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Mars 2011 (Mise à jour: Février 2015)

Le cyberharcèlement : une pratique en pleine progression


Violence, agression par internet: le cyber-harcèlementLe cyberharcèlement (ou cyberbulliyng) est devenu, en quelques années, un terme assez souvent employé, notamment dans le milieu scolaire. Il correspond à une agression intentionnelle et répétée via internet.

Aussi, cette pratique fait épisodiquement l'objet de toutes les attentions médiatiques à l'occasion de certains faits d'actualités marquants tels que des suicides d’adolescents, des immolations, etc...
Parmi les exemples les plus spectaculaires de cyber-harcèlement, on peut pointer le happy slapping (linchage par vidéo). Ce type de violence consiste à diffuser, le plus souvent sur des réseaux sociaux, la vidéo humiliante d’une agression collective filmée au moyen d’un téléphone portable.


Mais qu'est-qui peut bien motiver un individu à harceler et intimider une autre personne?

De nombreux facteurs peuvent inciter un individu à harceler une personne de façon directe ou indirecte (par internet). Voici les principaux facteurs de harcèlement (aussi appelé bulliyng) chez les jeunes:

  • La domination sur autrui: le sentiment de contrôler une personne et d'exercer son pouvoir sur celle-ci tend à générer un sentiment de toute puissance.
  • Les croyances normatives: elles correspondent au fait que certains jeunes croient qu’il est valorisant de harceler autrui, que c'est "dans le mouv'".
  • L'isolement de la victime: le faible soutien de la part des pairs de la personne harcelée tend à favoriser les conduites de harcèlement. En effet, le harceleur voit sa victime isolée et par conséquent sans défense et affaiblie.

Et quels sont les spécificités du harcèlement par internet?

Dans le cas du cyberharcèlement, d’autres facteurs viennent se greffer à ces derniers, notamment les deux facteurs suivants:

  • La distance physique entre le harceleur et sa victime: contrairement à la situation de harcèlement direct, dans le cas de cyber-bulliyng, l’agresseur ne voit pas les réactions de souffrance de sa victime. De fait, l'empathie qu'il aurait pu avoir pour sa victime dans le cas d'un bulliyng direct, et qui aurait limité le degré de violence de ses actes, est absente dans le contexte "internet". Cette posture est donc susceptible de faciliter la violence et le passage à l'acte.
  • L'inutilité de la force physique ou intellectuelle: les cyberharceleurs ne sont pas nécessairement plus forts physiquement ou intellectuellement que leurs victimes. Ils ont juste à se cacher derrière l’anonymat d’internet et peuvent ainsi diffuser des informations sur leurs victimes à une large audience. En outre, cet anonymat a pour conséquence de réduire le sentiment de responsabilité des actes commis.

Par ailleurs, contrairement au builliyng direct, la victime cyber-harcelée ne sait pas forcément qui est son agresseur. En effet, cela peut être n'importe quelle personne de son entourage. Ainsi, elle sera tentée d'en conclure que de nombreux individus peuvent lui être a priori hostiles. La victime risque alors d'évoluer dans un climat d'insécurité et de doute permanent quant aux intentions de ses camarades.

Ces nouvelles formes de violence entre élèves peuvent menacer le développement émotionnel et social des adolescents et méritent donc l’attention du monde éducatif et des pouvoirs publics.


Inspiré des travaux de Laurent Bègue.



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