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La définition de Volontaire



Le mouvement volontaire

Il s'agit d'une motricité intentionnelle, par opposition à la motricité réflexe. Ainsi, un mouvement volontaire serait un mouvement effectué consciemment. Cependant, de nombreux mouvements volontaires échappent au contrôle de la conscience. Ce sont donc des automatismes. C'est, par exemple, le cas de la marche.
De fait, il semble plus simple de parler de mouvement intentionnel comme d'un mouvement qui est fait avec une intention (pas nécessairement consciente), qui est dirigé vers un but, qui est finalisé et adapté. Une telle définition en termes de praxie a l'avantage d'être identique pour l'être humain et pour l'animal.


La motricité réflexe

Classiquement, la motricité est divisée en motricité réflexe et en motricité volontaire. Est volontaire tout ce qui n'était pas réflexe. Mais encore faut-il pouvoir définir ce qu'est la motricité réflexe. On peut la définir à trois niveaux:

  • Au niveau de l'exécution: c'est une motricité stéréotypée qui se réalise en réponse à une stimulation et qui implique généralement un nombre restreint de groupes musculaires.

  • Au niveau d'intégration: c'est une motricité intégrée au niveau de la moelle épinière ou des noyaux moteurs du tronc cérébral.

  • Au niveau de la programmation: c'est une motricité qui est programmée génétiquement ou du moins comme une motricité non apprise.

Tout ce qui ne répond pas à ce schéma, et en particulier la motricité apprise, relève de la motricité intentionnelle. Elle implique la mise en jeu du cortex et elle s'enrichit et se diversifie avec la complexification et la maturation du cerveau.


Les étapes de la motricité intentionnelle

On peut définir schématiquement trois grandes étapes dans l'évolution phylogénétique de la motricité intentionnelle:

  • Chez les vertébrés inférieurs (les poissons, les amphibiens et les reptiles): outre les réactions réflexes, ils réagissent à des stimulations de type émotionnel. Cette motricité permet à l'animal de réagir de façon adaptée à des situations de nature affective (le comportement alimentaire, le comportement sexuel, le comportement face à un prédateur, le comportement territorial, etc...).
    À ce niveau d'organisation, l'animal dispose d'une moelle épinière et d'un tronc cérébral qui jouent un rôle important dans les mécanismes qui sont à la base de la posture et de la locomotion. L'animal dispose également d'un cervelet qui intervient dans la régulation de la motricité, d'un diencéphale et de structures limbiques qui sous-tendent les motivations et les besoins fondamentaux et qui vont déclencher les réactions motrices et végétatives adaptées.

  • Chez les mammifères infra-humains: la complexification des voies sensorielles et des aires corticales fait que l'animal va pouvoir élaborer un modèle de son environnement. La mémoire va prendre une importance considérable et permettre une construction des perceptions en fonction de l'expérience antérieure. Ainsi, le singe anthropoïde, grâce à la richesse des associations qu'il peut réaliser et qui sont soutenues par des processus mnésiques accrus, acquiert une véritable compétence sur le plan technique.
    Cette évolution de la motricité est essentiellement due au développement du cerveau associatif qui permet à l'animal de disposer d'un plan mental de son environnement et de la mise en jeu de trois paramètres essentiels à la motricité (l'objet, l'espace dans lequel se situe cet objet, et l'individu qui se situe dans cet espace et par rapport à l'objet). Pour qu'une motricité intentionnelle existe, il est nécessaire que s'élaborent des associations entre les informations provenant de l'objet, de l'individu et de l'espace dans lequel se situent l'objet et l'individu.

  • Chez l'être humain: il peut conceptualiser le monde extérieur et réaliser les praxies qui sont l'expression de cette conceptualisation.
    Cela est dû au développement des hémisphères cérébraux et surtout du cortex associatif, ainsi qu'à la latéralisation fonctionnelle des hémisphères. Cependant, toute une partie de la motricité observable chez l'homme est de même type que celle qu'on observe chez d'autres mammifères et même chez les vertébrés inférieurs. Chez l'homme, ces différents systèmes de praxies ne sont pas emboîtés les uns dans les autres selon leur ordre d'apparition au cours de la phylogenèse. Au contraire, tant au cours du développement qu'à l'état adulte, ces différents systèmes interfèrent et coopèrent, et c'est grâce à cette coopération entre systèmes hiérarchisés que s'organise la motricité intentionnelle.

Le mouvement intentionnel peut donc se définir comme une interférence entre des activités réflexes, automatiques et éventuellement conscientes. La motricité intentionnelle ne peut donc être que multifactorielle.


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