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La définition de Dolto


Françoise Dolto, psychiatre et psychanalyste (1908-1988).Françoise Dolto est une psychiatre et une psychanalyste française. Elle est née à Paris, 1908. Elle est morte en 1988.
Dès sa thèse, intitulée Psychanalyse et Pédiatrie, Françoise Dolto résume à la fois la théorie de Sigmund Freud et les applications qu'elle en conçoit. Dans le même temps, elle mène son analyse avec René Laforgue. Par ailleurs, par mi ses principaux ouvrages, on peut citer Psychanalyse et pédiatrie (1938), Le cas Dominique (1971), L'Évangile au risque de la psychanalyse (1977), ou encore Au jeu du désir (1981).


Le parcours de Dolto

Depuis l'enfance Françoise Dolto s'est senti une vocation, celle de devenir médecin d'éducation. Pour cela, elle avait entrepris, malgré sa famille, des études de médecine qui lui ont permis d'entrer dans la carrière en 1939.
Dès l'année 1938, à la demande de Georges Heuyer, elle prépare l'internat des asiles. Elle rencontre Jacques Lacan à Sainte-Anne où lui-même donne déjà à cette époque un enseignement. Cette rencontre se révélera importante, créant entre eux des liens d'amitié.
Dans le domaine de l'enfance, qu'elle choisit, Dolto défriche alors un territoire qu'elle féconde de sa personnalité. Accordant beaucoup d'importance à la méthode, elle va peu à peu forger la sienne à partir d'une générosité et d'une confiance inébranlables envers les enfants. Elle y allie une intuition magistrale en même temps qu'une connaissance instinctive de l'enfance. Toute son oeuvre est consacrée à ce qu'elle appelle la Cause des enfants.


Ces travaux sur l'enfance

Initialement, le but de Françoise Dolto était de venir en aide aux parents et aux éducateurs dans leur tâche. Elle pensait alors que, de la compréhension et d'une aide éclairée portée aux adultes, découlerait tout naturellement le mieux-être de l'enfant. Aussi, avec énergie et courage, alliés à un grand sens de la communication, elle devient une personnalité médiatique. Faisant alors école, elle prodigue dans ses séminaires un enseignement qui suscite parfois l'enthousiasme.
Par ailleurs, Dolto décide d'entrer dans l'École freudienne tout juste fondée Lacan, mais elle ne se sent pas liée à sa doctrine. Elle utilise les concepts freudiens et lacaniens et forge elle-même quelques nouveaux concepts. On peut ainsi résumer l'oeuvre et la recherche de Françoise Dolto comme la tentative, par un bon maternage, de faire que l'enfant soit bien situé dans son schéma corporel et son image de corps, et cela par l'effet de ce qu'elle nomme les castrations symboligènes. Celles-ci sont à entendre comme les marques qui viendraient sanctionner la fin d'un stade du développement, les sublimations qui en découlent et le passage au stade suivant. Selon elle, l'aimance se définit comme spécifiant le fait qu'une mère est tout entière, dans sa personne, dans sa présence, par les soins qu'elle donne, un objet d'aimance.


Les stades de développement de l'enfant selon Dolto

Au premier stade de la vie, le stade oral, qu'elle appelle buccal, l'avoir et l'être sont ensemble confondus en raison de la place de carrefour de cette période puisque s'y rencontrent et s'y croisent les facultés aéro-digestives, englobant la préhension à la fois labiale, dentaire, gustative, de déglutition, l'émission des sons, ainsi que l'aspiration et l'expiration de l'air. C'est le moment du développement d'un sujet où se met en place le modèle de sa future relation à autrui pour toute sa vie. Celle-ci prend ainsi sa source dans le plaisir et l'action conjoints de l'acte de porter à la bouche quelque chose d'agréable et d'en ressentir du plaisir, cela dans l'atmosphère d'aimance qui caractérise une bonne relation maternelle. De cette conjoncture naîtra le futur comportement relationnel.
Au second stade de la vie, le stade anal, la libido n'investit pas seulement les orifices du corps, mais également tout l'intérieur de l'être, où elle se diffuse, allant à la rencontre de la libido orale. Ce stade promeut un érotisme narcissisant de par le plaisir autoérotique de maîtrise qui y est afférent. Toutefois, il peut déboucher sur le masochisme s'il est trop axé sur la rétention. La nécessité des castrations symboligènes découle tout à fait de cette approche. La mère se doit alors de donner des castrations à l'enfant.


