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La définition de Modèle


Un modèle correspond à l'expression sous une forme logique ou mathématique des propriétés que devrait présenter un certain type de données, si ces données se conformaient exactement à une certaine hypothèse ou théorie que le modèle formalise.


Le modèle en statistique

Il s'agit d'une présentation sous la forme d'une équation ou d'un système d'équations des relations théoriquement attendues entre plusieurs variables observables ou latentes. En général, il existe plusieurs types de variables:

  • Les variables à expliquer: il s'agit des variables dépendantes, des critères.
  • Les variables explicatives: il s'agit des variables indépendantes, des prédicteurs.
  • Les variables aléatoires: il s'agit des erreurs. Elles représentent l'effet éventuel de variables ne figurant pas dans le modèle.

Comme exemple de modèles statistiques, on peut citer les équations de régression simple ou multiple, les équations représentant une variable observable en fonction de variables latentes (comme en analyse factorielle), ou encore les équations d'une analyse en pistes causales.
Par ailleurs, il existe des modèles plus généraux. C'est ainsi que tous les exemples ci-dessus s'intègrent dans des modèles structuraux. Le plus utilisé est connu sous le sigle LISREL (linear structural relations).


Les modèles de comportements

Il s'agit d'une référence comportementale de l'enfant ou de l'adulte. Le modèle ne se définit pas exclusivement comme source de modelage. Il désigne également celui qui est imité. en outre, il s'applique à celui dont le comportement influence le comportement d'autres personnes en dehors de toute acquisition. C'est le cas, par exemple, de l'agressivité engendrée par le spectacle de scènes agressives. Il n'y a dans ce cas ni modelage (puisqu'on n'a rien appris de nouveau) ni imitation (parce que les deux comportements ne sont pas strictement identiques). en revanche, il y a facilitation sociale, puisque la production d'un comportement agressif a été suggérée, ou facilitée, par l'observation préalable de ce type de comportement.
Sur cette base, on peut décrire de nombreux phénomènes d'influence sociale. Dans ces cas, le modèle est généralement prestigieux pour celui qu'il influence (l'adulte privilégié, le supérieur par le statut social, etc...). Enfin, prendre quelqu'un pour modèle peut créer un lien social par l'effet positif qu'exerce ce choix sur le modèle.


Le modèle animal de pathologie mentale

Il s'agit d'induire, dans des conditions précises, certaines similitudes du comportement animal avec le comportement humain. En effet, l'étude de certains aspects de la pathologie mentale est difficile chez l'être humain, notamment l'étude d'indices biologiques explorés par des techniques dites invasives et la recherche de nouveaux médicaments. Aussi, le comportement animal peut être considéré, pour mener ce type d'études, comme un modèle approché du comportement humain.
On peut distinguer trois grands types de modèles animaux:

  • Les modèles empiriques: ils sont issus de l'observation empirique et ne revendiquent aucune homologie avec une situation existentielle comparable chez l'homme. En psychopharmacologie, le comportement animal et le comportement humain doivent seulement être modifiés dans le même sens et avec une amplitude voisine par les drogues étudiées. Par exemple, la raideur cataleptique du rat sous neuroleptiques est rapprochée des effets extrapyramidaux observés chez l'homme.
    Ainsi, afin de permettre l'examen et le tri rapides de médicaments potentiellement utiles chez l'homme, on choisit chez l'animal un comportement facile à reproduire et à quantifier. Le modèle peut reposer sur l'effet d'une substance ou sur l'interaction de deux substances au niveau du comportement.

  • Les modèles de comportements induits par des substances chimiques: ces modèles tentent de reproduire un tableau psychopathologique sans que les hypothèses étiopathogéniques soient aussi élaborées que dans les modèles suivants. Des psychostimulants et des hallucinogènes provoquent artificiellement chez l'homme normal des comportements de type psychotique. Ainsi, en administrant ces drogues à l'animal, on peut éloborer un modèle de psychose, même si les symptômes déclenchés chez l'animal ne ressemblent pas au tableau observé chez l'être humain. Par exemple, un hallucinogène comme le LSD entraîne une potentialisation aux stimulus aversifs chez le rat mis en situation d'activité exploratoire, qui rappelle la poussée anxieuse et parfois délirante de l'individu sous LSD confronté à un environnement inconnu.

  • Les modèles étiologiques: un processus psychologique ou biologique retrouvé chez l'animal est supposé être à l'origine d'un syndrome psychopathologique observé en clinique. Ce type de modèle a la plus grande valeur heuristique. Ainsi, une situation de conflit (par exemple, une récompense en même temps qu'une punition pour un comportement donné) peut constituer un modèle d'anxiété.
    Il peut s'agir, par exemple, de l'induction d'ulcères de contrainte chez le rat immobilisé, de l'observation de la mobilité du rat forcé à nager, ou encore, de provoquer la séparation d'un jeune singe d'avec sa mère.

Par ailleurs, si un modèle animal est souvent validé par sa capacité à prédire une réponse thérapeutique chez l'homme, il présente tout de même certaines limites. Par exemple, les modèles animaux ne prennent pas en compte l'aspect longitudinal d'une affection psychiatrique évolutive et de la prise des traitements. De plus, ces modèles ne sont pas spécifiques d'une affection ou d'une classe de médicaments. Enfin, les modèles animaux encouragent l'étude de comportements élémentaires que l'on retrouve dans plusieurs entités cliniques (l'inhibition, l'impulsivité, etc...). Et si cette approche, qualifiée de transnosographique, peut ouvrir de nouvelles perspectives, elle tend néanmoins à négliger la richesse de la tradition clinique.


Le modèle de réponse à l'item (M.R.I)

Ce modèle formalise la relation entre la difficulté d'une question (l'item) et la probabilité pour un individu d'aptitude déterminée de fournir la réponse exacte. En général, la fonction représentant cette relation est la fonction logistique. Le plus simple des M.R.I. est celui qui a été proposé par le mathématicien danois Georg Rasch. Il suppose qu'un seul trait (aptitude) suffit à rendre compte des observations et que la question peut se définir par un seul paramètre: sa difficulté.
L'objectif des M.R.I. est de permettre la comparaison d'individus ayant répondu à des questions différentes. En principe, ils permettent de constituer des banques d'items facilitant la construction de tests dont les questions présentent un niveau et une marge de difficulté fixés à l'avance. Bien que ces modèles aient suscité l'intérêt de certains psychométriciens, ils ont aussi été l'objet de critiques relatives à leur pertinence.


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