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La définition de Métaphore



La métaphore en psychanalyse

En psychanalyse, la métaphore désigne la substitution d'un signifiant à un autre, ou le transfert d'une dénomination.
D'ailleurs, Jacques Lacan a écrit: « Un mot pour un autre, telle est la formule de la métaphore », en donnant pour exemple un vers de Victor Hugo: « Sa gerbe n'était pas avare ni haineuse... » Mais il ne s'agit pas simplement du remplacement d'un mot par un autre: « L'un s'est substitué à l'autre en prenant sa place dans la chaîne signifiante, le signifiant occulté restant présent de sa connexion (métonymique) au reste de la chaîne. » Si, dans une chaîne signifiante, « gerbe » est mis pour Booz, dans une autre chaîne, c'est à l'économie agraire de celui-ci qu'il est fait appel. Il y a donc dans la métaphore un élément « dynamique de cette espèce d'opération de sorcière dont l'instrument est le signifiant et dont le but est une reconstitution après une crise du signifié » et, ajoute Lacan à propos de Hans, « du signifiant cheval [...] qui va servir de support à toute une série de transferts », à tous les remaniements du signifié.
La substitution signifiante, « c'est d'abord ce que l'enfant trouve », le jeu du « fort-da » par exemple, décrit par Sigmund Freud dans Au-delà du principe de plaisir (1920): son petit-fils symbolise (métaphorise) sa mère par une bobine qu'il fait disparaître au loin (Fort) et apparaître là (Da) quand il le désire (métaphorisation de l'alternance absence/présence). L'enfant soumet ensuite le langage à ses propres métaphores en déconnectant « la chose de son cri », en l'élevant à la fonction de signifiant: le chien fait miaou, dit-il, usant du pouvoir du langage pour entamer l'autre.


La métaphore paternelle

Dans le rapport intersubjectif entre la mère et l'enfant, un imaginaire se crée. Ainsi, l'enfant repère que la mère désire autre chose (le phallus) que l'objet partiel (lui) qu'il représente. Il repère sa présence-absence et repère enfin celui qui fait la loi. Cependant, c'est dans la parole de la mère que se fait l'attribution du responsable de la procréation, parole qui ne peut être que l'effet d'un pur signifiant, le Nom-du-Père, d'un nom à la place du signifiant phallique.


La métaphore et la métonymie

En étudiant le délire du président Schreber afin de démasquer les articulations, Jacques Lacan fait appel à l'étude de Roman Jakobson sur les aphasies motrices et sensorielles. Dans ces aphasies, la dégradation du langage se fait sur les deux versants du signifiant:

  • Dans l'aphasie motrice: l'articulation et la syntaxe sont touchées. Il y a un agrammatisme et un trouble de la contiguïté.

  • Dans l'aphasie sensorielle: le malade ne peut dire le mot, il tourne autour. Il est dans la paraphrase, et toute réponse à une demande de synonymie lui est impossible. Son intention est là mais détournée: ce sont des troubles de la similarité. Le signifiant est conservé mais l'intention déjouée alors que, dans l'aphasie motrice, c'est le lien interne au signifiant qui se décompose. Or, cela serait impossible sans la structure même du signifiant. C'est le lien positionnel qui est touché non seulement dans l'ordre de la syntaxe et du lexique, mais également dans celui du phonème, élément radical de discrimination des sons d'une langue.

Ainsi, la distinction comme positionnelle et oppositionnelle est essentielle à la fonction du langage. L'autre dimension du langage, c'est la possibilité infinie du jeu des substitutions qui crée les significations.


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