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La définition de Postural



Le développement postural

Il s'agit de l'étude de la mise en place des structures et des activités qui permettent à l'homme de se tenir debout et de se déplacer. L'ensemble des recherches consacrées à la posture a permis de montrer que le contrôle postural implique la participation de plusieurs systèmes sensori-moteurs:

  • les entrées vestibulaires (oreille interne),
  • les entrées extéroceptives (vision et audition),
  • les afférences kinesthésiques et proprioceptives.

L'étude du développement postural a longtemps été confondue avec l'étude du développement psychomoteur. Minutieusement étudié par Gesell et ses collaborateurs, ainsi que par l'école française de neurologie dans une perspective maturationniste, le développement postural est classiquement décrit comme une succession de phases, caractérisées par des organisations psychomotrices fonctionnelles spécifiques, qui s'enchaînent selon une certaine chronologie dépendant de la maturation du système nerveux central et de la maturation neuromusculaire.
Dans cette perspective, le nouveau-né est dénué de tout contrôle postural. Tout au plus possède-t-il quelques réflexes antigravitaires élémentaires et archaïques. À la naissance on décrit classiquement, en position symétrique, une hypotonie du tronc associée à une hypertonie des membres. Les postures asymétriques entraînent une répartition asymétrique du tonus entre les côtés gauche et droit du corps. Vers le troisième mois, les réactions de flexion, de rotation et de redressement de l'axe corporel se mettent en place, permettant l'apparition du contrôle tonique de la tête. L'acquisition du contrôle postural est conçue comme étant la première et nécessaire étape du développement postural qui permettra au nourrisson d'acquérir, autour du sixième mois, le contrôle de la position assise (avec et sans aide), puis, vers un an, le contrôle de la position verticale et enfin de la marche autonome.
Le développement va permettre à l'organisme d'augmenter les capacités des systèmes biologiques et des activités psychomotrices tout en réduisant la dépense d'énergie pour un comportement donné. Ainsi, avec la maturation du tonus musculaire des muscles antigravitaires, le maintien de la tête devient de moins en moins coûteux sur le plan énergétique. La diminution en consommation énergétique permet alors l'apparition de nouveaux comportements.


L'étude de la fonction posturale

Comme bon nombre de domaines étudiés chez le nourrisson, l'étude de la fonction posturale s'est faite en référence au modèle exclusif de l'adulte. De ce point de vue, le développement de la fonction posturale a été généralement étudié du point de vue des mécanismes de positionnement antigravitaire. Cette fonction primordiale permet l'orientation du corps par rapport aux forces de pesanteur ainsi que l'établissement d'un système de relations stables, classiquement décrites dans les manuels de physiologie sous le terme d'attitudes, entre les différents segments corporels.
La fonction posturale, essentiellement considérée dans sa dimension antigravitaire, est donc conçue comme un ensemble fonctionnel intégrant différents réflexes locaux qui permettent la mise en place de positionnements globaux du corps. Toutefois, ce point de vue a été remis en cause pour différentes raisons:

  • Il existe des hétérochronies de développement. La station verticale et la marche autonome ne sont pas possibles tant que le nourrisson n'est pas capable de contrôler la station assise. Cependant l'âge auquel les bébés apprennent à s'asseoir ou à se tenir debout varie considérablement d'un enfant à un autre.

  • Il existe une énorme variabilité interindividuelle dans l'accession à chacune des phases du développement postural. Par exemple, Heinz Prechtl et son équipe ont développé toute une série d'observations qui leur a permis de décrire l'organisation cyclique de la succession temporelle des états comportementaux chez le fœtus, le prématuré et le nouveau-né à terme. L'examen des postures de nourrissons nés prématurément et suivis de l'âge de 28 à 42 semaines met en évidence une importante variabilité interindividuelle des postures spontanément adoptées à un âge donné et une grande stabilité intraindividuelle des positionnements corporels.

  • La réactualisation du rôle de la maturation porte essentiellement sur une réélaboration de la notion même de maturation dans ses relations avec le développement pré et postnatal. Ces nouvelles propositions trouvent leur origine dans les travaux de neurobiologie développementale portant sur l'effet de l'expérience pendant la gestation sur l'architectonique du système nerveux central. Le strict déterminisme de la maturation est aujourd'hui récusé par l'importance accordée à la variabilité phénotypique interindividuelle ainsi que par la reconnaissance de l'effet précoce des composantes du milieu psychochimique sur l'activité endogène. L'une des tâches essentielles de la biologie du développement est de comprendre les contributions respectives des processus intrinsèques au système nerveux central et des processus extrinsèques que constituent l'expérience comportementale, les traumas, la nutrition, les états hormonaux.

L'évolution des conceptions physiologiques de la posture

Les conceptions physiologiques de la posture ont également subi de profondes modifications. C'est à Jacques Paillard que revient le mérite d'avoir apporté les arguments expérimentaux à la thèse de Hess relative à la dissociation dans le mouvement de deux composantes interactives:

  • Une composante téléonomique (déplacement dirigé vers un but).
  • Une composante érismatique (ce qui va permettre de maintenir l'orientation du corps dans le champ de la gravité).

Paillard a souligné que l'activité posturale antigravitaire s'accompagnait nécessairement d'une activité de positionnement directionnel du corps dans son ensemble ou des segments corporels vis-à-vis des signaux informatifs issus de l'environnement. Dès lors, on peut définir la posture comme étant la base à partir de laquelle le mouvement va s'effectuer, que ce mouvement concerne un (ré) ajustement vis-à-vis de la pesanteur ou un réajustement vis-à-vis de signaux informatifs issus de l'environnement.
Une telle conception de la posture implique de facto une vision intégrative du système postural puisque vont intervenir, dans la régulation posturale, non seulement le tonus musculaire impliqué dans le contrôle de la posture antigravitaire, mais encore les informations sensorielles intéro et extéroceptives mises en jeu par la posture directionnelle. Ainsi, il a été montré que les propriétés dynamiques du système postural étaient fonctionnelles dès la naissance et qu'elles représentaient un invariant dynamique réutilisé au cours du développement lors de l'acquisition des nouvelles compétences posturales.


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