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Juillet 2011 (Mise à jour: Mai 2016)

Ruminations mentales : les conséquences d’un traumatisme


Un choc émotionnel intense à des répercussion sur le psychisme. Celui-ci se voit envahi de pensée obsessionnelle, faisant référence à l’événement traumatisant.Les ruminations mentales, que l’on appelle plus couramment "idées noires" surviennent généralement dans la vie quotidienne de chacun d’entre nous, suite à une dispute par exemple. C'est-à-dire que durant les jours qui suivent un conflit assez violent, la scène de la dispute et ses conséquences, les réponses que l’on aurait voulu faire, etc... repassent en boucle dans notre esprit, pour finalement s’estomper rapidement.

Pourtant, les ruminations mentales peuvent prendre une tournure dramatique et devenir très envahissantes suite à un choc traumatique. Par exemple, une personne ayant été agressée physiquement risque d’être en proie à des pensées obsédantes, se repassant indéfiniment la scène et imaginant ce qu’elle aurait pu faire...


Mais pourquoi de telles ruminations mentales?

Les pensées intrusives se manifestent par le retour des souvenirs liés à l’événement traumatique, alors que la victime tente de repousser ces pensées. Plus précisément, l'événement traumatisant se heurte aux habitudes de vie, à la représentation du monde de la personne traumatisée. Il se révèle incompatible avec ses schémas mentaux.
Mais aussi étonnant soit-il, ces ruminations s'avèrent nécessaires à l’équilibre psychologique de l’individu. Aussi, ce conflit psychique va déclencher un mécanisme mental. En somme, suite à un choc émotionnel, un mécanisme psychique s’active, en vue d’une réadaptation à la vie normale.


Comment agit ce mécanisme mental?

Celui-ci se manifeste par des tentatives répétées de mettre l’événement traumatique en adéquation avec les schémas mentaux déjà présents. Cette tentative de rétablir une sorte d’harmonie mentale va progressivement se réaliser selon deux processus : un processus d’assimilation et un processus d’accommodation.

Pour les cas les moins graves, lorsque le choc émotionnel n’est pas trop intense, c’est le processus d’assimilation qui sera activé pour rétablir l’équilibre psychique. C'est-à-dire que l’événement traumatique sera progressivement intégré dans les schémas mentaux de l’individu. Par exemple, une victime d’agression peut tenter d’insérer petit à petit le souvenir violent dans son univers mental. Dans ce cas, les souvenirs vont s’estomper progressivement et vont être absorbés dans son cadre de pensée habituel.

Pour les cas les plus graves, le processus d’accommodation sera alors nécessaire. Ici, l’écart entre les schémas mentaux de la personne et l’événement traumatique est trop grand pour que ce dernier soit assimilé. Il s’agira cette fois d’adapter les anciens schémas mentaux à l’événement traumatique. Il devient donc indispensable de modifier sa conception du monde pour tenter de l'accommoder aux souvenirs de l’événement. Car tant que l'écart ne sera pas réduit, les ruminations continueront à tourmenter la personne concernée.


Inspiré des travaux d’Olivier Luminet et de Milton Horowitz.



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