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La définition de Ferenczi


Sándor Ferenczi, psychanalyste, (1873-1933).Sándor Ferenczi est un médecin et un psychanalyste hongrois. Il est né à Miskolcz, en 1873. Il est mort à Budapest, en 1933.


Le parcours de Ferenczi et sa relation avec Freud

Ferenczi est issu d'une famille de juifs polonais immigrés en Hongrie. Il était le fils d'un libraire qui s'était engagé dans le combat pour l'indépendance de la Hongrie. Il fit des études de médecine et de neuropsychiatrie, et il semble que sa première rencontre avec L'nterprétation des rêves, de Sigmund Freud, ne l'ait guère intéressé. Il fut davantage séduit par le test d'association verbale mis au point par Jung, et c'est à partir de là qu'il se mit à lire ou à relire la littérature psychanalytique existante. Mais il rattrapa bien vite le temps perdu.
Dès février 1908, il rendit visite à Freud, et celui-ci, apparemment séduit par sa personnalité, lui demanda de présenter une communication au premier Congrès de psychanalyse, à Salzbourg, en avril 1908. Il l'invita aussi à le rejoindre à Berchtesgaden, où il devait passer ses vacances d'été en famille, invitation tout à fait exceptionnelle. D'ailleurs, les rapports que Ferenczi entretint avec Freud sont d'un grand intérêt. Ferenczi était sans doute le disciple préféré de Freud, et celui-ci a même pu rêver, au début de leurs relations, qu'il deviendrait son gendre. Mais cette proximité elle-même devait poser problème. En effet, à l'occasion d'un incident survenu en Sicile durant l'été 1910, Ferenczi reprocha à Freud de ne pas comprendre son besoin de sincérité absolue. Ferenczi aurait voulu instaurer avec Freud une relation symétrique de totale transparence, sans forcément percevoir que cette demande installait Freud en place d'Autre absolu, un Autre qui aurait pu tout comprendre et répondre de tout à tous les niveaux, en position de père idéal.
Il n'est pas sûr que l'analyse qu'il fit ensuite avec le fondateur de la psychanalyse ait totalement fait cesser ces difficultés. En tout cas, les dernières années de la vie de Ferenczi sont marquées par une brouille avec Freud qui n'entraîna pas, cependant, une rupture comparable avec celle de disciples comme Jung ou Adler.


La diversité de ses travaux

Par ailleurs, il est difficile de rendre compte rapidement de l'oeuvre de Ferenczi. En effet, celle-ci est très diverse et comporte près de deux cent articles. Son étude la plus longue s'appelle Thalassa, essai sur la théorie de la génitalité. C'est sans doute une des plus discutables. Car, que penser aujourd'hui de l'idée selon laquelle l'existence intra-utérine répète la forme d'existence aquatique d'autrefois, et que la naissance constitue « la récapitulation individuelle de la grande catastrophe qui, lors de l'assèchement des océans, a contraint tant d'espèces animales à s'adapter à la vie terrestre »?
Néanmoins, les articles cliniques ont conservé un intérêt plus important. Entre plusieurs exemples, on peut retenir celui qui concerne un petit homme-coq. Il s'agit d'un petit garçon de cinq ans, qui s'identifiait à un coq et qui fournit à Freud un des exemples les plus convaincants de totémisme positif. Il faut sans doute noter aussi que divers articles reprennent d'une façon assez originale, même s'ils sont parfois discutables, la notion de traumatisme. C'est sur le plan technique que Ferenczi développa ses apports les plus intéressants.


De la technique active à l'analyse mutuelle

Afin d'éviter qu'une part trop grande de l'énergie psychique ne trouve la voie de satisfactions substitutives, ce qui aurait entravé diverses cures qu'il conduisait, Ferenczi s'essaya à une technique active, qui interdisait ces satisfactions, mais pouvait aussi inciter à affronter les situations pathogènes. Devant les difficultés liées à cette technique, qui renforçait souvent les résistances, il modifia totalement sa technique, qui s'apparenta dès lors à une forme de relaxation.
Enfin, il en vint à concevoir une sorte d'analyse mutuelle, destinée à empêcher que les désirs inconscients de l'analyste n'interfèrent dans la cure. Bien que ses solutions ne sont guère reprises aujourd'hui, ses questions témoignent d'une conscience aiguë de sa responsabilité de thérapeute.


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