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La définition de Perceptif



Le développement perceptif

Il s'agit de l'évolution avec l'âge d'une prise de connaissance de l'environnement à partir des excitations sensorielles engendrées par des événements actuels et des objets présents.
La perception est une activité cognitive qui se distingue des autres par le fait que seule l'excitation de récepteurs sensoriels peut la faire fonctionner. S'il n'y a pas perception sans excitations, il arrive que celles-ci n'entraînent pas celle-là. La perception est une forme de traitement des informations relatives à l'environnement physique transmises par les diverses modalités sensorielles. Aussi, l'état biologique de l'individu percevant (le niveau de vigilance, les émotions) ainsi que les informations mises en mémoire antérieurement interviennent dans ce traitement. La part des capacités perceptives et celle des autres capacités cognitives dans l'amélioration des performances sont toujours difficiles à évaluer, car, il faut bien le dire, il n'est guère de perception pure, totalement déterminée par l'ensemble des excitations sensorielles actuelles et simultanées.


La mesure du développement perceptif

Le niveau de développement perceptif d'un enfant est défini opérationnellement par une amélioration avec l'âge ou grâce à un apprentissage des performances relevées dans des tâches dites perceptives à l'aide de réponses verbales, motrices, électrophysiologiques. Parmi ces tâches, on compte généralement la détection, la différenciation, l'identification sous forme de reconnaissance ou de catégorisation. Il est évident que les deux dernières nous informent plus sur des activités cognitives, impliquant représentation et mémorisation, que sur les capacités perceptives de l'enfant. Certaines épreuves, adaptées aux nourrissons, nous informent mieux sur les capacités perceptives de ceux-ci.
En ce qui concerne la détection, la question posée au nourrisson est: « Y a-t-il ou non quelque chose à voir? À entendre? » On peut mesurer chez le nouveau-né des seuils absolus de l'intensité d'un son, d'une lumière et donc un degré de sensibilité des récepteurs. Toutefois, réception sensorielle et perception ne sont pas synonymes. En revanche, la distinction entre surfaces physiques unies et surfaces rugueuses est bien de nature perceptive. Elle peut être observée dès la naissance et c'est toujours la surface structurée qui est regardée de préférence. Cette distinction entre hétérogène/homogène, pattern/non pattern est le témoignage le plus précoce de la capacité de percevoir chez le nourrisson, indépendamment de toute autre activité cognitive. Aussi, la réponse d'orientation des récepteurs sensoriels vers la source d'une stimulation témoigne de la détection d'un stimulus et de sa place dans l'espace. Elle est également est observable la naissance, de même que la différenciation entre deux cibles visuelles, fondée sur les propriétés globales du stimulus.
L'organisation d'éléments discrets (des sons, des points, des segments en configurations ou en figures) et la possibilité de différencier les figures par leur forme apparaissent vers 2 à 3 mois. Dès lors, l'univers de l'enfant va se peupler d'unités perceptives rigides, individualisées, dont la structure ne doit rien à l'expérience acquise antérieurement. À partir de 6 mois apparaissent des possibilités d'abstraction d'une propriété commune à plusieurs objets, l'usage de dimensions de différenciation, la constitution de catégories. Désormais, les réponses des enfants ne peuvent plus s'interpréter seulement en termes de perception.


Les facteurs du développement perceptif

Parmi les facteurs du développement perceptif, on peut citer notamment:

  • La capacité de traitement d'information: la prise de connaissance perceptive de l'environnement repose avant tout sur la récolte et le traitement des informations véhiculées par les énergies physiques qui en proviennent. La quantité d'informations enregistrées par les cellules réceptrices sensorielles est une fonction directe du degré de sensibilité de celles-ci. Le traitement des informations enregistrées s'opère au niveau du système nerveux central en plusieurs étapes: tout d'abord, la sélection (seule une partie de ces informations est retenue et traitée), puis la mise en relation des différentes informations, enfin, l'organisation en unités structurées (figures, configurations, mélodies, objets, etc...).

  • La maturation du système nerveux: les faibles performances relevées chez le nouveau-né sont dues en bonne partie à l'immaturité de son système nerveux. Les cellules nerveuses sont de petite taille et les fibres de connexion sont en faible nombre et courtes. La maturation se fait par augmentation de la taille du corps cellulaire, la myélinisation de l'axone, la multiplication des dendrites, la modification de l'organisation de cellules en couches, la distribution de ses composantes à l'intérieur d'une cellule, etc... Cette immaturité entraîne, au niveau comportemental, une faible sensibilité sensorielle, une lenteur dans le fonctionnement, un faible nombre de mises en relation. Les progrès sont rapides, surtout pendant les premiers mois, sur tous les points. Le nombre d'informations enregistrables simultanément et utilisables immédiatement augmente. Le temps nécessaire à leur traitement diminue. Les très jeunes enfants ne mettent guère en relation que des éléments proches, mais l'écart temporel ou spatial qui permet de rassembler les informations sélectionnées, en structures perceptives, augmente avec l'âge.

