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La définition de Déni


En psychanalyse, le déni désigne un mécanisme psychique par lequel le tout petit enfant se protège de la menace de castration. Ainsi, il répudie, il désavoue, il dénie donc l'absence de pénis chez la fille, la femme, la mère et croit pour un temps à l'existence du phallus maternel.


Le concept de déni selon Freud

C'est peu à peu que ce concept de déni a pris toute sa valeur dans l'œuvre de Sigmund Freud. Car si l'on peut dire qu'il utilise ce terme en 1927 essentiellement pour désigner le mécanisme en jeu dans les perversions et tout particulièrement dans le fétichisme, il n'en reste pas moins vrai que sa recherche commence bien avant. En effet, si le terme de déni apparaît pour la première fois en tant que tel en 1925 dans Quelques Conséquences psychiques de la différence anatomique entre les sexes, il est déjà question de ce mécanisme dans des textes de 1905 et 1908.
Les petits enfants, fille ou garçon, nient ce manque chez la mère, la femme ou la fille. Ils jettent un voile sur l'évidence de ce qu'ils voient, ou plutôt ne voient pas, et croient malgré tout voir un membre. Il y a là une contradiction entre la perception et l'idée ou la théorie qu'ils se sont forgées.
Ainsi, pendant la phase dite phallique, où, pour les deux sexes, seul l'organe mâle est pris en compte, et où règne une ignorance par rapport aux organes génitaux féminins, le déni est pour ainsi dire normal, pour le petit garçon comme pour la petite fille, et quand il ne se prolonge pas au-delà de cette phase. Par ailleurs, Freud raconte l'histoire de cet homme qui, d'abord sceptique quant à l'assertion freudienne de ce mécanisme infantile, sceptique ou se croyant une exception à cette loi générale, en vient à se souvenir que, effectivement, à l'époque de l'investigation sexuelle et contemplant les organes génitaux d'une petite fille, il a vu clairement un pénis « de la même sorte que le mien », que, plus tard, les statues féminines nues le plongèrent dans l'embarras et qu'il inventa alors l'expérience suivante : « En pressant l'une contre l'autre mes cuisses, je réussis à faire disparaître entre elles mes organes génitaux et constatai avec satisfaction que, de cette manière, rien ne différenciait plus mes organes de ceux d'une femme nue. Je me figurais évidemment que les figures féminines nues avaient de la même façon dissimulé leurs organes génitaux. » Ainsi, pour lui aussi, l'horreur de la castration a provoqué un déni: il a dénié la réalité mais sauvé son propre pénis.


Le fétichisme

Parfois, il arrive que l'enfant persiste dans sa croyance au pénis chez la femme, ou, plus exactement, il conserve sa croyance dans l'existence du phallus maternel et, en même temps, il l'abandonne. C'est notamment le cas du fétichiste, qui a un comportement divisé vis-à-vis de cette croyance. On peut dire que, bien que le déni n'ait pas directement à voir avec le refoulement, il subit d'une certaine façon les effets du désir inconscient.
Ainsi, l'enfant va choisir une partie du corps, un objet, auquel il attribue le rôle du pénis, dont il ne peut se passer. Il s'agit là d'un compromis. Le fétiche est en quelque sorte le témoin que la réalité constatée, bien que déniée, n'en a pas moins joué un rôle. Le fétiche apparaît comme un substitut du phallus maternel. Le fétichiste répond ainsi au conflit par deux réactions opposées, deux opinions contradictoires qui persisteront tout au long de la vie sans s'influencer mutuellement.


Le déni et le clivage du moi

En 1927, Freud parle de clivage du moi. Il y a là un tournant dans l'élaboration du concept de déni. En effet, alors qu'au début de sa théorisation Freud utilise le déni pour désigner l'entrée dans la psychose, il pose désormais le déni comme entrant dans la structure même du psychisme dans de nombreux cas, où il apparaît alors comme une demi-mesure, une tentative imparfaite pour détacher le moi de la réalité. Ainsi, deux attitudes opposées, indépendantes l'une de l'autre, s'instaurent, ce qui aboutit à un clivage du moi.
Freud donne l'exemple de deux jeunes gens dont l'analyse révèle une méconnaissance à l'endroit de la mort de leur père aimé, tout comme pour le fétichiste à l'endroit de la castration de la femme. Aucun des deux jeunes hommes en question ne développa une psychose. Il y avait chez eux deux courants psychiques contradictoires qui coexistaient: l'un fondé sur la réalité (la mort du père), l'autre sur le désir.
Il faut cependant marquer la différence entre ce processus et ce qui se passe dans les névroses, où également deux attitudes psychiques différentes, opposées, peuvent coexister indépendamment l'une de l'autre: l'une des attitudes est le fait du moi tandis que l'autre, opposée, celle qui est refoulée, émane du ça. La différence entre névroses et perversions semble être de nature topographique et structurale.


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