Les castrations humanisantes

Ces castrations sont appelées par Dolto castrations humanisantes en ce qu'elles ont pour but, au stade oral, de couper l'enfant du corps à corps avec la mère et, au stade anal, de couper le corps à corps tutélaire, celui qui tenait jusqu'ici en tutelle l'enfant au niveau de son autonomie corporelle. Dans le premier cas, la castration orale va permettre l'accès au langage. Dans le second cas, elle va permettre d'atteindre à l'autonomie corporelle par une renonciation, celle de manipuler en commun avec sa mère les selles, son corps, etc... Pour que la castration soit réussie à ce second stade, il faut que la coupure d'avec l'oralité se soit bien passée. Cette seconde castration, outre l'autonomie corporelle, accorde à l'individu l'advenue possible d'une relation vivante avec le père à la place laissée libre par la mère.
La castration œdipienne, qui ferait suite aux deux précédentes, porte tout spécifiquement alors sur l'interdit de l'inceste et aussi sur l'ensemble des séductions ou relations sexuelles avec les adultes. Elle doit également couper court à toutes les roueries adressées au parent de l'autre sexe ou à l'adulte rival homosexuel. Dans cette optique, Françoise Dolto part de la première castration, la castration ombilicale, celle qui signe la naissance d'un être et qui est le prototype de toutes les autres.
Il semble important de repérer que sa théorie repose donc non sur une castration symbolique issue de la loi dont le père est le représentant, mais sur l'idée de stades du développement ayant à chaque fois à être dépassés par un don. Ainsi, le don d'une coupure d'avec la mère devient symboligène.


Le narcissisme selon Dolto

La conception du narcissisme de Françoise Dolto repose principalement sur ce qu'elle définit comme l'euphorie d'une bonne santé, croisé à la relation subtile langagière originée par la mère et entretenue par elle. Ce qu'elle symbolise comme moi-maman le monde. L'enfant prendrait conscience de son corps, de son être et créerait son image à partir du discours que lui tient sa mère au moment où elle satisfait à ses besoins, créant ainsi des zones dites érotiques parce qu'elles sont entrées en communication avec le langage de la mère, sous condition toutefois qu'il ne reçoive nul contact de l'objet lui-même. Par exemple, les mots qui médiatisent ou interdisent la jouissance du sein permettent à la bouche et à la langue de reprendre leur valeur de désir, car la mutation, au niveau du désir, se fait par la parole.
Il faut bien comprendre que la formulation théorique de Françoise Dolto, elle-même le répète constamment, est construite sur l'idée d'un maternage réussi et est issue d'une observation, estimée concise et minutieuse du vécu sensitif et symbolique à la fois, du nourrisson aux premiers temps de sa vie. Elle en déduit le concept de pattern, conduite issue du désir confondu avec la satisfaction de vivre et d'aimer.
Enfin, les lieux qui lient le nourrisson à sa mère, associés à son odeur à elle, feront qu'il éprouvera ces lieux mêmes comme zone érogène. Cet ensemble de moments vécus est comparé à un nirvana fait de la présence maternelle et de la sécurité nichée dans son giron. Ce nirvana sera donc toujours recherché chaque fois que se produiront des tensions liées au désir ou au besoin. Ainsi, la sécurité, le narcissisme, l'image de soi sont fondés sur un bon maternage où l'enfant tout entier dans sa prépersonne en cours de structuration devient lui-même lieu relationnel, lieu de ce lien interrompu puis retrouvé.


L'importance de la parole dans la construction de l'image du corps

Les castrations vont donc permettre la symbolisation et contribuer à modeler l'image du corps au cours de ce que Françoise Dolto appelle l'histoire de ses réélaborations successives. Ainsi, elle est édifiée sur le rapport du corps au langage et sur le rapport langagier à autrui. Elle devient le pont, le moyen de la communication interhumaine. S'il n'y a pas eu de paroles, l'image du corps ne structure pas le symbolisme d'un individu, elle fait de celui-ci un débile idéatif relationnel.
Le schéma corporel est à concevoir comme l'outil, le corps, le médiateur organisé par l'individu et le monde. En principe, il est le même pour tous, il spécifie l'individu en tant que représentant de l'espèce. Il est l'interprète de l'image du corps. Leur ensemble, accordé au vécu langagier, forme l'unité narcissique de l'être.


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