  • L'influence d'autres activités cognitives sur les performances relevées dans des tâches perceptives: ces activités sont nombreuses et leur influence croît avec l'âge chez les enfants. On peut citer les connaissances acquises au cours de la vie quotidienne et mémorisées sous forme de modèles représentatifs auxquels, dès le milieu de leur première année, les enfants confrontent leurs nouvelles perceptions, mais aussi les attentes perceptives induites par des événements immédiatement antérieurs à la présentation d'un stimulus, et la personnalité de l'enfant. La tâche choisie pour mesurer les capacités perceptives (le matériel, les instructions, les procédures) influe également sur la performance obtenue.

Le développement perceptif selon Piaget

La perception est déformante par nature. C'est donc en mesurant l'évolution avec l'âge du degré d'inadéquation (les erreurs) entre l'objet physique et l'objet perçu que Jean Piaget étudie le développement perceptif. Selon la loi des centrations relatives, les mécanismes perceptifs procèdent par échantillonnage probabiliste, ce qui produit des effets de champ (la centration) qui varient quantitativement en fonction des relations physiques qu'entretiennent les éléments du stimulus, de la durée de présentation, de l'âge, etc..., mais qui restent qualitativement les mêmes à tous les âges.
Pour Piaget, les perceptions évoluent peu. Elles le font sous l'influence d'activités perceptives et augmentent avec l'âge. Leur développement engendre deux effets:

  • La décentration: elle réduit l'action des effets de champ et rend donc la perception plus exacte.
  • L'apparition de nouvelles erreurs: elles sont engendrées par la mise en relation d'éléments trop éloignés, dans le temps et l'espace, pour appartenir à un même champ de centration et à l'accumulation de fixations oculaires sur certaines zones privilégiées du stimulus.

Le développement perceptif selon Gibson

L'environnement physique est riche en informations structurées. Le nouveau-né a les moyens de les détecter dans le flux des stimulations qui en proviennent, car ce flux a, lui aussi, une structure dont la forme et les variations correspondent à celles de l'environnement.
Le développement perceptif consiste à découvrir de plus en plus d'informations et à retenir celles qui sont le mieux adaptées à ses rapports avec son cadre de vie. L'évolution va dans le sens d'un affinement croissant de la différenciation perceptive grâce à des apprentissages naturels (des rencontres avec l'environnement) et artificiels (des conditions de laboratoire).
L'organisme répond peu à peu de façon différenciée à des ensembles de stimulations auxquelles, au début, il donnait une seule et même réponse. Cette spécificité croissante entraîne l'établissement d'un répertoire de plus en plus riche de dimensions de différenciation correspondant aux diverses variables de la stimulation et s'accompagne de l'extraction d'invariants de type relationnel.


Le développement perceptif selon Bruner

Pour nous adapter à un environnement physique, il est primordial de reconnaître et d'identifier ce qui nous entoure. La perception est donc toujours catégorielle. Son évolution prend la forme d'une construction de catégories de plus en plus nombreuses et raffinées. L'identification perceptive repose sur une comparaison entre un percept actuel et un répertoire de prototypes dont chacun représente une catégorie.
Ces représentations portent d'abord sur des actions, puis sur des structures imagées et enfin sur des symboles. La perception est aussi inférentielle, car elle dépend non seulement de l'information contenue dans la stimulation sensorielle, mais aussi des informations mises en mémoire au cours d'expériences antérieures. On perçoit de préférence ce à quoi on s'attend et ce que l'on désire voir arriver.


Le développement perceptif selon les théoriciens de la forme

Percevoir, c'est organiser spontanément, en dehors de tout apprentissage, une multitude d'excitations sensorielles simultanées en unités structurées. Cette organisation obéit à des lois qui déterminent comment interagissent des forces à l'intérieur d'un champ. Ces lois opèrent de la même façon à trois niveaux:

  • le champ physique,
  • le champ cérébral,
  • le champ perceptif.

Si un même stimulus n'est pas perçu de la même façon à différents âges, c'est que le champ cérébral s'est modifié sous l'effet de la maturation nerveuse. Certains gestaltistes expliquent l'évolution de processus perceptifs comme les effets consécutifs figuraux, les illusions optico-géométriques, avec l'âge et/ou la répétition des mesures, par l'évolution du taux de saturation du tissu cérébral.


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