Accueil > Chroniques > Sujets originaux de la psycho > Dormir et rêver, c'est aussi réfléchir !

Juillet 2011 (Mise à jour: Février 2015)

Dormir et rêver, c'est aussi réfléchir !


Jusqu’au milieu des années 1950, les scientifiques pensaient que notre cerveau était totalement passif durant notre sommeil. Il a fallu attendre 1953 pour découvrir que le sommeil se divise en plusieurs phases, dont une qui se manifeste par une activité cérébrale (mesurée à l’aide d’un électroencéphalogramme) comparable à celle que l’on peut observer chez un individu éveillé. L'activité cérébrale enregistrée au cours d'un cycle du sommeil peut se diviser en 3 phases.
C’est cette étrange caractéristique qui a conduit Michel Jouvet à nommer cette phase le "sommeil paradoxal". Il se trouve que c'est durant cette phase de sommeil que nos rêves se manifestent.


Mais à quoi peuvent bien servir nos rêves?

En effet, si plutôt que de se reposer, notre cerveau travaille même en période de sommeil, c’est que cette activité mentale joue certainement un rôle important. Ainsi, durant les vingt dernières années, de nombreuses recherches ont été entreprises afin de découvrir le rôle du sommeil paradoxal.

Les résultats de ces études montrent que durant le sommeil, le cerveau traite les informations de la journée précédente. Plus précisément, il passe en revue les souvenirs récents, identifie ceux qui valent la peine d’être conservés, sélectionne ces derniers, les consolide et les catégorise. En somme, le sommeil paradoxal serait nécessaire à l’apprentissage et à l’amélioration des performances.
Aussi, durant cette phase de sommeil, notre cerveau peut analyser des séries de souvenirs, découvrir des points communs qui les unissent, ou encore identifier ce qui fait l’importance de certaines informations et éliminer les détails superflus.
Tous ces traitements mentaux permettent en finalité de nous aider à donner un sens, à trouver des solutions aux problèmes que nous avons du mal à résoudre.


D’ailleurs, ne dit-on pas que la nuit porte conseil?

Aussi, ce vieil adage n’est pas sans rappeler de nombreuses légendes relatant des songes créateurs, porteurs de savoir, ayant même un sens prophétique dans certaines civilisations. Par exemple, en Egypte ancienne, les malades venaient dans le temple d’Isis pour y être endormis et voir en rêve le secret de leur guérison. Ou encore à Haïti, dans le culte Vaudou, les esprits s’entretiennent avec leurs fidèles par le rêve. Ils leurs donnent des conseils, des recettes médicales...

Même dans l’histoire des sciences, de grands chercheurs scientifiques ont soutenu avoir vu en rêve la solution aux problèmes auxquels ils se confrontaient depuis un certain temps. Ainsi, Auguste Kekulé qui travaillait à la description de la structure chimique du benzène, vit en rêve "une chaîne d’atomes de carbone se refermer sur elle-même, comme un serpent se mordant la queue". Il en déduisit que les atomes de carbone composant la molécule de benzène était disposés en cercle. Ce serait également en dormant qu’Otto Loewi serait parvenu à déceler de la transmission chimique de l’influx nerveux. Il obtînt ainsi le prix Nobel de la physiologie en 1936 !

Nos songes seraient donc bien, d’une certaine manière, porteurs d’une vérité...


Inspiré des travaux de Robert Stickgold et de Jeffrey Ellenbogen.



A lire également :