Nos souvenirs réinventés

Nos souvenirs sont souvent le fruit de notre imagination. Coluche disait: Les souvenirs des nos expériences personnelles sont importants car en vieillissant, on puise dans notre mémoire pour composer notre propre histoire. Celle-ci évolue au fil de nos expériences personnelles.
Cette mémoire autobiographique détermine notre identité et nous influence profondément. D'ailleurs, lorsque l'on récite notre propre histoire, son intrigue sert de ligne directrice pour nos projets, nos haines, nos souvenirs, nos relations amoureuses, nos rêves... Par exemple, on a tendance à dire: "Si je réagis de cette façon, c’est parce que j’ai vécu telle chose lorsque j’étais enfant...".


Mais ces histoires autobiographiques sont-elles vraies?

Les récits autobiographiques reposent en grande partie sur la mémoire. Or, les souvenirs se construisent de façon dynamique, ils changent constamment en fonction des besoins du moment et de l'expérience. Ces récits sont en quelque sorte une œuvre d'interprétation et d'imagination. En effet, de nombreux détails de nos souvenirs, même ceux que nous avons la certitude de nous rappeler très nettement, sont en réalité souvent ajoutés après que l’événement se soit déroulé.
En somme, nous ne sommes pas simplement les acteurs du récit de notre biographie, nous en écrivons également le scénario.


Pourquoi fabriquons-nous de faux souvenirs?

Lorsque l'on se rappelle une information, on a tendance à éliminer les détails que l'on ne parvient pas à comprendre et à en ajouter d'autres pour rendre le récit plus cohérent. Ce phénomène de reconstruction des souvenirs est en fait très courant. Aussi, certains facteurs sont susceptibles d’intensifier cette confusion entre les souvenirs réels et les souvenirs imaginaires. Ce sont les événements singuliers, faciles à visualiser, comportant plusieurs détails et provocant une réaction émotionnelle intense, qui favorisent la création de faux souvenirs.

Ce processus de reconstruction de la mémoire permet de ne conserver que les éléments essentiels d'une expérience et d’utiliser les connaissances acquises pour suppléer les détails. Ainsi, ce phénomène optimise le mécanisme de notre pensée. Néanmoins, cela peut parfois poser de graves problèmes au système judiciaire en cas de recours à la mémoire de témoins oculaires.


Inspiré des travaux de Frederic Bartlett, Kenneth Gergen et Marcia Johnson.

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