idée de choix forcé dans la psychose, que la base d'un accord se dessine.
Avec le temps, Laing abandonne le vocabulaire psychiatrique, qu'il considère avec Van Den Berg comme un « véritable vocabulaire de dénigrement », et, dans ses écrits autobiographiques, il souligne non seulement son attachement à son premier écrit sur le syndrome de Ganser mais aussi sa fidélité aux principes de Stack Sullivan. Selon Laing, le regard diagnostique, la classification sans fin, ne peuvent pas servir l'âme en souffrance.


Les critiques sur la pensée de Laing

Une des critiques sur Laing les plus fréquentes porte sur l'idée que la psychose peut être une période de réorganisation de l'individu, une reconstruction, et sur l'idée que l'asile redouble l'aliénation subjective. Mais, Laing ne fait que reprendre des conceptions rendues respectables par Freud, Perry,Boisen, Sullivan et Pinel. En effet, ce dernier considérait que certaines crises de manie amenaient la guérison et que, s'il était un art pour donner des médicaments, il en était un plus grand de s'en passer.
Par ailleurs, la critique de l'asile recommença en France dès 1945 et la condamnation de la vie asilaire formulée par Racamier en 1957 aurait certainement été bien reçue par Laing.


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