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La définition de Alternance


Lorsqu'une suite de réponses est demandée et qu'un choix entre deux réponses est offert, l'alternance désigne la tendance comportementale, à choisir alternativement l'une puis l'autre.


Les comportements d'alternance

Des comportements d'alternance ont été observés chez des rats placés dans un labyrinthe en T lorsque les deux points d'arrivée sont récompensés de façon égale. De même, chez les être humains qui ont à choisir au hasard entre deux éventualités, on observe une tendance à l'alternance. Il s'agit certainement d'un effet d'inhibition de la réponse qui vient juste d'être donnée.
Ce comportement s'apparente à ce que Clark Leonard Hull a appelé l'inhibition réactive, c'est-à-dire la tendance, pour un animal ou un homme qui a choisi, librement ou non, l'un des termes d'une alternative, et à choisir ensuite l'autre terme.


La loi des alternances

Il s'agit de la succession d'une période caractérisée par certains aspects physiologiques et d'une autre période caractérisée par d'autres aspects, le plus souvent inverses.
Par exemple, en ce qui concerne la croissance, une période de forte augmentation de la taille, non accompagnée d'augmentation du poids, est suivie d'une période d'accroissement du poids avec maintien de la taille à son niveau précédent. L'alternance entre périodes de croissance et périodes de repos, entre augmentation de poids et accroissement de taille s'observe aussi au niveau des différents segments corporels.
Ainsi, la loi des alternances rend compte de l'absence de parallélisme entre les courbes de croissance de taille et de poids obtenues chez l'enfant.


Les alternances fonctionnelles

Ce sont des oscillations naturelles qui, au cours du développement, gouvernent des orientations opposées de la vie psychique. Celle-ci est tantôt tournée vers le monde extérieur et tantôt concentrée sur soi.
On doit cette expression à Henri Wallon (l'Évolution psychologique de l'enfant, 1941). Elle rend compte des sens contraires que peut prendre successivement une conduite. Plus précisément, selon Wallon, toute composante de la vie psychique est par nature ambiguë et susceptible de contribuer à la formation de la personne ou de servir à l'adaptation au milieu.
Par exemple, les réactions musculaires du nourrisson seraient d'abord produites en réponse réflexe à un excitant externe. Ce faisant, elles révéleraient les sensibilités à elles-mêmes et leur seraient alors associées. Ainsi, la transformation des réactions réflexes en mouvements dirigés et leur possible inhibition s'expliqueraient par cette distribution alternée des fonctions.
Un autre exemple d'alternance fonctionnelle est donné par les changements du rythme veille-sommeil qui surviennent dans la première année chez le nourrisson. En effet, les très longues périodes de sommeil du nouveau-né et du nourrisson répondraient à un besoin de restauration biopsychologique. On sait en effet que les dépenses énergétiques sont d'autant plus élevées que l'organisme est jeune et que le nouveau-né consomme rapidement ses ressources. La réduction de ce besoin de restauration entraînerait le changement de rythme et orienterait l'activité, pendant une veille de plus en plus longue, vers l'environnement. Mais l'exemple le plus parlant des alternances fonctionnelles réside dans l'imitation. En effet, l'imitation est d'abord induite par un modèle dont elle n'est que l'écho, puis unie au modèle dans une sorte d'interaction mimétique. enfin, elle en deviendrait un réinvention dans laquelle l'imitateur se distingue nettement du modèle.
La succession des alternances fonctionnelles forme des cycles qui ne sont jamais de simples répétitions. En effet, ces cycles comprennent toujours une modification des mécanismes du comportement, due à la fois à l'effet des actions passées et à l'orientation du moment. C'est ainsi que les alternances fonctionnelles participent à l'ontogenèse.


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